m-^r- ■^-.. . f * . V--. * .' » ■<^-, #;f- ». ^» - 4 ^"^ r> ;■»*'. /T .0?^^ (Mv^ùe^l ^ ^ms>'h^ -^^tf^C^^9V_ ^^Q'. ^À f5][mgc »gcigS'g5g555^5B5^5^555^5^55555'B5BS'^^'miCHJî3'mgci5gS'gg ggggg[gg^ïg^ ziTifT^r^T^rrr^vrrifTjr^Tifrifr^i^Tifir^T^'r^T^ LE JOURNAL DES ORCHIDÉES ^ GUIDE PRATIQUE DE CULTURE RÉDIGÉ ET PUBLIÉ PAR LUCIEN LINDEN Administrateup-Direeteup de « L'Hortieultupe Internationale » Secrétaire de u L'Orcliidéenne » AVEC LA COLLABORATION DE MM. : J. LiNDEN, Comte DU Buysson, de Lansberge, g. Warocqué, R. A. Rolfe, G. MiTEAU , Ém. Rodigas, de Puydt, Funck, E. Wallaert, a. Linden, Comte DE MoRAN, G. JoRis, A. Van Imschoot, Fr. Desbois, p. Buquet, E. S. Rand, D'' Van Cauwelaert, E. Bungeroth, Ch. Vasseur, James O'Brien, J. Hye, R. Martin Cahuzac, Dr Capart. Comte de Bousies, R. Johnson, Alf. Bleu, J. du Trieu de Terdonck, A. Lallemand, a. Cogniaux, Max Garnier, Paul Otlet, Em. Pierret, P. Silver, j. Moens, g. Rivois, A.Dallière, F. Kegeljan, O. Ballif, C. Ellner, D. Massange de Louvrex, P. Gossart, A. DE LA Devansaye, J. Van Mol, Fl. Claes, DE Meulenaere, E. Haumont, Ch. André, A. Van den Heede, SiESMAYER, H. SCHUSTER, Dr G. VON HeERDT, etc. ^ i'^ Année. — i8go t GAND IMPRIMERIE EUG. VANDERHAEGHEN , RUE DES CHAMPS i i i i i ô 4 ?, * /( ^ r" ^ .?, P 1 ? r : -' * ,r * P ^J' -/i S' <^ 3 i i i i i i V it ï3iJi[ijL/ir^jiiirulmïlinr^l'ir^^rJlnr'JlJÎrJIfï Gï ï3IH ï3 nllïïfïli'iNCïï3ln^ K^^ÙP^ '"^-^=^6^^^^)^?^ ^-%^>^ X.1 -X'63 fcfi) l-^*^ Année. Numéro 1. (>i? > "^ I 1 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES ClIDE PRATIQUE DE CULTURE PUBLIÉ AVEC LA COLLABORATION D'AMATEURS ET DE JARDINIERS SPÉCIALISTES LUCIEN LINDEN Athiiiiiistratenr-Direcleur de L'Horticulture Internationale Secrétaire de L'Orghidéenne SOMMAIRE : 1. Notre programme 5 2. L'Orchidée dans les appartements 6 3. Histoire de la culture des Orchidées 9 4. Les Laelia anceps à fleurs blanches 12 5. Rempotage des Orchidées 15 6. Les Orchidées de rapport 17 7. Lai plébiscite parmi les amateurs de Cj'pripedium 19 8. Travaux de la seconde quinzaine de mars 19 15 MARS 1890 Prix de l'Abonnement : 10 francs par an Six mois : 6 francs. — Trois mois : 4 francs PAYABLES PAR ANTICIPATION Paraît le l"" et le \5 de eliaqvie mois AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES DANS TOUS LES BUREAUX DE POSTE ET CHEZ TOUS LES LIBRAIRES. \é%. - . . . „ „ ., -^fe XjJ!^^)~ Gand, jmpr. Eiig. Vanderhaeghen. l^j^^J ] V. I LINDENIA ICONOGRAPHIE DES ORCHIDÉES PUBLICATION MENSUELLE IN-FOLIO Chaque liYraison contient quatre belles xDlanclies riclienient coloriées Directeur : J LINDEN Rédacteurs en chef : LUCIEN LINDEN et EMILE RODIGAS Abonnement pour le volume en cours : 60 fr. pour les 12 livraisons payables d'avance Bureaux : 100, Paie Belliard, à Bruxelles Le plus beau, le plus exact et le meilleur marché des ouvrages de luxe périodiques spéciaux aux Orchidées Le prix des volumes parus de la « LINDENIA » a été fixé comme suit : {'' Volume, 125 fr. — 2"^ Volume, 100 fr. — 3"" Volume, 75 fr. — 4™^ Volume, 65 fr. LES QUATRE VOLUMES PRIS ENSEMBLE : 350 FRANCS gme Volume (en cours de publication) : 60 francs ON PEUT S'ABONNER POUR CHAQUE VOLUME SÉPARÉMENT. UN NUMERO SPECIMEN : 6 FRANCS AVIS AUX JARDINIERS Pour faciliter aux Jardiniers l'abonnement au Journal des Orchidées, il leur sera loisible de régler le montant de leur abonnement par versements mensuels de 85 centimes, en timbres poste de tous pays ou autrement. Cette faveur n'est accordée qu'aux ouoriers-J arcli?uers seulement. Chaque Jardinier qui nous aura envoyé six abonnements aura droit à un septième gratuit, ^^^^^ Les abonnements partent du premier de chaque mois OFFRES ET DEMANDES DE JARDINIERS Annonces gratuites pour les Abonnés du Journal OFFRES Jardinier-Botaniste, âgé de 40 ans, marié, 3 enfants, connaissant bien les plantes et leur mul- tiplication, demande place comme Gérant d'un éta- blissement horticole, ou chez un amateur. (Les meilleures références.) Excellent Jardinier célibataire, connaissant parfaitement la culture des plantes, etc., désii-e place. Bons certificats. Un bon Cultivateur d'Orchidées désire chan- ger. Références sérieuses. DEMANDES Bon Jardinier, connaissant les diver.ses cultures, est demandé pour une campagne des environs de Bruxelles. lExcellentes références exigées.) Un maître Jardinier, connaissant parfaitement la culture des raisins et primeurs en serres est de- mandé pour les environs de Bruxelles. POUR TOUS RENSEIGNEMENTS S'ADRESSER AU BUREAU DU JOURNAL Un tableau avec offres et demandes de Jardiniers est affiché dans le Hall d'entrée de L'Horticulture Internation.\lë, à Bruxelles. FLEURS D'ORCHIDÉES Nos relations avec les amateurs et cultivateurs d'Orchidées qui vendent des fleurs coupées, nous permettent d'indiquer, en tout temps, aux intéressés où ils peuvent se les procurer. S'adresser pour la Vente et I'Achat au bureau du Journal, qui se fera un plaisir de fournir sans aucune commission tous les renseia'nements utiles. L'ORCHIDÉENNE SOCIÉTÉ D'AMATEURS D'ORCHIDÉES A Présidents d'Honneur : MM. le baron de BLEICHRÔDER, consul-général de S. M. Britannique, à Berlin. pour l'Allemagne; J. LINDEN^ consul général honoraire, pour la Belgique; Comte DU BUYSSON, auleur de (■Orchklop/iilc, pour la France; DE LANSBERGE, ancien gouverneur général des Indes Néerlandaises, pour les Pays-Bas. SECRÉTARIAT : 100, RUE BELLIARD, BRUXELLES Comité Directeur : Président : M. G. WAROCQUÉ, membre de la Chambre des Représentants de Belgique; Sccrélairc :U. LUCIEN LINDEN, administrateur-directeur de L'Horticulture Internationale. Trésorier : M. J. DU TRIEU DE TERDONCK, propriétaire. Les MEETINGS ou EXPOSITIONS MENSUELLES de belles et rares Orchidées ont lieu les deuxièmes Dimanche et Lundi de chaque mois dans le pavillon central de L'Horticulture Internationale, Parc Léopold, à Bruxelles. LES MEMBRES DU JURY DE L'ORCHIDÉENNE, pour l'année 1890, sont MM. Comte de Bousies, A. Goor, Jules Hye, Kegeljan, Lallemand, Louis Lubbers, Massange de Louvrex, m. Mètdepenningen, g. Miteau, E. Rodigas, a. Van Imschoot et E. Wallaert. Pour tous les renseignements s'adresser au Secrétariat LE JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE PRATIQUE DE CULTURE LE JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE PRATIQUE DE CULTURE PUBLIE AVEC LA COLLABORATION D AMATEURS ET DE JARDINIERS SPÉCIALISTES LUCIEN LINDEN Administrateur-Directeur de L'Horticulture Internationale Secrétaire de L'OrchidÉenne. LIBRARY NEW YORK BOT A MC AL GAkOKN GAND IMPRIMERIE EUG. VANDERHAEGHEN RUE DES CHAMPS 1890. 15 MARS 1890 NOTRE PROGRAMME Il n'est plus aujourd'hui permis à personne, amateurs ou jardi- niers, de ne point connaître la culture des Orchidées. C'est même actuellement pour ces derniers une question vitale. L'Orchidée n'est- elle pas la fleur du jour, celle de l'avenir ? Il n'existait pas, jusqu'ici, de guide pratique de culture de la plus admirable famille végétale. En créant le Journal des Orchidées nous venons répondre à de nom- breuses demandes et combler une véritable lacune dans la presse horticole. Grâce au concours effectif de tous ceux qui s'intéressent à la Culture des Orchidées, nous espérons rendre incontestable l'utilité de cette publication. Le Journal des Orchidées paraîtra régulièrement le i" et le 15 de chaque mois en seize pages de texte. Il n'aura aucune prétention scientifique et n'ambitionnera qu'une chose : être utile, pratiquement, au plus grand nombre, en donnant le plus de renseignements possible sur LES SOINS A DONNER AUX Orchidées. Il s'cfforccra de tenir les ama- teurs et les jardiniers au courant de tout ce qui intéresse ces nobles plantes. Tous les efforts de la rédaction du Journal des Orchidées tendront à le rendre le compagnon inséparable de l'amateur et du jardinier moderne. Bruxelles, mars i8go. Lucien Linden. LE JOURNAL DES ORCHIDEES L'ORCHIDÉE DANS LES APPARTEMENTS Mon cher Directeur, Vous souvenez-vous de « Picciola ? » Ce n'est pas un roman comme on en fait aujourd'hui, mettant en jeu toutes les mauvaises passions de l'humanité, et il n'est pas écrit en style décadent. Il n'a plus guère de lectrices que dans les pensionnats de jeunes filles, — mais il ne m'en a pas moins impressionné vivement, et le souvenir m'en revient au moment où, à moi, profane, vous avez bien voulu demander d'inaugurer votre nouveau journal. Comme elle est bien humaine, cette histoire d'un philosophe, d'un homme d'État, dont l'esprit a toujours été hanté par les grandes questions sociales, — qui se trouve un jour plongé dans un cachot, et qui finit par trouver les conso- lations les plus douces dans les soins qu'il donne à une humble fleur éclose entre les pavés de son préau ! Le vent y a jeté la petite graine; elle y a trouvé un peu de terre, de chaleur et d'humidité ; elle a germé, elle a grandi, elle s'épanouit pour la joie du pauvre prisonnier. Elle a répondu à ses soins, elle est devenue sa compagne, et lui fait oublier l'horreur de sa situation et jusques aux soucis des problèmes, toujours posés, jamais résolus, de la science sociale. Pourquoi songé-je à ce roman de pensionnaire, quand j'ai, sur votre demande, à parler de l'Orchidée dans les appartements ? C'est que tous, tant que nous sommes, nous nous trouvons, comme le héros de « Picciola, » les prisonniers de nos tracas d'affaires, et que bienheureux sont ceux qui ont trouvé, dans la culture de quelques fleurs, un apaisement toujours efficace à leurs préoccupations. Que de fois n'a-t-on pas dit, sans que pour cela on suive beaucoup cette règle, que le bonheur ne se trouve pas dans les fêtes mondaines, mais qu'il existe dans la paix du « home? » Encore faut-il que ce « home » soit arrangé avec élégance et confort. 15 MARS 1890 7 Et quelle élégance plus charmante que celle des Orchidées ? Elles sont aujourd'hui à la portée de toutes les bourses, depuis les Sabots de Vénus et les Flores de Majo, qui s'épanouissent dans les collections des ama- teurs les plus modestes, jusqu'au splendide Vanda dont le riche panache de fleurs embellit les palais. Elles font rêver, avec Bernardin de Saint Pierre, aux harmonies de la nature. Elles jettent, comme un chaud rayon de soleil, leurs notes gaies de verdure, d'or, d'argent ou de pourpre dans les serres comme dans les salons, et partagent également leurs faveurs entre les amateurs et les profanes. La fleur d'Orchidée dans l'appartement, c'est la flore tropicale à domicile. Voilà l'hiver fini; faisons le bilan des joies que la Flore d'hiver des Orchidées nous a successivement procurées. Nous avons eu tour à tour les Cattleya maxima, Percivaliana et Trianae, aux tons éclatants, qui nous ont fait comprendre la splendeur des forêts vierges Colombiennes; les Odontoglossum, avec leurs longues grappes de fleurs jaillissant d'un fouillis de feuilles; les Cœlogyne cristata, dont la plante est à ce point fleurie qu'on la prendrait pour un gros bouquet trop pressé ; les Vanda et les Saccolabium sont ensuite venus pour nous embaumer, et les Oncidium ont tiré leurs feux d'artifice, et les brillants Masdevallia, et les merveilleux phalènes végétaux, les Phalaenopsis , et les grappes cristalhsées des Dendrobium; puis les Laelia anceps, anUmmalis, albida, etc., sortant de leur feuillage sombre et les Cypripedium Roezli, dont les fleurs se renouvellent sans cesse ! Tout cela a tenu dans les jardinières placées contre les fenêtres, de façon à donner aux plantes le plus de lumière possible ; tout cela ne nous a guère coûté que quelques francs, un peu de soins; l'arrosage des pots, le bassinage des feuilles, la chasse aux pucerons; tout cela a récréé notre vue, occupé nos loisirs, distrait nos soucis. Et de quelles émotions profondes n'avons-nous pas été la proie, quand au matin nous avons trouvé épanoui le bouton de la veille! Voici, mon cher Directeur, ce qui, à mon sens, devra être une partie essen- tielle de votre journal, et non la moins intéressante pour nous, profanes. Apprenez nous quelles sont les Orchidées qui se font le mieux à notre vie ; dites nous les soins que chacune d'elles réclame ; étendez notre domaine en nous faisant connaître les espèces, dont nous avons cramte d'aborder la culture dans nos appartements. Lorsque le visiteur des serres de la Société L'Horticulture Interna- tionale s'arrête en contemplation des merveilles qu'elles contiennent, il ne LE JOURNAL DES ORCHIDEES manque pas d'observer que dans la plupart des compartiments il ne règne ni plus de lumière ni plus de chaleur que dans ses appartements ; il voit que les plus belles Orchidées ne réclament pas de soins spéciaux ou absorbants ; il se demande s'il pousserait l'audace jusqu'à en aborder la culture dans les condi- tions ordinaires; il n'est arrêté que par l'appréhension de les voir périr. C'est lui qu'il faut persuader, en lui enseignant cette culture, en lui mon- trant combien elle est simple et facile, en lui prouvant qu'elle n'est pas plus malaisée que celle de toute autre fleur. Et quand il aura cédé à la tentation et qu'il aura obtenu chez lui la floraison qu'il admire dans vos serres, comptez que vous aurez fait un heureux de plus. Vilmorin a fait un excellent traité sur les « plantes de pleine terre. » Chacune y est décrite, et le traitement qu'il faut lui donner est soigneusement indiqué, sans que rien y révèle la prétention scientifique. Je voudrais que, dans une série d'articles, votre journal fît la même chose pour les Orchidées, qui sont susceptibles d'être cultivées dans nos appartements. Agréez, avec mes plus vifs souhaits pour l'avenir de votre journal, l'expres- sion de mes meilleurs sentiments d'amitié. Un membre de « L'Orchidéenne. » C'est entendu, mon cher confrère de L'Orchidéenne. Le moyen de vulga- risation que vous préconisez est excellent. Le Journal des Orchidées publiera une série d'articles sur les Orchidées cultivées en appartements et s'attachera à rendre nos plantes préférées aussi populaires que possible. LA « LINDENIA, » Iconographie des Orchidées, annonce qu'elle s'est attaché comme co-rédacteur M. Rolfe, de Kew herbarium, le successeur généralement désigné du D"" Lindley et du professeur Reichenbach dans la dénomination et la description des Orchidées nouvelles. C'est une très heureuse acquisition pour notre grande consœur. 15 MARS i8go HISTOIRE DE LA CULTURE DES ORCHIDÉES Aucune famille du règne végétal n'a été traitée en favorite par la nature autant que celle des Orchidées. Les Palmiers qu'on a nommés avec raison les Rois des végétaux, sont confinés, à peu d'exceptions près, dans la zone des Tropiques à laquelle ils impriment un caractère de majestueuse grandeur. Ceux d'entre eux que les lois de la dissémination ou les caprices de l'homme viennent à égarer en dehors des limites de leur aire naturelle, portent les signes d'une extrême décadence. Devenu acaule, buissonneux, le colosse n'est plus qu'un pygmée que son feuillage a bien du mal à faire reconnaître. Deux autres familles végétales ont une aire de dispersion fort étendue, ce sont les Fougères et les Conifères. Ceux-ci sont l'ornement des régions froides, mais ils sont un ornement austère comme ces régions elles-mêmes; ils n'enlèvent point aux plaines du nord leur mélancolique monotonie, et, dans les hauteurs alpestres, ils sont l'indice de reffra3'ante immobilité de la nature qui accom- pagne les neiges éternelles. Plus heureuses sont les Fougères. Infiniment plus variées de grandeur et de forme, elles ont leur aristocratie qui porte haut la tête et qui n'habite que les pays du soleil; elles ont leur bourgeoisie repré- sentée par des espèces de taille moyenne, mêlées à la foule ; elles ont enfin, au bas de l'échelle, dans l'extrême nord et dans les contrées australes, des espèces plébéiennes tellement réduites qu'on pourrait leur supposer une certaine affinité avec les mousses elles-mêmes. Certes, les Fougères dont nous admirons les feuillages si finement découpés, donnent au paysage des climats qu'elles habitent, une riante fraîcheur, quelque chose d'aimable et de vivifiant; mais que serait l'immense ceinture d'émeraude dont elles entourent notre globe, sans les nombreuses et éclatantes perles que nous appelons Orchidées, et qui répandent parmi ces verdures parfois bien sombres, le charme de la vie, l'éclat des couleurs prises à l'arc en ciel, l'élégance et l'étrangeté des formes, source inépuisable de la plus étonnante variété? Ce n'est pas nous qui voudrions dénigrer les Conifères ni les Fougères, ni moins encore les Palmiers, au profit de nos fleurs privilégiées. Devant les LE JOURNAL DES ORCHIDEES lecteurs du Journal des Orchidées cependant, il nous serait permis peut-être de médire quelque peu de tout ce qui n'est pas Orchidées; mais nous savons trop bien que dans la sublime harmonie de la nature, les êtres les plus disparates en apparence ont besoin souvent les uns des autres, et que les procédés de la vie même, que nous appelons parfois lutte pour l'existence, struggle for life, ne sont que des phases de cette incomparable harmonie. Bornons-nous donc à constater que richement douées dans tous leurs éléments, les Orchidées sont répandues sous tous les climats, comme à toutes les altitudes ; si leurs grandes et élégantes fleurs décorent les forêts sombres des régions équatoriales, elles sont aussi représentées dans les contrées arctiques ; si elles sont le luxe des plaines des tropiques, elles prodiguent encore leurs inflorescences jusque dans ces hauteurs, aux limites des neiges perpétuelles, où l'homme ne résiste pas aux intempéries. Tel genre, comme l'Odontoglossum, est distribué, dans les conditions les plus diverses, sur une aire de plus de sept cent cinquante lieues de latitude; tel autre, comme le Dendrobium, s'étend depuis le nord du Moulmein jusque dans la Tasmanie, à travers le Siam, Sumatra, Java, et les côtes orientales de l'Australie, sans compter les îles Philippines, soit sur une aire de plus dix sept cents lieues de longueur; tels autres encore, comme le Cattleya et le Laelia," ont leurs principaux centres de dispersion très éloignés, tout en étant réunis en nombre considérable dans ces milieux mêmes. Ces deux genres habitent de vastes territoires au Mexique et au Guatemala, dans la Colombie, l'Ecuador, le nord du Venezuela, la Guyane et tout l'est du Brésil jusqu'au 30'' degré de latitude australe. C'est que les Orchidées habitent une zone de quinze cents lieues de long et de neuf mille heues de tour. On conçoit qu'une telle extension doive forcément donner lieu à des modifications considérables dans la structure et la manière de vivre de ces végétaux; aussi sommes-nous bien plus disposés à admirer l'unité qui persiste presque immuable dans les éléments primordiaux de certains types naturels que rien n'ébranle, plutôt que les variations plus ou moins apparentes auxquelles l'horticulteur applaudit si volontiers. Et qui nous dira le nombre des modifications produites depuis une trentaine d'années seulement par l'état de culture des Orchidées ? Quand on songe que, il y a un siècle, les savants connaissaient à peine 13 genres et que, aujourd'hui, il en existe 370 nettement définis, on a le droit de se dire dans un siècle de progrès, du moins au point de vue de la botanique. Et veut-on savoir à quel chiffre s'élève actuellement le nombre des espèces distinctes, dont les descrip- 15 MARS 1890 II lions ont été publiées par les orchidographes ? Nous avons eu la patience d'en faire le relevé dans V Index generum de Durand : ce chiffre dépasse les 3,800. Dans ce nombre, les Dendrobium figurent pour 300 espèces, les Cœlogyne pour 50, les Bolboph3'llum pour 100, les Cattleya et les Laelia, chacun pour une quarantaine, les Oncidium pour 250, les Odontoglossum pour 80, les Habenaria et les Epidendrum, chacun pour 400, les Vanda pour 20 seulement. Le genre Cypripedium, dont la vogue est actuellement si grande, se compose d'environ 50 espèces bien déterminées et caractéristiques. C'est à dessein que nous en parlons en dernier lieu, afin de signaler la quantité considérable de variétés que certaines espèces ont produites sous l'influence de la culture. Ceux qui ont roccasion de lire la Lindenia, se rappelleront sans doute que cette Iconographie des Orchidées a publié, dans son 3™^ volume, une liste de 430 espèces, variétés et hybrides de Cypripedium, et que, dans le 4'"'= volume, cette liste a été com- plétée par l'addition de 154 noms, ce qui porte le nombre des variétés et hybrides au chiffre énorme de 530 ! N'existe-t-il pas de nos jours des serres entières garnies âC Odontoglossum crispuni Lindl. {Od. Alexandrae Bat.), dont toutes les plantes portent des fleurs de coloris ou de nuances plus ou moins différentes? Cette production de variations n'a pas eu lieu seulement pour les Odontoglossum et pour les Cypripedium, mais pour une foule d'autres genres d'Orchidées. D'où sont venus ces lusus ou jeux de la nature ? Bien des variétés plus belles que le type ont été introduites directement des lieux d'origine, c'est à dire des habitations primitives. D'autres et plus généralement les hybrides se sont produits dans les cultures aujourd'hui bien mieux comprises qu'autrefois. Que de progrès accomphs, sous ce rapport, depuis le temps où Miller écrivait dans son Dictionnaire des Jardiniers, en parlant des deux ou trois Epidendrum qu'il avait reçus d'Amérique : « ces plantes ne peuvent par aucun mode connu être cultivées avec chance de les voir prospérer, » Il est vrai qu'il les avait mises avec le plus grand soin en terre dans des pots qu'il plaça ensuite au-dessus d'un appareil de chauffage; les pauvres plantes trouvèrent en elles assez de force pour fleurir, mais elles périrent aussitôt après. . Ém. Rodigas. (Sera continué.) 12 LE JOURNAL DES ORCHIDEES LES LAELIA ANCEPS A FLEURS BLANCHES Un amateur gantois bien connu, M. Jules Hye-Leysen, exposait au seizième Meeting de L'Orchidéenne, à Bruxelles, une variété délicieuse, de Laclia anceps à fleurs blanches, sous le nom de Laelia anceps var. Lindeni. Toute la fleur, très étoffée, était d'un blanc pur, sauf le labelle légèrement touché de pourpre vineux et de jaune clair au centre. Elle obtint un très grand succès, et un diplôme d'honneur de i''^ classe lui fut décerné, à l'unani- mité, par un jury qui ne passe pas pour généreux. Cette admirable variété, à grandes fleurs étalées, a été peinte et figurera dans la 9^ livraison du V^ volume de la Lindcnia, sous le nom de Laelia anceps var. Hyeana, son appellation définitive. Nous pûmes, à l'occasion de l'apparition de cette variété au Meeting, juger de la confusion qui règne dans la nomenclature des Laelia anceps à fleurs blanches. Nous croyons donc être agréables à nos lecteurs en donnant ici la description des quelques variétés blanches les plus en vue. Mais, avant tout, disons que les meilleures variétés sont, à notre avis, les Dawsoni, Hyeana, Sanderiana et Wllliamsi. Les Anglais disent beaucoup de bien aussi de la variété nommée Ballantiniana. Elle a les fleurs d'un blanc pur, le labelle marqué de riche magenta. La forme la plus distincte, d'après eux, est le L. anceps Veitchi, qui n'a cependant bien fleuri nulle part cette année. Jusqu'en 1868 on ne connaissait comme Laelia anceps à fleurs blanches que le Laelia Dawsoni. Depuis, ces toutes dernières années spécialement, on a introduit des quantités de Laelia anceps à fleurs blanches, qui ont été baptisées des noms des lieux de production ou des endroits où ces plantes ont fleuri en Europe. Il y a donc une telle confusion dans la nomenclature de ces plantes, comme dans celle de tant d'autres du reste, que le cerveau le mieux organisé ne pourrait s'y reconnaître. Quand le Laelia anceps Dawsoni fleurit en Angleterre pour la première fois, il produisit une grande sensation. Tous ceux qui importaient des Orchidées envoyèrent des collecteurs au Mexique à la recherche d'autres pieds de cette 15 MARS 1890 13 merveille. Mais ce ne fut que douze ans après qu'on obtint quelque succès et qu'on parvint à en découvrir. En 1879 vint le Laelia anceps alha, en 1880 le vestalis et le virginalis; en 1881 le Hilliana; en 1S83 le Veitchiana, puis les Williamsi, Schroderiana , Sanderiana, Hilli, Ballantiniana , Hyeana; mais il convient de faire précéder ces noms particuliers par la dénomination de Laelia anceps Daivsoni. Ce sont toutes sous-variétés du Daivsoni. A-t-on eu raison de tant multiplier les noms des variétés blanches? Aux botanistes à répondre. Malheureusement la monomanie de la nouveauté n'a pas fini de sévir et celui qui possède un Laelia anceps blanc croit qu'il a quelque chose de si particulièrement remarquable, de si choisi, qu'il mérite la distinction d'un nom spécial. Comme on trouve maintenant les variétés blanches de Laelia anceps par centaines, il est à souhaiter qu'on ne donne pas un nom particulier à chacune. Mais, ainsi qu'on le verra, en prenant une dizaine de variétés, il sera facile d'y rapporter les appellations fantaisistes et de réduire la nomenclature à cette dizaine de noms. L'effort de mémoire nécessaire pour se les classer dans le cerveau sera suffisant. Voici la description de ces dix variétés types : DAWSONI. — Lèvre pourpre foncé avec une marge blanche vers la partie inférieure du sommet, lobes de côté rayés de pourpre avec petites taches pourpres aux extrémités. Tout le reste de la fleur blanc pur. VESTALIS. — Sépales et pétales blancs, lèvre avec lobe de côté à rayures pourprées. Gorge jaune avec rayure mauve au centre, tachée également plus bas de mauve sur fond blanc pur. BALLANTINIANA. — Fleur d'un blanc virginal, labelle marqué de riche magenta. WILLIAMSI. — Sépales et pétales d'un blanc pur, la lèvre n'a pas de pourpre sur le centre. Gorge jaune avec ligne pourpre et raies comme le vestalis. VIRGINALIS. — Variété ayant des raies plus claires et des marques pourpres de chaque côté de la gorge qui est jaune, pétales plus larges et plus ronds que le Williamsi, ressemblant au Dawsoni sous ce rapport. HILLI. — Macule rose sur le lobe du centre de la lèvre, lobes du côté jaunes délicatement rayés de pourpre. VEITCHI. — Sépales et pétales blancs légèrement teintés de lilas, le labelle blanc avec les parties extérieures des lobes pourpre violet, gorge jaune avec lignes pourpres. 14 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES SANDERIANA. — Sépales et pétales blancs, lèvre maculée de pourpre foncé sur le lobe du centre; gorge jaune avec lignes centrales pourpres, lobes de côté jaunâtres avec lignes pourprées. HYEANA. — Sépales et pétales blanc pur, très larges; gorge jaune avec lignes d'un pourpre vineux. ALBA. — Blanc pur sauf la gorge qui est légèrement jaune. Bien que toutes les variétés décrites ci-dessus soient belles et dignes des plus grandes louanges, elles sont alliées de très près, comme on voit, au Laelia anceps Dai&soni, dont elles ne varient que par l'étroitesse ou la largeur des segments ou par la tache plus ou moins pourprée du labelle. Maintenant, comme conclusion, nous n'engageons pas les amateurs à col- lectionner les Laelia anceps à fleurs blanches. Une ou deux variétés, même non dénommées, suffiront dans chaque collection. Que ceux qui aiment les variétés blanches et peuvent se les payer, en possèdent plusieurs, mais qu'ils ne recherchent pas les noms différents. Ils n'y trouveront aucun autre avantage que celui de les payer plus cher. OMBRAGE DES SERRES. — Le badigeonnage des vitres des serres est encore employé comme ombrage par beaucoup de jardiniers. C'est un système à déconseiller énergiquement. Il ne permet pas d'ombrer ou de désombrer les serres suivant l'intensité des rayons du soleil, et la pleine lumière est de premier principe dans la culture des Orchidées. Il empêche aussi de capter les eaux de pluie qui tombent sur les serres et qui sont si nécessaires pour l'arrosage. Le meilleur moyen pour ombrer est d'employer des stores en grosse toile de jute dont les mailles laissent suffisamment passer le jour, ou des claies faites avec des lattes de bois distantes les unes des autres d'environ un demi centimètre, que l'on peut rouler ou dérouler à volonté. Un bon ombrage, pratiquement établi, a une grande importance. Nous recommandons aux jardiniers de ne pas ombrer leurs serres avant la levée du soleil et de désombrer lorsqu'il aura disparu. 15 MARS 1890 15 REMPOTAGE DES ORCHIDEES Avant d'aborder le rempotage des Orchidées en général, il nous paraît utile d'insister sur le choix des matériaux à employer, comme sur les travaux pré- liminaires indispensables pour que ce travail important soit exécuté dans les meilleures conditions. On rempote la plupart des Orchidées dans un compost où le sphagnum et la terre fibreuse entrent à parties plus ou moins égales, suivant le genre de plantes. Certaines Orchidées, nous les rencontrerons dans la suite de cet article, ne sont rempotées que dans du sphagnum pur. Le sphagnum est actuellement assez connu de tous les jardiniers pour qu'il nous semble inutile de le décrire ici. On le nomme généralement mousse blanche; on le rencontre presque partout dans les fossés des bois. Le meilleur sphagnum se récolte au commencement du printemps et de l'hiver. Nous donnons la préférence à la variété épaisse. Nous en tenons des échantillons, au bureau du Journal, à la disposition des cultivateurs. Avant d'être employé, le sphagnum sera nettoyé de toutes les herbes et matières étrangères qui pourraient s'y trouver mélangées. On le lavera ensuite plusieurs fois. Cette opération se fait en le trempant dans de l'eau claire et en le pressant ensuite entre les mains pour écouler l'eau, qui entraî- nera avec elle les insectes qui pourraient y avoir élu domicile. Le sphagnum devra toujours être vivant. On aura donc soin d'étaler la provision à l'air libre pour qu'il ne pourrisse ni ne s'échauffe. Nous conseillons beaucoup de hacher le sphagnum à la longueur de un à deux pouces suivant le genre d'Orchidées à rempoter. Nous les indiquerons en les abordant tantôt. Il vaut mieux ne pas employer le sphagnum échauffé — il a perdu toute sa valeur. La terre fibreuse de bonne qualité est plus difficile à se procurer que le sphagnum. Heureusement, aujourd'hui, il y a des marchands qui en four- nissent de très bonne à un prix qui s'est beaucoup réduit dans ces dernières années. Avant de l'employer, la terre fibreuse sera également nettoyée des rhizomes l6 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES de Fougères et de tout ce qui ne sera pas fibre pure. Elle sera lavée comme il est indiqué, plus haut, pour le sphagnum, et séchée en l'étendant sur des planches. Elle sera ensuite hachée dans les mêmes conditions que celles indi- quées pour la mousse blanche. Le cultivateur aura soin de préparer un grand tas de sphagnum et de terre fibreuse, selon ses besoins, avant de se mettre au rempotage. Le compost ne sera mélangé qu'au moment d'être employé, car ainsi que nous le verrons, les proportions du mélange diffèrent suivant les genres de plantes. Plusieurs amateurs ou jardiniers emploient encore le charbon de bois en mélange dans le compost. C'est un vieux système qui n'est plus guère en usage aujourd'hui. Nous le déconseillons. Le drainage joue un rôle important dans le rempotage des Orchidées et entre, dans les pots presque pour tous les genres, jusqu'aux Y^ du récipient. Le meilleur drainage est le tesson de pots neufs; il est facile à se procurer et est ordinairement livré gratis par les potiers. A défaut, on emploiera de vieux tessons qui auront été trempés dans de l'eau bouillante et lavés soigneusement. La propreté du drainage et de tous les matériaux employés est d'une im- portance souveraine dans le rempotage des Orchidées. Les pots à Orchidées devront être très poreux. Au grand jamais, il ne faut employer de pots vernissés ou polis. Aucune forme spéciale de pots n'est indiquée; mais la meilleure, à notre sens, est le pot de jardinier ordinaire, muni d'un mince rebord qui permettra, à l'occasion, de suspendre les plantes au moyen de fil de fer, et de les rapprocher du vitrage autant qu'on le voudra. Si l'on emploie les vieux pots, il faut, de toute nécessité, les bien laver, les frotter énergiquement, extérieurement et intérieurement et les sécher à fond. On emploie aussi beaucoup actuellement pour le rempotage des Orchidées les paniers ou corbeilles en bois de pitch-pin. On en fait de toutes les formes et à des prix très modérés. Ils sont fort utiles pour être suspendus à la toiture des serres et indispensables, ainsi que nous le verrons, pour certains genres de plantes. Nous en tenons des modèles à la disposition de nos lecteurs. Ces prescriptions préliminaires bien observées, nous allons aborder, dans le prochain numéro, le rempotage des différents genres d'Orchidées, et dire comment il se pratique et à quelle époque il faut le faire. (Sera COI! tin né.) 15 MARS i8go 17 LES ORCHIDÉES DE RAPPORT POUR LA GRANDE CULTURE Nous passerons en revue, successivement, sous cette rubrique, les Orchidées qui sont les plus recherchées comme fleurs coupées par les fleuristes pour la confection des bouquets et des corbeilles et pour la décoration des appartements. I. — L'Odontoglossum Alexandrae Syn. Odontoglossinn crispiim et O. Blunti De toutes les Orchidées, c'est celle qui est la plus recherchée, celle qui produit comparativement le plus. On peut en placer un grand nombre dans une serre de dimension restreinte ; elle ne réclame qu'une température peu élevée, nécessite des frais de chauffage limités, des soins presque nuls. En effet, nous connaissons une culture spéciale de cette Orchidée où un seul homme suffit à soigner dix grandes serres d'une contenance chacune de deux mille plantes. Pourvu qu'elles soient bien ventilées, presque toutes les serres conviennent pour la culture des Odontoglossum Alexandrae; elles doivent être aérées par le sommet de la toiture et par le bas, car il est très utile qu'un courant d'air puisse se produire. La serre peut être en bois ou en fer, quoique nous donnions la préférence aux serres en bois. Elle peut être à double ou à simple versant. Pour la bonne réussite de la culture, l'emplacement de la serre est de grande importance. Il ne faut pas qu'elle soit située sur les hauteurs dans un endroit déboisé, sec, exposé aux vents brûlants de l'été. Nous avons toujours remarqué qu'une serre à Odontoglossum des régions froides, isolée en plein champ, était mauvaise. Mieux vaut l'avoir à proximité des habi- tations ou dans le voisinage immédiat d'autres serres, pour qu'elle ne soit pas trop exposée aux aridités des temps chauds. Les tablettes sur lesquelles seront posées les plantes, seront en bois, à LE JOURNAL DES ORCHIDEES claires voies. Nouis ne recommandons pas de les recouvrir de cendrées ou de gravier. Les bacs maçonnés ne sont bons que quand ils sont recouverts de gradins où l'air peut circuler à flots. Les réservoirs à eau placés sous les tablettes ne sont profitables à la culture que quand l'eau n'est pas stagnante, et qu'elle est, au contraire, agitée par un courant d'air. La serre à Odontoglossum, comme toutes les autres serres à Orchidées du reste, devra être tenue très propre, d'une propreté rigoureuse; le vitrage sera toujours très clair et toute la toiture sera lavée à grandes eaux, au moins deux fois par an. Le cultivateur ne permettra jamais que des algues vis- queuses viennent les recouvrir. Si c'est une ancienne serre que l'on désire employer pour la culture de ces Orchidées, nous engageons beaucoup, avant d'y mettre les plantes, d'y faire pendant une couple de jours une fumiga- tion épaisse, puis de la laver soigneusement et de l'aérer ensuite pendant quelques jours. Il ne sera pas superflu, non plus, d'enlever et de remplacer la couche supérieure, d'une épaisseur de trois à quatre centimètres, du gravier ou de la cendrée qui recouvre les sentiers de la serre, et de faire badigeonner les murs. On s'assurera ainsi qu'aucune trace de vermine n'existe plus dans la serre. C'est un premier point essentiel. La serre aux Odontoglossum Alexandrae devra être maintenue, pendant l'hiver, à une température moyenne de huit à douze degrés centigrades — pas davantage. Une température plus élevée est plutôt nuisible. On aura soin que les tuyaux de chauffage soient suffisamment éloignés des plantes, à quatre-vingts centimètres au moins. Pendant l'été, l'essentiel c'est que la serre soit tenue très fraîche, aussi fraîche que possible, ce qui sera obtenu facilement si le jardinier a soin de jeter de l'eau dans les sentiers et sous les tablettes, en grande abondance, au moins trois fois par jour. Dès que le soleil commence à chauffer, même légèrement, les feuilles, les plantes devront être protégées par des stores en toile ou par des lattis. Aussitôt que le soleil aura cessé de briller, on donnera aux Odontoglossum Alexandrae autant de jour que possible. (Sera continué.) 15 MARS 1S90 ig UN PLÉBISCITE PARMI LES AMATEURS DE CYPRIPEDIUM Maintenant que les Cypripedium ont retrouvé toute leur vogue, grâce aux éliminations faites parmi les mauvaises variétés, nous croyons le moment opportun de poser aux amateurs les questions suivantes : 1° Quels sont les 25 meilleurs Cypripedium, espèces et variétés, par ordre de mérite? 2° Quels sont les 25 suivants recommandés? 3° Quelles sont les 12 espèces ou variétés les plus convenables pour la grande culture et la fleur coupée? 4° Quelles sont les espèces et variétés à éloigner de toute collection de choix ? Nous publierons les réponses reçues dans le numéro du i" mai prochain. Nous prions instamment nos aimables correspondants de nous faire parvenir leurs réponses en temps utile et tout au plus tard le 20 avril. Ils rendront un grand service aux jeunes amateurs de Cypripedium. TRAVAUX DE LA SECONDE QUINZAINE DE MARS La seconde quinzaine de mars, avec ses changements brusques de tempé- rature tourmentée par des giboulées de neige et des vents glacés, est une des époques qui réclament le plus l'attention des jardiniers. Il importe que l'on prenne toutes les dispositions nécessaires pour ne pas se laisser surprendre, soit la nuit par la gelée qui est bien souvent intense, soit le jour, par le soleil dont les rayons déjà ardents obligent à ombrer. Il conviendra donc de réduire les feux en maintes circonstances ou de les activer, comme en plein hiver, suivant le temps. Serre froide. ^ Les Odontoglossum et les Masdevallia, actuellement en pleine végétation, demandent une humidité constante, de fréquents bassinages 20 LE JOURNAL DES ORCHIDEES sur les tablettes, entre les pots, le long des murs et dans les sentiers, sans trop mouiller les plantes cependant. Aérer la serre lorsque la température extérieure atteindra cinq à six degrés centigrades au-dessus de zéro, et lorsque celle de l'intérieur dépassera dix degrés. S'occuper également du rempotage qui reste à faire des plantes qui se mettent en végétation, et renouveler la surface du compost de celles qui en ont besoin, par des matériaux frais. Les Coelogyne cfistata en floraison, demandent peu d'eau en ce moment. Tenir, du reste, toutes les plantes en fleurs plus sèches que les autres et, si possible, dans une serre moins humide pour prolonger la durée de la floraison. Serre tempérée. — Dès que la floraison des Cattleya Trianae, chocoensis et Percivalicina sera terminée, on remettra ces plantes en végétation, ce que l'on obtient en les mouillant progressivement pour appeler le développement des pousses. Les Cattleya qui n'ont pas encore fleuri, tels que les C. Mossiac, Skinneri, Mendcli, etc., seront tenus un peu secs. Ceux de floraison automnale, seront déjà en végétation et subiront le traitement qui leur est nécessaire; on leur donnera assez bien d'humidité. Les autres Orchidées, telles que Odonto- gîossum vexillarium et citrosmum, certains Oncidium et autres qui se disposent à fleurir, devront être, aérées et tenues en pleine lumière, tout en les abritant contre les rayons du soleil, si l'on veut en obtenir de belles floraisons. Ces plantes demandent également une humidité modérée. Serre chaude. — On commence le rempotage et continue le nettoyage, si la nécessité s'en fait sentir, des Vanda, Aerides, Saccolabium et Angraecum, dont la floraison est terminée. Si les plantes ne demandent pas à être rempotées, il sera bon de surfacer le sphagnum en enlevant le vieux sur une épaisseur de deux à trois doigts et en le remplaçant par du nouveau vivant. Quant aux Phalaenopsis, dont la végétation se manifeste dès que les plantes ont fleuri, on pourra, s'il n'est pas nécessaire de les changer de corbeilles, renouveler le compost supérieur en détachant entre les racines, soigneusement pour ne pas les blesser, la vieille terre fibreuse et le sphagnum, et en les remplaçant par des matériaux frais. Les Dendrobium et Cypripedium dont un certain nombre fleurissent en ce moment ou sont sur le point de fleurir, ne demandent aucun soin spécial et seront traités suivant leurs besoins. Ceux qui ont fleuri pourront être rempotés, ou la surface renouvelée; on leur donnera assez bien d'eau. ANNONCES Page ou division de page â louer Case à louer MAISON FONDKE EN 18 5 9 CH. BUSS Rue geni, ii" e9, GAMO USINE A VAPEUR POUR LA CONSTRUCTION DE SERRES Iiislallatioli coinplèlo de tous systèmes de Seri'es, Pians et Devis SERRES A VIGNES, A ORCHIDÉES ET A MULTIPLICATION COUCHES A LÉGUMES ET A FLEURS. — ABRIS VITRÉS MOBILES POUR PECHERS Claies et lattis roulants de tous modèles et grandeurs iSO MEDAlIiLEiS AUX. EXPOSITIOMS DIT PAYIS ET DE I.'ÉTRAI%GER d88b — Médaille d'Arjent à l'Eiposilion luiverselle d'Anvers — dSSS CONSTRUCTION D'APPAREILS DE CHAUFFAGE A EAU CHAUDE ET A VAPEUR POUR SERRES & BATIMENTS Atelier de constniction de Ponts et Serres en fer CHAUDRONNERIE EN FER MEDAILLES OBTENUES A DIVEBSES EXPOSITIONS ED. VAN HEDDEGHEM CONSTRUCTEUR Rue Merlens, Faubourg d'Anvers C3-A.3SriD Case à louer r ^>)^ !"■ Année. Numéro 2. T^u^ LE JOURNAL DES ORCHIDÉES CllDE PRAT1(}IE DE Cl'LTlRE K, £i ID I a- É ET F XT B L I É LUCIEN LINDEN Administrateur-Directeiu' de LHiirticilture Internationale Secrétaire de L'Orchidéenne AVEC LA COLLABORATION DE MM. .1. LiNDEN, Comte du Buysson, de Lansberge, G. Warocqué, R. A. Rolfe, g. Miteau, Ém. Rodigas, P. E. de Puydt, N. Funck, E. Wallaep.ï, P. Gloner, g. Joris, A.Va.n Imschoot, Fr. Desbois, A.Linden, E. S. Rand, D"" Va>- Cauwelaert, E. Blngeroth, Ch. Yasselr, elc. ^ r AVRIL 1890 Prix de l'Abonnement : 10 francs par an Six mois : 6 francs. — Trois mois : 4 francs PAYABLES PAR ANTICIPATION I*a.ï*aît le l'^'' et le lt> de cliaqvie mois AU BUREAU du" JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES DANS TOUS LES BUREAUX DE POSTE ET CHEZ TOUS LES LIBRAIRES. ei/i) Giinil, iiniir. Eiig. Vanderliaeglien. (C>;*î; p{,-^ — • '^JXTiPjXruyy^ • — ^ 'J" LINDENIA ICONOGM^Ar^HIB DES O ÏICI1II3 ]h]EB PUBLICATION MENSUELLE IN-FOLIO Chaque livraison contient quatre belles planches richement coloriées Directeur: J LINDEN Rédacteurs en chef : LUCIEN LINDEN et EMILE RODIGAS Abonnement pour le volume en cours : 60 fr. pour les 12 livraisons payables par anticipation Bureaux : 100, Rue Belliard, à Bruxelles Le plus beau, le plus exact et le meilleur marché des ouvrages de luxe périodiques spéciaux aux Orchidées Le prix des volumes j^ciriis de la n LINDENIA )> a élé fixé comme suit ; 1^^- Volume, 125 fr. — 2"" Volume, 100 fr. — 3'"'^ Volume, '/5 fr. — 4'"^ Volume, 65 fr. LES QUATRE VOLUMES PRIS ENSEMBLE : 350 FRANCS gme Volume (en cours de publication) : 60 francs ON PEUT S'ABONNER POUR CHAQUE VOLUME SÉPARÉMENT. UN NUMERO SPÉCIMEN : 6 FRANCS AYIS AUX JARDINIERS Pour faciliter aux Jardiniers Tabou nement au Journal des Orchidées, il leur sera loisible de régler le montant de leur abonnement par versements mensuels de 85 centimes, en timbres poste de tous pays ou autrement. Cette faveur n'est accordée qu'aux oiùvriers-j ardiniers seulement. Chaque Jardinier qui nous aura envoyé six abonnements aura droit à un septième gratuit, K^" Les abonnements partent dn premier de chaqne mois OFFRES ET DEMANDES DE JARDINIERS Annonces gratuites pour les Abonnés du Journal OFFRES Bon chef de Culture, marié, connaissant très bien la culture des Orciiidées, demande place chez amateur. (Excellentes références.) Excellent Jardinier connaissant parfaitement la culture des Orchidées, etc., désire place. ^Bons certificats.) Un bon Cultivateur d'Orchidées désire chan- ger. ^Références sérieuses. DEMANDES Bon Jardinier, connaissant les diverses cultures, est demandé pour une campagne des environs de Bruxelles. ^Excellentes références exigées.) Un maître Jardinier, connaissant parfaitement la culture des raisins et primeurs en serres est de- mandé pour les environs de Bruxelles. Un Jardinier, connaissant bien la culture des Orchidées, Nepenthes, Sarracenia, etc., est demandé pour la Russie. POUR TOUS RENSEIGNEMENTS S'ADRESSER AU BUREAU DU JOURNAL Un tableau avec offres et demandes de Jardiniers est affiché dans le Hall d'entrée de KHOETICULTURE INTERNATIONALE, à Bruxelles. FLEURS D'ORCHIDÉES Nos relations avec les amateurs et cultivateurs d'Orchidées qui vendent des fleurs coupées, nous permettent d'indiquer, en tout temps, aux intéressés où ils peuvent se. les procurer. S'adresser pour la Vente et I'Achat au bureau du Journal, qui se fera un plaisir de fournir sans aucune commission tous les renseimiements utiles. SOMMAIRE DU 2'"= NUMÉRO : rages Chronique Orchidéenne mensuelle 21 Histoire de la culture des Orchidées 25 Plus de fumigations 27 Rempotage des Orchidées 29 Les Orchidées à Kew 31 Les Orchidées de rapport 33 Travaux de la première quinzaine d'avril 35 L'ORCHIDÉENNE SOCIÉTÉ D'AMATEURS D'ORCHIDÉES A B R U :X^ E L L E S Présidents d'Honneur : MM. le baron ue BLEICHRODER, consul-général de S, M. Brilannique, à Berlin, pour l'Allemagne ; J. LINDEN, consul-général honoraire, pour la Belgique; Conile DU BuYSsoiN, auteur de FOrchidophile, pour lu France; DE LANSBERGE, ancien gouverneur général des Indes Néerlandaises, pour les Pays-Bas. SECRÉTARIAT : 100, RUE BELLIARD, BRUXELLES Comité Directeur : Président : M. G. WAROCQUÉ, membre de la Chambre des Représentants de Belgique; Secrétaire :U. LUCIEN LINDEN, administraleur-direclcur de L'Horticulture Internationale. Trésorier : M. J. DU TRIEU DE ÏERDONCK, propriétaire. Les MEETINGS et EXPOSITIONS MENSUELLES de belles et rares Orchidées ont lieu les deuxièmes Dimanche et Lundi de chaque mois dans le pavillon central de L'HorticuUare Intcrnalionale, Parc Léopold, à Bruxelles. LES MEMBRES DU JURY DE L'ORCHIDÉENNE, pour Tannée 1890, sont MM. Comte DE BousiES, A. Goor, Jules Hye, Kegeljan, Lallemand, Louis Lubbep.s, Massa?jge de Louvrex, m. Mltdepenningen, g. Miteau, E. Rodigas, a. Van Imsghoot et E. Wallaert. Pour tous les renseignements s'adresser au Secrétariat l" AVRIL 1890 CHRONIQUE ORCHIDÉENNE MENSUELLE NOUS COMMETTRIONS UN ACTE DE VERITABLE INGRATITUDE si nous commencions ce second numéro du J-oiirnal des Orchidées sans remer- cier les souscripteurs, déjà nombreux, du bienveillant accueil qu'ils ont fait à notre nouvelle publication. Nous sommes très sensibles aux marques de sympathie qu'ils veulent bien . nous envoyer. Les nombreuses lettres d'encouragement qui nous arrivent journellement nous font bien augurer de l'avenir du journal. Avec des conseils aussi précieux et des promesses de collaboration, émanant d'amateurs aussi compétents, le programme que nous nous étions tracé, en fondant le Journal des Orchidées, est singulièrement facilité. Nos abonnés ont parfaitement compris le but de l'œuvre entreprise : être UTILE A TOUS ET PAR TOUS. Tous les articles qui auront de l'intérêt pour ses lecteurs et qui seront du cadre du journal seront reçus avec une très vive reconnaissance. L'article émanant de l'amateur ou du cultivateur qui a trimé lui-même avant de connaître la culture de certaines Orchidées, est d'une utilité grande et sera fructueux, plus que tous autres, à ceux qui veulent s'initier aux soins à donner à nos plantes préférées. Encore une fois merci à nos souscripteurs et merci surtout aussi à nos nombreux correspondants qui ont souhaité la bienvenue au Journal des Orchidées d'une façon si gracieuse. * * EXPOSITIONS IMPORTANTES, où les Orchidées seront dignement repré- sentées, annoncées : Berlin, exposition internationale, 25 avril au 6 mai prochain. Gand, Société royale d'Agriculture et de Botanique, 11 au 13 mai. Paris, Société nationale d'Horticulture de France, 21 au 26 mai. UNE ORCHIDÉE QU'ON NE RENCONTRE PLUS SOUVENT est le Trichoceros muralis. Existe-t-elle même encore vivante actuellement en Europe ? 22 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Nous en doutons. Ce n'était pas une Orchidée brillante. Oh! certes non, mais si intéressante; on aurait dit une mouche vivante et sa tige était tellement mince qu'elle paraissait imperceptible, tellement flexible que le moindre déplace- ment d'air mettait la fleur en mouvement. Nous nous souvenons encore d'avoir souvent attrapé, lors de notre prime jeunesse, les jardiniers et les visiteurs des serres, en plaçant au milieu d'un groupe d'autres Orchidées fleuries quel- ques Trichoceros muralis, disposés avec art, comme si c'étaient de vilaines mouches prêtes à se jeter sur les plus belles fleurs. Il fallait voir les non initiés leur donner la chasse. Nous nous rappelons également avec plaisir, lors d'une visite royale, dans les serres de l'Établissement J. Linden à Bruxelles, il y a quelque vingt ans, qu'un des personnages les plus considérables de la suite fit à une de ces fleurs de Trichoceros muralis une chasse mouvementée. Son ébahissement lorsqu'il eut constaté que cette mouche, si admirablement mimée, était une fleur et surtout une Orchidée, était inénarrable. * * LE TRICHOTOSIA FEROX, du moins la variété robuste qui atteignait deux et même trois mètres de hauteur, et qui donnait une abondance de longues grappes de fleurs, est aussi une de ces Orchidées de notre première jeunesse, qui semblent avoir disparu des collections actuelles. Nous serions très heureux qu'un de nos lecteurs pût nous citer les serres où ces deux vieilles Orchidées sont encore cultivées à présent. * * * L'EXPOSITION DU 18"^^ MEETING DE « L'ORCHIDÉENNE » aura lieu les 13 et 14 avril prochain. La mesure, récemment prise, de prolonger cette exposition d'un jour a été généralement vue avec plaisir. Nous avons remarqué que les amateurs se donnent rendez-vous le lundi matin, alors que le nombre des visiteurs est plus restreint. C'est le meilleur moment pour les études. * * * L'EMPLOI DES FLEURS D'ORCHIDÉES pour la décoration a pris, pen- dant ces deux dernières années, une grande importance aux États-Unis. Des sommes d'argent énormes sont consacrées, à chaque saison, à la décoration des salles de fêtes, bals et banquets, et la plus grande partie de l'argent dépensé I !*'■ AVRIL 1890 23 pour cet objet est encaissé par les cultivateurs d'Orchidées. Un journal New- Yorkais rapporte qu'une décoration de table, assez distinguée seulement, coûte environ mille francs; mais on peut en avoir, de quelque effet déjà, pour cent à deux cent cinquante francs. Les boutonnières et les bouquets de noce en fleurs d'Orchidées sont également très emplo3'és en ce moment. Un bouquet de mariage fait avec des Cattleya Trianae blancs, qui sont des plus rares, se paie un prix fabuleux. * EN FLEURS OU EN BOUTONS, actuellement, dans la superbe culture d'Odontoglossiiin Alexandrae, de M. Miteau, à Jette S* Pierre, plus de huit cents exemplaires. Les variétés sont admirables et les plantes sont cultivées dans la perfection. ..* ,. CORTICOATZONTECOXOCHITL, tel était le nom primitif mexicain du Cattleya citrina ! Comment pouvait-on prononcer un nom aussi terrible ? Et que seraient devenues les variétés du Cattleya citrina, si la monomanie de donner à chacune d'entre elles un nom spécial avait existé chez les Mexicains comme chez nous? Voyez-vous deux à trois noms de pareilles dimensions se suivre ? * * UN CATTLEYA TRIANAE A LABELLE BLEU. — On signale en Angle- terre une variété de Cattleya Trianae nommé leucophoea qui aurait le labelle bleu, du moins le plus bleu connu jusqu'à ce jour. Les pétales et sépales seraient blanc pur. Le journal anglais, auquel nous empruntons cette infor- mation, dit que l'effet produit par cette nouvelle variété est très grand. Nous le croyons sans peine. Seulement est-ce du vrai bleu ou du bleu de jardinier que signale notre confrère? OMBRAGE DES SERRES. — Un correspondant, « enchanté de la naissance du journal, qui lui souhaite de grand cœur le succès le plus complet et mérité, » nous écrit que le badigeonnage des vitres lui paraît avantageux pour certaines espèces de Coelogyne. Elles conserveraient ainsi bien mieux leurs feuilles et celles-ci auraient un plus bel aspect. Il est rare, dit-il encore, qu'on puisse empêcher, sous le simple abri d'une claie, les feuilles de se dessécher ou de brûler. 24 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Si l'ombrage des serres au moyen de claies ne paraît pas suffisant à notre aimable correspondant, pourquoi n'emploie-t-il pas des stores en toile épaisse? Il pourrait ainsi ombrer et désombrer ses plantes à volonté. Il est évident qu'un ombrage sombre fixe ne peut être profitable qu'à bien peu d'Orchidées. * * * TEMPÉRATURE A DONNER AUX ODONTOGLOSSUM. — Nous avons conseillé dans « Les Orchidées de Rapport » du i" numéro, de donner aux Odontoglossum, pendant l'hiver, une température moyenne de 8 à 12 degrés centigrades. Un de nos abonnés nous écrit pour nous dire que la température est souvent tombée à zéro, dans sa serre aux Odontoglossum, et que ceux-ci n'en ont pas souffert. Cette observation est très exacte. Nous avons constaté maintes fois qu'une légère gelée même, i à 2 degrés sous zéro, n'avait fait aucun mal aux Odonto- glossum des régions froides. Il ne serait cependant pas à conseiller de renouveler souvent cette expérience. Une température aussi basse peut être accidentelle; mais rien n'indique qu'une petite gelée doive faire partie de la culture raisonnée des Odontoglossum.. Nous maintenons donc la température moyenne indiquée. * * * MISE EN VÉGÉTATION DES CATTLEYA. — Un souscripteur qui trouve le Journal des Orchidées « très pratique et très intéressant » nous demande s'il est avantageux de remettre les Cattleya en végétation dès que la floraison est terminée. Réponse : Oui, mais progressivement et très lentement, au moyen d'arro- sages savamment espacés. Avant la floraison, les plantes auront déjà reposé pendant quelques mois et les fleurs épuisant toujours plus ou moins les plantes, il est inutile de provoquer davantage le refrognement des bulbes. * * * ORCHIDÉES NOUVELLES. — Plusieurs abonnés nous écrivent pour nous demander de renseigner les orchidophiles sur les Orchidées nouvelles « parais- sant un peu partout. » Nous n'avons rien à refuser à nos abonnés. Nous avons, en conséquence, confié à notre savant collaborateur, M. Rolfe, de Kew, la « Revue des Orchidées nouvelles ou peu connues » que nous publierons chaque mois à partir du prochain numéro. Elle ne pouvait être, croyons-nous, placée en de meilleures mains. i^'' AVRIL i8go 25 HISTOIRE DE LA CULTURE DES ORCHIDÉES • (Suite) Par quels tâtonnements falUit-il passer pour arriver à quelques maigres résultats ! Dix ans plus tard, en 177S, le D"" John Fothergill réussit à conserver en vie le Linwdoriini Tankervilleae {Phajus grandifolius) et le Cym- hidium ensifoliwn, qu'il avait rapportés de Chine. Peu d'années après, en octobre 178g, il y a donc juste un siècle, quelques Epidendrum, tels que VE. cochleatiim et VE. fragrans, jusqu'alors inconnus, fleurirent pour la pre- mière fois dans les Jardins royaux de Kew. On les y tenait exposés à une très grande chaleur, avec cette modification culturale déjà marquante, qu'on avait soin de mettre à leurs racines des morceaux d'écorce en voie de décom- position. Les importateurs de cette époque étaient des capitaines de la marine mar- chande que leurs affaires conduisaient aux Indes Occidentales. Tout ce qu'ils pouvaient dire concernant la végétation de ces curieuses plantes, c'est qu'elles croissaient sur les arbres à la façon du Gui sur les arbres de nos bois. Cette notion erronée se grava tellement bien dans l'esprit de ceux qui avaient l'occasion de s'occuper d'Orchidées épiphytes, qu'elle persista jusqu'au milieu du siècle actuel, en dépit de l'enseignement contraire des Robert Brown et des Lindley; elle fut longtemps préjudiciable aux progrès de leur culture. D'après un travail récent de M. Harry Veitch, auquel nous empruntons ces détails, l'amiral Bligh rapporta en 1793 des Indes Occidentales V Epidendrum nutans. Le rédacteur du Botanical Register a soin de le signaler et il ajoute cette remarque qu'il nous est permis aujourd'hui de trouver bizarre : « La culture de ces végétaux parasites des Tropiques, dit-il, est depuis longtemps consi- dérée comme impossible; c'est en vain qu'on essayera de fournir, dans les limites d'une serre, des substituts aux divers arbres que chaque espèce d'Orchidée réclame. » Vers la fin du dix-huitième siècle, autre procédé. Nous le trouvons relaté dans le Botanical Magazine, de Curtis, à la description du Cymhidium aloïfolinm. On 26 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES connaissait déjà alors l'étonnante vitalité de ces plantes, leur permettant de rentrer en végétation deux ou trois mois après avoir été détachées des arbres qui les portent. « A son arrivée, dit le Botanical Magazine, la plante fut mise en terre dans un pot et plongée dans une couche de tannée chauffée par un foyer ordinaire; elle poussa, mais sans fleurir. Un autre horticulteur, au lieu de plonger le pot dans la tannée, tint la plante directement à proximité du feu; de cette façon il réussit à avoir des fleurs. » En somme, d'après les publications contemporaines, le traitement des Orchidées au commencement de ce siècle consistait à les empoter en un mélange de terre argileuse et de tourbe, et à les tenir constamment plongées dans une couche de tannée chauffée au moyen d'un foyer ordinaire. Ce traite- ment qui a- persisté pendant de longues années, devait être pour les plantes un véritable supplice; ce fut la cause des pertes successives qui finissaient fatalement par décourager les amateurs les plus intrépides. On l'a dit avant nous, l'horticulture est un art de la paix. On comprend dès lors comment les guerres napoléoniennes qui ébranlèrent les nations durant les quinze premières années de ce siècle, arrêtèrent l'élan général. RoxBURGH était alors dans l'Inde. En 1812, il envoya aux frères Loddiges, à Hackney, le premier Vanda, le premier Aerides et le premier Dendrobium en exemplaires vivants. La même année, ils reçurent d'un voyageur revenant de Montevideo, un Oncidium hifolium qui, d'après lui, était resté sans terre, suspendu dans la cabine et continuant de fleurir. Cette affirmation ne fut accueiUie que comme un conte bleu. La culture de ces plantes aériennes était une véritable énigme et le Botanical Register, de 181 7 dit en toutes lettres que même en admettant que ces Orchidées possèdent la faculté de végéter étant suspendues dans l'air, alors qu'elles sont privées de toute nourriture autre que celle que leur fournit l'air ambiant, il faut cependant reconnaître que cet isolement ne leur convient guère et que c'est tout au plus une situation qu'elles peuvent endurer. Puis l'auteur compare la plante à une carpe retirée de l'eau et qui, suspendue dans une cave humide, continuerait de donner des signes de vie! Un jardinier de Claremont fit fleurir en 18 13 un Aerides odoratum qu'il avait planté dans une corbeille avec de la vieille tannée et de la mousse; la plante était suspendue dans une serre à Ananas, exposée au soleil en été et chauffée en hiver au moyen d'un foyer ordinaire. Cinq ou six fois par jour, la plante était plongée dans l'eau d'un vase placé auprès. (Sera continué.) ÉM. RoDIGAS. i" AVRIL i8go 27 PLUS DE FUMIGATIONS PROCÉDÉ d'intoxication PERMANENTE DANS LES SERRES L'emploi de déchets de tabac disposés sur les tuyaux des serres pour remplacer les fumigations ne tardera pas à se généraliser. Le procédé, bien que n'étant pas nouveau, est excellent ; il est aussi des plus simples et c'est peut-être la raison, ainsi que cela a souvent lieu, pour laquelle il n'a pas été mis plus tôt en pratique. Son usage devrait pourtant être adopté par tous les cultivateurs soucieux de la santé et de la vigueur de leurs plantes. Il a sur les procédés de fumigation et sur l'emploi de tous les insecticides l'immense avantage d'être permanent et de ne répandre dans la serre que des matières toxiques pour les ennemis des plantes, sans la remplir en même temps de produits de combustion incomplète ou de gaz délétère, lesquels tendent ou à s'emparer eux-mêmes de l'oxygène de l'air du local, ou à contra- rier la respiration végétale, que nous savons être indispensable à la vie des plantes. Mais, sachons-le bien, c'est surtout parce que, dans ce procédé, le poison est toujours présent qu'il agit avec tant d'efficacité. En effet, supposons que dans une serre on ait pratiqué la meilleure fumigation et qu'on l'ait fait dans les meilleures conditions de manipulation; il est certain, l'expérience est là pour nous le prouver, qu'il y aura toujours quelque puceron, quelque thrips, quelque cloporte, quelque limace, quelque blatte, quelque perce-oreille, quelque fourmi ou tout au moins quelques œufs de ces dévastateurs qui auront échappé à l'in- toxication. Or, l'opération étant terminée, on remettra les appareils de fumi- gation en magasin, après les avoir frottés et nettoyés, et l'on n'aura plus que le désir de donner le plus tôt possible de l'air frais à nos chères plantes. Ainsi, soit un peu plus tôt, soit un peu plus tard, l'air de la serre sera purifié et les échappés pourront reprendre leur œuvre de destruction. Ils auront bientôt fait de reformer de nouvelles colonies de travailleurs de la mort, puisque le puceron, par exemple, porte en lui des jeunes tout formés, lesquels à peine 28 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES sortis du corps des femelles, mettent au monde d'autres petits qui s'empressent de suivre leurs parents dans la voie de la reproduction de leur espèce. Or, quand ils se mettent à pondre des œufs, c'est, s'il vous plait, par couple de mille qu'ils entreprennent cette besogne. De plus une fécondation suffit pour deux années consécutives. Quant aux poudres insecticides, il est encore plus malaisé de s'en servir avec quelque succès. On peut dire que le procédé n'est efficace que pour autant que le poison dont on se sert ait atteint le corps de l'ennemi qu'on veut tuer. Aussi demande-t-il à être sans cesse renouvelé, et par cela même est toujours bientôt abandonné. Par le procédé que nous recommandons, la nicotine est toujours là, dans l'air de la serre, et s'il y a un courant d'air, celui-ci en entraîne même une plus grande quantité. Par conséquent si notre ennemi, car nous considérons comme tel celui-là qui fait du tort à nos protégées, a échappé pendant un mois, ce qui est invraisemblable, au poison que nous lui fournissons constamment, il finira toujours par tomber sous notre persévérance à le poursuivre, lui et les siens. Mais il y a plus à faire que de tuer les ennemis qui sont dans la place, il faut encore empêcher ceux du dehors de s'y introduire, et pour cela il faut veiller continuellement, garder toujours la place inabordable. C'est ce qui a lieu par le procédé d'intoxication permanente. Les destructeurs de nos aimées se garderont bien de pénétrer dans une serre de laquelle il se dégage, par toutes les fissures, des émanations du mortel poison, et ainsi la serre bien défendue sera préservée contre l'envahissement des ennemis du dehors. Pour obtenir ces résultats si précieux pour la santé et la vigueur des Orchi- dées, il suffira de disposer, sur les tuyaux de chauffage, un lit de déchets de tabac, soit les côtes qui sont rejetées par les fabricants. Pour empêcher que ces débris ne tombent et ne salissent ainsi les eaux, les terres préparées ou les chemins, on les enfermera entre -deux rubans de treillage métallique. On arrose abondamment cette couche de tabac deux fois par jour, matin et soir. On aura soin de la renouveler tous les deux mois. Ch. Vasseur Professeur de Sciences naturelles à l'Athénée royal de Namur. l" AVRIL 1890 29 REMPOTAGE DES ORCHIDÉES (Suite) I. — Vanda et genres analogues. A tout seigneur, tout honneur. Commençons par les Vanda et rattachons à ce genre, le plus noble de tous, les Aerides, Angraecum et Saccolabium qui ont avec les Vanda beaucoup d'affinité et se rempotent de la même façon. Le rempotage de ces Orchidées se fait en mars-avril. C'est donc un travail que l'on peut commencer dès à présent; le plus tôt sera le mieux. On aura bien soin, avant de se livrer à cette besogne, de laver les plantes à fond à l'eau bien claire ou même à l'eau légèrement teintée de jus de tabac, et d'en détacher les pucerons, poux blancs ou bruns, qui auraient pu s'y fixer. Cette opération assez délicate se fait avec un petit pinceau de bois, taillé en sifflet et bien arrondi. Il faut prendre garde de ne pas blesser l'épiderme de la feuille et surtout de ne pas croquer celle-ci. La plante perdrait son aspect et une grande partie de sa valeur, si les feuilles venaient à être endommagées. Les Vanda seront rempotées dans du sphagnum pur de grandeur naturelle. Le sphagnum haché à un ou deux pouces de longueur ne convient donc pas et le sphagnum menu moins encore. Il faut le laisser tel quel, dans son entier. Mais pour ces Orchidées, plus que pour toutes autres, il importe que le sphagnum soit absolument débarrassé de toute matière étrangère et soigneusement lavé. Le drainage occupera environ le quart du récipient, que ce soit une corbeille en bois ou un pot en terre bien poreuse. Kous donnons à ce dernier la pré- férence sur la corbeille en bois, parce que, mieux que la corbeille, il conserve l'humidité si favorable au développement des racines. Pour enlever la plante de son ancien vase, si les racines n'adhèrent pas trop aux parois, on plonge la main droite dans le pot de manière à arriver jusque sous la motte qu'elles forment, et, de la main gauche on prend la tige. On soulève alors lentement la plante avec précaution pour ne pas briser les racines et les blesser le moins possible. Si l'on s'aperçoit que celles-ci se sont attachées trop 30 LE JOURNAL DES ORCHIDEES solidement au pot ou bien aux lattes de la corbeille, il ne faudra pas hésiter à briser le pot ou à désagréger la corbeille. On détache ensuite chaque racine une à une. On place alors la plante ainsi enlevée du pot avec toute sa motte devant soi sur la table de travail. On rafraîchit les racines en coupant d'un trait, au moyen d'un couteau bien tranchant, toutes les parties pourries ou mortes. La section doit être nette; rien de mauvais comme une blessure faite à plus d'une reprise avec un mauvais instrument et présentant une surface inégale, toute hérissée de filaments. On raccourcira suffisamment le dessous de la tige, dégarni de racines jusqu'à ce qu'on arrive à la tige munie à la fois de feuilles et de racines saines; puis on descendra la plante ainsi renouvelée et rafraîchie dans le nouveau récipient, l'établissant de façon que les feuilles, partent du sommet du pot et que la plante soit garnie jusqu'à sa base. C'est la beauté des Vanda de ne pas avoir les tiges dénudées de feuilles sur une certaine partie de la base des tiges. Dans toutes les collections soignées, elles sont ainsi raccourcies tous les trois ans. On aura soin de choisir un pot suffisamment grand pour que la motte de racines ne soit pas trop à l'étroit. On met dans le pot des tessons jusqu'au quart de la hauteur, puis un lit de sphagnum de quatre doigts d'épaisseur, et on y pose la plante déhcatement. On remplit alors le pot de sphagnum sans lais- ser de vides entre les racines, de manière que la plante soit bien calée dans le pot et conserve sa position franchement verticale. Il importe pour cela que le sphagnum interposé entre les racines soit bien pressé également de tous les côtés. Quand le pot est plein de sphagnum on bombe la surface en le tassant lentement et légèrement, de façon que le centre soit d'environ huit centimètres plus élevé que les bords du pot. Certains jardiniers choisissent des têtes vertes de sphagnum pour surfacer. C'est une erreur. Mieux vaut employer du sphagnum vivant tel quel, et avant de l'employer, le tordre par mottes et le presser ainsi dans le pot pour donner au rempotage un bel aspect et du fini. Nous disons de tordre le sphagnum; c'est un excellent moj^en pour l'empêcher de se détacher. On obtiendra ainsi pour la plante rempotée la fixité dont elle a besoin et dont nous parlons plus haut. Avec le sphagnum tordu, pressé, et bombé, comme nous l'avons dit, on aura une surface plus nette, qui permettra à l'air de pénétrer toutes les parties de la tige et d'arriver même jusqu'aux premières racines. Il est encore des jardiniers qui se servent pour le rempotage de ces Orchidées, d'un mélange de sphagnum, de sable siliceux et de gros morceaux de charbon l" AVRIL 1890 31 de bois, ou simplement de sphagnum et de charbon de bois. C'est absolument inutile. Rien ne vaut le bon sphagnum, la grosse variété, bien vivant. Autrefois, on allait jusqu'à faire bouillir le sphagnum pour tuer les insectes! On est heureusement revenu de ces vieux procédés. En tuant les insectes, on tuait naturellement aussi le sphagnum et l'on se servait alors pour le rem- potage de tous matériaux morts. Or, tout le monde sait que la vie appelle la vie. Cette maxime est surtout vraie pour les Orchidées. On peut constater chaque jour que les Orchidées plantées en sphagnum vivant, bien vert, qui croit et pousse, croissent et poussent, elles aussi, admirablement. On s'imagi- nait alors que le sphagnum vivait aux dépens de l'Orchidée. N'oublions pas de dire que les Vanda doivent être solidement tuteurées. On enfonce un tuteur, ayant bel aspect, dans le pot contre la tige jusqu'au fond du pot et on y attache ensuite celle-ci à deux ou trois endroits différents suivant son élévation. Un système de fixage à recommander est d'employer pour cet usage du raphia, d'entourer le tuteur de cette ligature, puis la tige, et d'avoir soin en faisant le nœud de ne pas trop le serrer, de façon que la sève de la plante ne soit pas arrêtée dans sa circulation. On remplacera la surface du sphagnum quand celui-ci aura perdu sa belle couleur verte et sera devenu plus ou moins roux. Un surfaçage bien entretenu donne à toutes les Orchidées, et surtout aux Vanda, un aspect riant. LES ORCHIDÉES A KEW (^' Un des charmes de la collection de Kew, c'est qu'elle contient un grand nombre d'espèces qu'on rencontre rarement ailleurs. Ce sont, il est vrai, des Orchidées qui n'ont peut-être qu'un intérêt botanique; mais plusieurs d'entr'elles ne sont cependant pas dépourvues de beauté, quoiqu'elles n'aient pas le mer- veilleux coloris qui caractérise les espèces plus choyées. Ces dernières y sont toutefois bien représentées, et les serres à Orchidées sont toujours une grande source d'attraction pour les visiteurs. La mi-mars est encore trop tôt dans (i) Le Jardin Royal de Kew, situé dans la banlieue de Londres, est le premier jardin botanique du monde. 32 LE JOURNAL DES ORCHIDEES la saison, surtout en Angleterre où les Orchidées fleurissent plus tard que sur le continent, pour en avoir une grande quantité en fleurs. Néanmoins il y a en ce moment une bonne centaine de différentes espèces épanouies, dont un grand nombre dans d'excellentes conditions. Parmi les espèces rares, il y a plusieurs petites plantes très intéressantes : le Sarcochilus Iimiferus est un petit bijou particulièrement attrayant, avec ses gracieux racèmes de fleurs jaune vif pointillé de brun et ses nombreuses racines vertes dans le genre de celles des Phalaenopsis, qui semblent remplacer les feuilles généralement absentes. Cette curieuse plante a été figurée récemment dans le Botanical Magazine. Signalons aussi une autre grande rareté le Xylohium Colleyi, décrit comme Maxillaria Colleyi, en 1838, mais qui semble avoir été perdu depuis lors. Les feuilles sont larges et coriaces, et son court racème porte ordinairement quatre fleurs qui sont singulièrement pointillées de deux teintes de brun. Elles ont une odeur de concombre. Le Xylohium corrugatum est une espèce moins attrayante qui est également en fleurs. Une bonne plante du très curieux Catasetum gnomus est aussi en fleurs avec un fort racème. Les Pleuro- thallis sont rarement attrayants; cependant une exception peut être faite en faveur des suivants qui sont certainement d'élégantes petites plantes : P. Bar- ■beriana est une des rares espèces qui sont belles quand elles sont bien culti- vées, et la plante de Kew est en ce moment une véritable touffe de fleurs; P. ornata, est plus rare et de dimension un peu moindre; elle a ce caractère remarquable d'avoir les sépales bordés de poils blancs recurvés qui sont telle- ment légers que le moindre déplacement d'atmosphère les met en mouvement. Ces deux espèces ont été reproduites récemment dans le Botanical Magazine. Les Irias picta, Eria Lindleyana et Cirrhopetalum pictnratum sont également de très intéressantes petites Orchidées. UOdontoglossum Edwardi avec ses fleurs violettes distinctes me paraît toujours être un des meilleurs Odontoglossum et celui-ci, ainsi que les 0. Oerstedi et mirandnm fleurissent admirablement bien en ce moment à Kew. Beaucoup d'autres sont certainement remarquables; mais celles-ci me semblent être des espèces particulièrement dignes d'être signalées. R. A. ROLFE. Mars 1890. l" AVRIL 1890 33 LES ORCHIDÉES DE RAPPORT POUR LA GRANDE CULTURE I. — L'Odontoglossum Alexandrae (Suite). On ne se servira pour les arrosages que d'eau de pluie de préférence à toute autre. Les eaux de la ville, les eaux de puits, de rivière ou de sources ne sont employées que pour rafraîchir la serre ou la rendre humide. Il est donc de première nécessité de posséder un réservoir d'eau de pluie suffi- samment grand pour ne jamais en manquer. La pureté de l'eau de pluie est aussi un point essentiel. Il faut veiller soigneu- sement à ce que les conduits ou gouttières qui amènent l'eau dans le réservoir ne soient en aucun temps obstrués par les feuilles mortes ou par la boue. Certains amateurs, pour conserver à l'eau de pluie toute sa pureté et la garder toujours vivante, mettent dans leurs bassins des poissons qui débarrassent l'eau de toute impureté et, l'agitant sans cesse, l'empêchent de se corrompre et de pourrir. La meilleure espèce de poisson pour cet objet est la dorade ou poisson rouge qui vit très bien dans l'eau de pluie et dans un bassin de quelque grandeur. Cela donne en même temps de l'animation à la serre. Les dorades trouvent dans l'eau du bassin assez de nourriture pour qu'il soit inutile de leur donner quoi que ce soit d'autre. Éviter notamment de leur jeter du pain, pour ne pas rendre l'eau aigre et aller ainsi à Rencontre du but qu'on se propose. Avant de placer les Odontoglossum définitivement dans leur serre, il sera bon de les laver soigneusement avec un mélange d'eau de pluie et de nicotine, pour être assuré que tous les insectes qui pourraient les infester ont disparu. Le meilleur moyen d'en éviter le retour, dans la suite, c'est de placer des pédoncules et des côtes de feuilles de tabac sur les tuyaux de chauffage, ainsi qu'il est indiqué dans un article spécial de ce numéro du Journal. Si ce système est très bien observé, les plantes seront à tout jamais préservées des atteintes de tous les animalcules, et un grand travail sera ainsi évité. Pour le rempotage, qui pourra être commencé à la fin du mois d'août, on 34 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES se conformera rigoureusement aux prescriptions indiquées dans un article spécial publié, le 15 mars dernier, dans le premier numéro de ce journal, sur la terre fibreuse et le sphagnum, mélangés à parties égales, qui forment la base principale du compost recommandé pour le rempotage des Odontoglossum. Pendant l'époque de végétation les arrosages seront abondants, presque quotidiens. L'eau est absolument nécessaire au gonflement des bulbes. Les plantes dessèchent aussi beaucoup par le grand air que l'on est obligé de donner à la serre pendant l'été. Après la floraison les arrosages seront suspendus pendant une couple de mois, ou du moins ne seront plus donnés que pour conserver au compost une moiteur relative. On aura soin aussi de ne pas laisser fleurir trop longtemps la plante ; elle s'épuiserait sans profit. Pour la culture de rapport, le plus profitable sera d'établir soi-même des plantes importées. Elles devront être achetées directement chez l'importateur qui reste responsable de la variété fournie, car il y a parmi les Odontoglossum Alexandrae, vendus aux enchères publiques, un grand nombre, si pas la totalité, de variétés étoilées, dites moulins à vent, qui sont rejetées par les acheteurs de fleurs et davantage encore par les amateurs. Le cultivateur s'évitera donc beaucoup de déceptions en s'adressant, pour ses achats, à des maisons honorables, là où il a pu constater que le type vendu est celui à fleurs rondes, connu actuellement dans les cultures sous le nom de Pacho type. Les plantes importées à'Odofitoglossum Alexandrae, comme toutes les Orchi- dées, du reste, arrivées récemment de leur pays d'origine, devront être saines, pas desséchées, et avoir conservé assez de sève pour ne pas être trop retardées dans leur végétation. Il faut surtout que les plantes aient été soignées dès leur arrivée, et qu'elles n'aient pas traîné dans les salles des « auction rooms » ou salles de ventes, où elles perdent presque indubitablement toute leur vigueur. Les bons types û' Odontoglossum Alexandrae d'importation valent, suivant leur force, de trois à cinq francs pièce. De belles touffes composées de plusieurs forts bulbes peuvent valoir jusqu'à quinze francs. Nous ne conseillerions pas de faire l'acquisition de plantes offertes au-dessous de trois francs, à moins que ce soit par faveur spéciale et avec garantie. Souvent rien n'est plus cher que le bon marché. Il en est des plantes comme de toutes les autres marchandises. U Odontoglossum Alexandrae en culture produit annuellement environ 30 % du capital engagé. U Odontoglossum Alexandrae importé, bien cultivé, met généralement trois l" AVRIL 1890 35 ans pour produire. Le prix actuel pour les petites grappes, à moins de dix fleurs, se calcule à raison de vingt-cinq centimes la fleur. Les grandes et belles grappes se vendent, de première main, jusqu'à cinquante et même soixante centimes la fleur. Nous connaissons plusieurs grandes cultures de rapport où il n'y a jamais de déchets; les fleurs sont achetées au fur et à mesure de leur épanouissement. Un avantage sérieux qu'offrent aussi les Odontoglosswn Alexandrae, c'est le grand nombre de belles variétés, de nouveautés même, qui peuvent être trouvées, à la floraison, parmi les plantes importées. Nous engageons nos lecteurs à envoyer au bureau dit Journal une fleur de toutes les variétés qui sembleraient différer du type, soit par la coloration, soit par la forme. Les fleurs d'Odontoglossiiin Alexandrae voyagent facilement et peuvent être conservées fraîches pendant plusieurs jours. La plante en fleurs se maintient pendant quelques semaines dans les appar- tements qui ne sont pas surchauffés. Annonçons aussi, à ceux que la chose intéresse, l'ouverture prochaine dans les environs de Bruxelles d'une agence sérieuse pour l'achat et la vente des fleurs coupées d'Orchidées. Elle se mettra en rapport avec les producteurs et les acheteurs. Dès qu'elle sera organisée, nous en informerons nos lecteurs. TRAVAUX DE LA PREMIERE QUINZAINE D'AVRIL On continuera, pendant cette quinzaine, les différents travaux commencés le mois dernier : rempotage des plantes, lavage et nettoyage général des serres. L'aérage des serres, les arrosages, les bassinages ainsi que l'humidité de l'atmosphère de la serre seront réglés suivant la marche de la température extérieure. Avec le printemps, les insectes commencent à faire leur apparition et exigeront une attention continue des jardiniers (voir ci-dessus l'article spécial intitulé : Plus de fumigations). Serre froide. — Les Odontoglossum crispum, Pescaiorei, etc., MasdevaHia et autres Orchidées de serre froide continueront à recevoir le traitement indiqué dans le premier numéro du Journal, en aérant davantage si le temps le permet. On examinera si les Oncidiuui macranthum et aurosum, Odontoglossum 36 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES Edwardi, irinmphans, Halli, etc., Ada aurantiaca, dont la floraison est terminée, demandent à être rempotés; dans ce cas, il conviendra de le faire dès ce moment; dans le cas contraire, il sera toujours bon de surfacer les plantes au moyen de compost frais. Il en sera de même de toutes les Orchidées qui en auront besoin. Serre tempérée. — Rempoter et nettoyer les Cattleya Trianae, Eldorado, superba, Percivaliana et autres, et surfacer les plantes auxquelles cela pourrait être utile. Les Laelia anceps, L. alhida, L. antuninalis, qui, à cette date, n'auraient pas encore été rempotés, devront l'être le plus tôt possible, sur un bon drainage et dans un compost de terre fibreuse et de sphagnura, bien mélangés, par parties égales. Ces plantes seront placées à la lumière, mais toutefois à l'abri des chauds rayons du soleil. C'est également le moment de procéder au rempotage et au nettoyage des Lycaste, Zygopetalum et autres Orchidées terrestres, telles que Calanthe, Phajus, etc. Les Oncidium, Miltonia et Odontoglossum à floraison estivale continueront à recevoir le même traite- ment que pendant la quinzaine précédente. Serre chaude. — Les Phalaenopsis qui fleurissent encore devront être tenus à l'ombre; il sera bon de ne pas laisser se prolonger la floraison au-delà de trois à quatre semaines afin de ne pas épuiser la plante. Continuer et achever le rempotage ainsi que le nettoyage des Vanda et autres Orchidées analogues. Les Cypripedium dont la flxoraison est terminée et qui se trouveraient trop à l'étroit dans leur récipient, seront également rempotés et seront arrosés abon- damment et maintenus dans un état constant d'humidité très prononcée. Les Dendrobium en végétation, ou dont la floraison est achevée, recevront plus de chaleur ainsi que des arrosements plus fréquents et plus copieux; ceux en fleur ou sur le point de fleurir pourront être tenus dans la partie la moins chaude de la serre. Un point important pour obtenir de bons résultats dans la culture des Orchi- dées indiennes, est de les tenir, à cette époque de l'année, dans une bonne et chaude humidité atmosphérique avec beaucoup d'eau aux racines, sans beaucoup d'air, à l'étouffée, suivant l'expression consacrée, jusqu'à ce que la végétation soit terminée; après quoi, ces plantes pourront, soit pour fleurir, soit pour être mises à l'état de repos, être tenues à une température plus basse. GRANDE SPÉCIALITÉ D'OUTILS ET INSTRUMENTS AGRICOLES ET HORTICO LES Seringues, Arrosoirs, Coupe-bordures, Echenil- loirs. Sécateurs de toutes sortes, Serpettes, Greffoirs, Pelles et Bêches pour jardinage et drainage. 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(fc^iVj XU ^ - ' ■ ^ro^J^S'J\|\r\y ^ »__^-jX LINDENIA lOONOGhl^Ar^HIB DES OUCHIIDÊIES PUBLICATION MENSUELLE IN-FOLIO Chaque livraison contient quatre belles planches richement coloriées Directeur: J LINDEN Rédacteurs en chef : LUCIEN LINDEN et EMILE RODIGAS Abonnement pour le volume en cours : 60 fr. pour les 12 livraisons payables par anticipation Bureaux : 100, Paie Belliard, à Bruxelles Le plus beau, le plus exact et le meilleur marché des ouvrages de luxe • périodiques spéciaux aux Orchidées Le prix des volumes parus de la « LINDENIA » a été fixé comme suit : 1"' Volume, 125 fr. — 2"" Volume, 100 fr. — 3"'^ Volume, ?5 fr. — 4'"*^ Volume, 65 fr. LES QUATRE VOLUMES PRIS ENSEMBLE : 350 FRANCS B'"" Volume (en cours de publication) : 60 francs ON PEUT S'ABONNER POUR CHAQUE VOLUME SÉPARÉMENT. UN NUMÉRO SPÉCIMEN = 6 FRANCS AVIS AUX JARDINIERS Pour faciliter aux Jardiniers rabonnement au Journal des Orchidées, il leur sera loisible de régler le montant de leur abonnement par versements mensuels de 85 centimes, en timbres poste de tous pays ou autrement. Cette faveur n'est accordée qu'aux ouvriers-j ardi7%iers seulement. Chaque Jardinier qui nous aura envoyé six abonnements aura droit à un septième gratuit, K3^ Les abonnements partent du premier de chaque mois OFFRES ET DEMANDES DE JARDINIERS Annonces gratuites pour les Abonnés du Journal OFFRES Bon chef de Culture, marié, connaissant ti-ès bien la culture des Orchidées, demande place chez amateur. (Excellentes références.) Excellent Jardinier connaissant parfaitement la culture des Orchidées, etc., désire place. (Bons certificats.) Un bon Cultivateur d'Orchidées désire chan- ger. (Références sérieuses.) DEMANDES Bon Jardinier, connaissant les diverses cultures, est demandé pour une campagne des environs de Bruxelles. (Excellentes références exigées.) Un maître Jardinier, connaissant parfaitement la culture des raisins et primeurs en serres est de- mandé pour les environs de Bruxelles. Un Jardinier, connaissant bien la culture des Orchidées, Nepenthes, Sarracenia, etc, est demandé pour la Russie. POUR TOUS RENSEIGNEMENTS S'ADRESSER AU BUREAU DU JOURNAL Un tableau avec offres et demandes de Jardiniers est affiché dans le Hall d'entrée de L'Horticulture Internationale, à Bruxelles. FLEURS D'ORCHIDEES Nos relations avec les amateurs et cultivateurs d'Orchidées qui vendent des fleurs coupées, nous permettent d'indiquer, en tout temps, aux intéressés où ils peuvent se les procurer. S'adresseï a obten? la Vente et 1' Achat au bureau du Journal, qui se fera un plaisir de fournir sans avxm^e commissiQ7i tous les renseignements utiles. SOMMAIRE DU S'"^ NUMÉRO Pages Revue des Orchidées nouvelles ou peu connues 37 Histoire de la culture des Orchidées • 40 Guerre aux limaces 43 Correspondance 44 Les Orchidées en appartement" 47 La culture des Vanda à Mariemont 49 Travaux de la seconde quinzaine d'avril 51 L'ORCHIDEENNE SOCIÉTÉ D'AMATEURS D'ORCHIDÉES A Présidents d'Honneur : MM. le baron de BLEICHRODER, consul-général de S. M. Britannique, à Berlin, pour l'Allemagne ; J. LINDEN, consul-général honoraire, pour la Belgique; Comte DU BuYssois, auteur de rOrchidophile, pour la France; DE LANSBERGE, ancien gouverneur général des Indes Néerlandaises, pour les Pays-Bas- SECRÉTARIAT : 100, RUE BELLIARD, BRUXELLES Comité Directeur : Président : M. G. WAROCQUÉ, membre de la Chambre des Représentants de Belgique; Secrétaire : M. LUCIEN LINDEN, administrateur-directeur de L'Horticulture Internationale. Trésorier : M. J. DU TRIEU DE TERDONCK, propriétaire. Les MEETINGS et EXPOSITIONS MENSUELLES de belles et rares Orchidées ont lieu les deuxièmes Dimanche et Lundi de chaque mois dans le pavillon central de L'Horticulture Internationale^ Parc Léopokl, à Bruxelles. LES MEMBRES DU JURY DE L'ORGHIDÉENNE, pour l'année 1890, sont MM. Gomtc DE BousiES, A. Goor, Jules Hye, Kegeljan, "f^LLEMAND, Louis Lubbers, iMaSSANGE de LoUVREX, m. MeTDEPENNINGEN, g. MiTEAU, E. RoDIGAS, Air^AN hlSCHOOT et E. Wallaert. ^' Pour tous les renseio;nements s'adresser au Secrétariat 15 AVRIL 1890 37 REVUE DES ORCHIDÉES NOUVELLES OU PEU CONNUES Pour répondre au désir exprimé par un certain nombre de nos abonnés, nous commençons aujourd'hui la publication des articles mensuels que nous annon- cions dans notre dernier numéro, consacrés spécialement aux Orchidées nou- velles. Toutefois, M. Rolfe, qui a bien voulu se charger de cette revue, nous prie de faire remarquer qu'elle ne sera pas limitée strictement aux nouveautés; certaines espèces autrefois connues, et qui se sont perdues, peuvent être retrou- vées; d'autres, étudiées depuis longtemps par les orchidographes, mais non importées jusqu'ici, peuvent être introduites dans les cultures; et dans les deux cas on peut trouver matière à des observations très intéressantes. Certaines plantes enfin, qui sont déjà cultivées, sont assez rares pourtant pour mériter une hiention. Nous sommes donc convaincus de répondre au désir de nos lecteurs en étendant un peu l'objet de cette étude ainsi que l'indique le titre que nous adoptons. * * AERIDES AUGUSTIANUM, Rolfe, est l'une des dernières nouveautés signalées cette année. Il a été découvert dans les Iles Philippines par M. AuG. LiNDEN. Il produit une belle grappe de fleurs roses, et paraît être allié à VA. Roebellenii Rchb. f., qui, lui, a des fleurs d'un blanc légèrement teinté de vert. Il a été décrit dans le Gardeners' Chronicle du 4 janvier, p. 9. Il a été également figuré dans le même journal, n° du 22 février, p. 233, fig. 36 et dans la Lindenia, vol. V, p. 39, pi. 210. * * * CYPRIPEDIUM X NIOBE, Rolfe, est un hybride très gracieux produit par M. Seden, dans l'étal 'isement de MM. James Veitch and Sons, de Chelsea, provenant du C. Spicerianum et du C. Fairieanum, ce dernier étant le porte- pollen. Il a obtenu certificat de première classe de la Société royale d'Hor- ticulture de Lonc.es, le 11 décembre dernier. C'est le troisième hybride tiré 38 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES du C. Fairieanum et dans les trois cas cette espèce a toujours servi de porte- pollen. Gard. Çhron., 4 janvier, p. 10. * * * ANGRAECUM ICHNEUMONEUM, Lindl., est une curieuse petite espèce, produisant de longues grappes pendantes de fleurs blanches teintées de jaune, qui paraissent avoir rappelé au docteur Lindley la mouche ichneumone; l'éperon, gonflé, transparent et légèrement comprimé, rappelle celui de la vessie d'un petit poisson. Mais l'espèce sera sans doute jugée plus curieuse que séduisante par les horticulteurs. Son introduction comme plante de serre paraît être relativement récente. Gard. Chron., 11 janvier, p. 38. * * * CYPRIPEDIUM X CYTHERA, Rolfe, est un joli petit hybride, produit dans la collection de M. R. H. Measures, de Streatham, provenant du •C. spicerianum et du C. ptirpuratum, ce dernier étant le porte-pollen. Quoique dans son ensemble, il se rapproche surtout du C. spicerianum, il semble avoir la petite taille du C. purpiiratum; mais il ne porte pas trace de mosaïque sur ses feuilles. Gard. Chron., 18 janvier, p. 73. . * * * DENDROBIUM X XANTHOCENTRUM est un hybride produit dans la collection de Sir Trevor Lawrence, provenant du D. Findlayanum et de quelque autre espèce. Il ressemble un peu au D. X Schneiderianum. Il a reçu un certificat de première classe de la Société royale d'Horticulture le 14 janvier dernier. Gard. Chron., 18 janvier, pp. 87, 88. * DENDROBIUM X JUNO est le résultat du croisement du D. Wardianum et du D. Linawianum, entre lesquels il tient à peu près le milieu. Il a été produit dans la même collection que le précédent, et a obtenu un certificat de première classe en même temps que lui. Gard. Chron., 1. c. * -* * DENDROBIUM X LUNA a été également produit dans la collection de Sir Trevor Lawrence et provient du D. Findlayanum et du D. Ainsworthii. Il a également reçu un certificat de première classe avec les deux hybrides précédents. Gard. Chron., 1. c. * * CYPRIPEDIUM X HERA, Rolfe. — Hybride produit dans la collection de M. R. H. Measures, de Streatham; il provient du C. villosum et du 15 AVRIL i8go ■ 39 C. spicerianum, ce dernier étant le porte-pollen. Toutefois, il se confond avec le C. X Lathamianum Rchb. f. Gard. Chron., 25 janvier, p. 105. * * * CALANTHE X VEITCHII ALBA, Rolfe. — C'est un ravissant Calanthe d'un blanc immaculé, produit dans la collection de Sir Charles Strickland, de Hildenley, Yorkshire, avec les mêmes parents que le C. Veitchii, c'est-à-dire le C. vestita et le C. rosea. C'est une forme d'une pureté irréprochable, sans la moindre trace de couleur à aucune place, et par ce motif, c'est une acquisition importante pour l'horticulture. Dans son port et sa couleur, il se rapproche spécialement du C. vestita, tandis que dans le C. Veitchii c'est l'influence de l'autre origine qui prédomine. Gard. Chron., i" février, p. 132. * * * PHALAENOPSIS X CYNTHIA, Rolfe, est un hybride naturel du P. Aphro- dite et du P. Schilleriana, dans lequel les vrilles du labelle rappellent particuliè- rement ce dernier. Dans les autres hybrides produits avec les mêmes parents, le P. X leucorrhoda, le P. X Casta et le P. X Sanderiana, ces vrilles sont longues et grêles, comme dans le P. Aphrodite. Cet hybride a pris naissance dans la collection de M. F. Vigan, de East Sheen, et a été pris d'abord pour le P. Schil- leriana, jusqu'à l'époque de sa floraison, où l'on s'aperçut qu'il avait les grands lobes latéraux du labelle semblables à ceux du P. Aphrodite. Gard. Chron., jer février, p. 132. * * * CYPRIPEDIUM X NORTHUMBRIAN, N. E. Br. — Hybride produit dans la collection de M. D. C. Drewett, de Mill-on-Tyne; il provient du C. X calo- phyllum, fécondé par le pollen du C. insigne Maidei. Il est intéressant de remarquer que l'élément femelle est lui même un hybride entre le C. barbatiun et le C. venustum. Gard. Chron., 8 février, p. 160. * * * CYPRIPEDIUM SIAMENSE, Rolfe. — C'est une espèce introduite par M. J. Garden, de Bois-Colombes, près Paris, et qui vient des environs de Bangkok (Roy. de Siam). Il est allié au C. Callosiim, Rchb. f., et une repro- duction coloriée qui en a été donnée par le Moniteur d'Horticulture du 10 mars suggère même des doutes sur la question de savoir jusqu'à quel point ils sont scientifiquement distincts. Gard. Chron., 8 février, p. 161. R. A. Rolfe. Kew, avril 1890. 40 LE JOURNAL DES ORCHIDEES HISTOIRE DE LA CULTURE DES ORCHIDEES {Suite, voir nos i et 2) En 1819, Sir Jos. Banks imagina et pratiqua un procédé meilleur. Chaque plante était mise dans un panier cylindrique formé de longs et minces rameaux d'osier, entrelacés dans le bas et séparés dans le haut de manière à laisser la plante s'appuyer au fond et se développer librement dans toutes les directions. Le panier était suspendu au-dessus de l'appareil de chauffage; une mince couche de terreau était étendue au fond du panier ; les racines étaient posées sur ce terreau et recouvertes d'une légère couche de mousse assez épaisse pour les abriter et conserver une humidité suffisante. Chez MM. Loddiges on se servait d'un compost de bois pourri et de mousse avec addition d'un peu de sable. Le système de chauffage était encore bien primitif. C'était un foyer ou fourneau chauffant une cheminée en briques, au-dessus de laquelle était dressée une couche de tannée conservée humide par des arrosages fréquents. II s'en élevait une incessante buée; en outre, aucune aération n'était permise. Partout le même insuccès suivit cette méthode; cet insuccès fut attribué non pas aux défauts de celle-ci, mais bien à la nature même des Orchidées. Heureusement Lindley surgit alors; ses premières expériences au jardin de la Société d'horticulture de Londres échouèrent, il est vrai, mais ne le décou- ragèrent pas ; elles l'amenèrent à rechercher les conditions de milieu où se trouvent les plantes dans leur patrie. Le savant auteur de la Théorie de l'Hor- ticulture, le même qui, en dix années de sa vie si active, devait déterminer plus de trois cents genres d'Orchidées, le D' Lindley comprit qu'il fallait avant tout connaître ces conditions, les reproduire autant que possible ou tout au moins en fournir les équivalents, en un mot assurer à chaque genre ou espèce la somme d'air, de lumière, d'humidité, de chaleur et d'aliments assi- milables trouvés sous le ciel natal. Devant l'observateur s'ouvrent promptement des horizons nouveaux. Des renseignements incomplets fournis par les relations des voyageurs deviennent la base d'une science qui sera approfondie dans la suite, mais dont les éléments 15 AVRIL i8go 41 suffisent pour établir une série de faits d'une réelle valeur et qui mèneront à des lois. Il s'agit de la climatologie dans ses applications à la connaissance de la vie végétale. Que de révélations imprévues ! On ne semblait vouloir tenir compte de rien en dehors du degré de latitude. Une Orchidée provenait du Mexique, vite elle était confinée en serre chaude, sans que l'on se souciât le moins du monde de la hauteur supramarine à laquelle se trouvait son habitat. On voulait bien se souvenir de la température moyenne d'une région, mais sans donner un regard aux extrêmes de chaleur et de froid qui doivent avant tout être pris en considération. On perdait de vue l'état hygrométrique de la contrée et les circonstances spéciales qui fréquemment modifient les conditions multiples d'un climat, et différencient de la sorte des locahtés d'ailleurs fort rapprochées. L'altitude joue un rôle important, nous dirions volontiers un rôle prépondérant dans la distribution géographique des Orchidées. Comme le dit avec raison M. de Puydt dans son bel ouvrage sur les Orchidées, « les quatre cinquièmes de ces plantes redoutent les chaleurs constamment élevées. C'est à partir d'une altitude de 1000 mètres qu'elles commencent à devenir abondantes. Elles le sont de plus en plus à mesure que le niveau s'élève et l'on estime que c'est entre 2000 et 2800 mètres d'altitude qu'est la zone favorite de ces belles plantes. La température de cette zone oscille entre les extrêmes de 25 à 35° C. le jour, et 7 ou 8" et même 5° et moins la nuit. Les gelées blanches ne sont pas rares à 2500 mètres. Jusqu'à 3000 mètres les Orchidées ne manquent point et brillent encore d'un vif éclat, mais elles se raréfient rapidement dans les zones d'extrême froid. » Les Orchidées des régions intertropicales, en raison même des particularités des climats, ne sauraient être traitées de la même manière, encore moins confondues dans une même serre. Non loin de l'équateur, dans les plaines basses, la chaleur moyenne est de 28°, rarement plus, tandis qu'aux confins des régions tempérées, entre le 25^ et le 35^ parallèles, la chaleur des étés dépasse souvent 35°, température inconnue sous les tropiques. Sous l'équateur encore, l'altitude devient une donnée importante puisque la température décroît à peu près d'un degré par 200 à 260 mètres; à 2000 mètres de hauteur, la chaleur normale n'est plus que de 18° et l'observation directe a montré que 2000 mètres plus haut, elle est à peine de 8°. La différence entre la chaleur du jour et celle de la nuit est plus notable encore. Une température de 12° le jour tombe à -f- 2° la nuit et par un ciel serein, sans brumes et sans nuages, par suite du rayonnement, la nuit donne ■ m ' 42 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES le givre. A 4000 mètres, même sous l'Equateur, il gèle fréquemment et parfois il y neige. Cela n'empêche pas les Orchidées d'arriver à des altitudes considé- rables, là où s'arrêtent les dernières traces de la végétation. Ne trouve-t-on pas VOncidmm nubigenum dans les Andes du Pérou jusqu'à 4260 mètres, c'est-à-dire à 400 mètres à peine de la limite des neiges éternelles ? Une autre donnée bien connue maintenant doit être prise en sérieuse consi- dération, c'est la différence de la répartition des pluies à la surface du globe. Dans les contrées tempérées ou froides, les pluies sont réparties pendant l'année entière en quantités variables; dans les pays chauds, elles sont pério- diques et l'année est partagée généralement en deux saisons, l'une pluvieuse et l'autre sèche, parfois deux saisons sèches et deux pluvieuses. A l'époque des saisons de pluie, il pleut chaque jour, presque à des heures fixes, et avec une abondance dont nous ne pouvons guère nous faire une idée. Mais l'instant d'après le soleil reparaît ; l'air se charge de vapeurs et au moindre abaissement de température, elles se condensent en brumes épaisses. Ces alternatives de pluies, de brumes et de soleil se succèdent ainsi tout une saison jusqu'au jour où la sécheresse règne en maîtresse. Se fait-on une idée de l'énergie d'une végétation que stimulent des chaleurs intenses, des arrosements quotidiens et une atmosphère chargée de vapeur? Les arbres s'élèvent à des hauteurs vertigineuses, des lianes grosses comme le bras escaladent ces géants et les étreignent. D'autres arbres, pareils aux chênes de nos forêts, forment le sous-bois. Puis viennent les herbes élevées d'une ampleur remarquable. Sur tous ces troncs, grands et petits, depuis les hautes branches jusqu'à la base, vivent des myriades de plantes épiphytes, dont la variété égale l'étonnante profusion et dont les détails brillent par une richesse inépuisable. A cette vie luxuriante suit, dans la saison sèche, la torpeur d'un sommeil que les rosées et les brouillards n'ont plus la force d'interrompre. Beaucoup d'arbres se dépouillent de leur feuillage, les épi- phytes languissent, "se rident, se flétrissent; mais sous ce ciel si chaud, la mort ne trouve guère sa place, et la pluie a bientôt ranimé ce qui semblait perdu. Ém. Rodigas. (Sera continué.) 15 AVRIL 1890 43 GUERRE AUX LIMACES Parmi les ennemis des Orchidées, il n'en est pas de plus redoutable que la limace; c'est à la fois le plus glouton et le plus gourmet des rongeurs qui ravagent nos collections. Quel est l'amateur qui ne l'a pas maudite vingt fois, lorsqu'après avoir entouré de soins sa plante favorite, au moment où le succès allait couronner ses efforts, il constatait avec douleur, un matin, la disparition des jeunes pousses ou du bouton à fleurs si impatiemment attendus! L'affreuse limace était venue dévorer ce qu'il y avait de plus tendre, de meilleur; puis elle s'était enfuie dans quelque retraite inconnue, à l'abri du soleil et aussi de la juste colère de celui qu'elle venait de désoler. Parfois, avec un raffinement de cruauté, elle avait rongé précisément la base d'une hampe florale dont les boutons allaient éclore; et la pauvre tige, dont vous guettiez l'épanouissement splendide, gisait flétrie au pied de la plante dont elle devait être la gloire. Les limaces sont prudentes et se cachent bien; elles ne sortent guère de leur repaire que la nuit, et leur couleur sombre les protège encore. A peine peut-on en détruire quelques-unes en leur faisant la chasse à ce moment, avec une lanterne sourde. Elles sont hermaphrodites, et cachent soigneusement leurs œufs dans les tessons de drainage, dans le sphagnum, ou même dans les bractées des plantes. Aussi les soins minutieux des jardiniers sont-ils presque toujours impuissants à les supprimer. Un procédé très répandu pour les chasser consiste à leur tendre un piège au moyen de feuilles de laitue, de fleurs ou de feuilles de robinier, sous lesquelles elles se réfugient en croyant se soustraire au danger. Les orchidophiles pré- servent les hampes florales de leurs attaques en enveloppant d'ouate la base du rachis. Un autre moyen, très efficace, de protéger les Orchidées contre les ravages des limaces consiste à placer le pot qui les contient dans une soucoupe en terre munie à son centre d'une petite colonnette, qui lui sert de support et en quelque sorte de piédestal. La soucoupe est ensuite remplie d'eau. Cette disposition a l'avantage d'opposer un obstacle infranchissable aux approches de l'ennemi ; et si quelque limace ou quelque cloporte se trouvait 44 LE JOURNAL DES ORCHIDEES déjà dans un pot, du moins ils ne pourraient pas endommager les plantes voisines, et l'on parviendrait bientôt à les découvrir. En outre, l'évaporation de l'eau entretient autour de la plante l'humidité nécessaire à une bonne végétation. Il est à remarquer, en effet, que la quantité de vapeur d'eau en suspens dans l'atmosphère dépend bien de l'agitation de l'eau ou du renouvellement de l'air en contact avec elle, mais aussi, et en grande partie, de l'état de la surface mouillée. Or, la surface poreuse et rugueuse des godets est très favorable à l'évaporation, comme on s'en aper- cevra bientôt par la nécessité d'y ajouter de l'eau fréquemment. Enfin, il n'est pas inutile d'ajouter que la forme de ces godets et leur couleur peuvent contribuer à donner à la serre une élégance et une gaieté nouvelles, et permettent de disposer des plantes à des hauteurs différentes en faisant valoir leur taille et leur port dans un arrangement plus artistique. Max Garnier. CORRESPONDANCE Monsieur le Directeur du Jotmial des Orchidées, Les deux premiers numéros de votre journal nous ont paru, permettez-nous de vous le dire, très intéressants, surtout parce que les articles publiés sont pour la plupart éminemment pratiques. Nous vous serons très obligés de persévérer dans cette voie et d'entrer, s'il vous plaît, pour ce qui concerne la culture des plantes, dans les plus petits détails. Les amateurs distingués dont vous vous êtes, à notre grande satisfaction, assuré la collaboration n'ont peut-être pas, que dis-je, n'ont certainement pas besoin de tout ce luxe d'enseignement, de préceptes, de remarques, de tous ces infiniment petits de la culture des Orchidées. Ils voudront bien se souvenir que le Journal des Orchidées n'est pas fait* seulement pour eux, qu'il est fait aussi pour nous, commençants, qui sommes des ignorants en fait de culture, mais ne demandons pas mieux que de devenir experts et savants comme nos aînés. I^es moindres indications ont pour nous une souveraine importance et, comme des écoliers, nous avons besoin qu'on revienne plus d'une fois à la charge, qu'on nous remette en mémoire les choses déjà enseignées jusqu'à ce 15 AVRIL 1890 45 que nous soyons bien forcés de les retenir définitivement. Ne craignez pas d'être prolixe. Mais ce que nous espérons par dessus tout, vous priant de ne point vous offusquer de notre demande, car nous n'y mettons pas de malice, c'est, dans votre enseignement, de continuer à être absolument sincère, comme vous l'êtes, lorsqu'on vient vous demander conseil chez vous, de nous dévoiler toute votre pensée, nous livrant tous les petits secrets de la culture des Orchidées qu'une expérience sagace peut vous avoir appris à vous et à vos estimés collaborateurs. Avant de vous connaître, il m'est arrivé plusieurs fois, à moi qui ne suis pourtant encore qu'au seuil de la science orchidéenne, d'acheter des plantes d'un prix déjà honnête, d'en demander la culture à mes vendeurs d'alors et de recevoir d'eux des indications qui, si je les avais suivies à la lettre, auraient amené infailliblement la perte de mes plantes, ou de me les voir refuser sous l'intelligent prétexte qu'ils ne voulaient pas dévoiler aux autres leurs secrets! Tenez les sèches, très sèches, ne leur donnez pas une goutte d'eau, laissez rider les bulbes, me disait-on, alors que les plantes ne demandaient qu'à être saturées d'humidité. Une autre fois, — il s'agissait à'Odontoglosstim Alexan- drae — on me conseillait de ne leur point donner d'air, de les tenir pour ainsi dire à l'étouffée, alors que cette sorte d'Orchidée a besoin, je l'ai appris par vous et vous le dites très bien dans l'article publié dans votre premier numéro, d'air à flots, d'air encore et toujours. Il en est résulté que j'ai failli perdre les plantes qu'on m'avait conseillé de tenir sèches, que j'ai perdu mes premiers Odontoglossiiui Alexandrae qui, privés d'air et copieusement arrosés, n'ont pas tardé à pourrir, et que les rares exemplaires que j'ai réussi à conserver ne m'ont donné qu'une floraison maigre et insignifiante. Mais il en est résulté encore autre chose : c'est que j'ai planté là les donneurs de tous ces beaux conseils, et que je n'ai plus mis les pieds chez eux depuis lors. C'était bien naturel; j'étais absolument découragé par mon peu de réussite, provenant, je m'en suis aperçu trop tard, d'indications erronées, données à dessein pour faire aller le commerce. Elles ont eu, comme vous voyez, un tout autre résultat que celui qu'on s'en promettait. Il faut donc que nous puissions avoir, dans votre journal, la plus entière confiance, qu'il nous indique, aussi conscien- cieusement que possible, la vraie culture, et toute la culture de chaque espèce d'Orchidée, enfin le traitement qu'il convient de donner aux plantes, comme compost, température, aérage, humidité, époque de rempotage, etc., ne nous laissant rien ignorer de ce que nous devons savoir. 46 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES Permettez-moi d'ajouter que c'est la condition sine quâ non du succès de l'œuvre que vous avez entreprise, succès que je vous souhaite de grand cœur, que vous méritez, et que les numéros parus jusqu'ici de votre journal nous autorisent à prévoir éclatant et durable. Il sera peut-être utile dans l'intérêt des amateurs commençants de publier cette lettre pour les mettre en garde contre les donneurs de conseils intéressés. Agréez, etc. X. Suivant le désir de notre aimable correspondant nous publions sa lettre, quoique nous nous refusions à croire qu'il peut exister encore aujourd'hui des horticulteurs assez arriérés ou assez peu consciencieux pour donner à plaisir des conseils contraires à leurs clients. Ce serait aller à l'encontre de leurs intérêts. Pour nous, qui ne nous proposons que d'étendre les connaissances horti- coles, et ne poursuivons que la vérité, nous nous sommes donné comme but de recueillir et de grouper toutes les informations, d'examiner toutes les théories, de les proposer aux expériences des cultivateurs ou au jugement des amateurs, enfin de provoquer la discussion d'où naît la lumière. Nous publierons le résultat de nos recherches et de notre pratique; mais nous ne nous donnons pas comme infaillibles, et ne prétendons nullement professer ex cathedra : notre rôle sera surtout de mettre sous les yeux du public toutes les pièces du procès. Pour cette raison, nos lecteurs comprendront que nous ne pouvons prendre la responsabilité des articles signés de nos collaborateurs. Le Journal des Orchidées est une tribune ouverte à toutes les opinions de culture raisonnables. Par cela même la responsabilité est laissée entière aux signataires des articles et de toutes les correspondances que nous sommes autorisés à publier. Nous ne partagerons pas toujours toutes les idées émises dans les articles que publiera le Journal des Orchidées; mais nos lecteurs pourront être certains d'y trouver toujours la reproduction exacte de cultures pratiquées dans divers milieux. Ce sera un des côtés intéressants du journal. 15 AVRIL 1890 47 LES ORCHIDÉES EN APPARTEMENT I. — Cattleya citrina Le Journal des Orchidées se propose de mettre à la portée du public les principales notions de la culture des Orchidées en appartement. Je suis heureux de l'occasion qui m'est offerte d'exposer à ses lecteurs le résultat de mes soins et de mes recherches, car je trouve cette idée très pra- tique et très féconde. Je serai enchanté si mon exemple et mon expérience peuvent épargner des recherches ou des déceptions à quelques personnes, et leur procurer la satisfaction de mener à bien la culture de quelque belle espèce. L'une de celles dont je me suis le plus occupé dans ces derniers temps, et avec un entier succès, était un Cattleya citrina, dont j'ai obtenu la floraison sans que sa culture ait jamais exigé aucune disposition spéciale, aucun changement dans l'aménagement intérieur de mon appartement. J'ai eu ce Cattleya à la fin d'octobre 1888, et je l'ai laissé pendant tout l'hiver dans une pièce exposée à l'ouest et sans feu ; il n'y gelait jamais cependant, parce que j'avais fait placer une double fenêtre; mais la tempéra- ture s'est souvent abaissée entre 1° et 5° centigrades. J'ouvrais la seconde fenêtre quand les rayons du soleil donnaient dans la chambre, et j'ouvrais complètement quand la température extérieure s'élevait à 12°. Mon Cattleya avait trois pousses en voie de développement lorsque je le reçus ; toutes les trois prospérèrent parfaitement, et l'une d'elles produisit même un bouton; mais celui-ci s'arrêta dans sa croissance dans le courant de mars. J'ai remarqué d'ailleurs, au cours de plusieurs années d'expérience, que le mois de mars est toujours le plus funeste pour les Orchidées ; cela tient sans doute à l'adoucissement prématuré de la température, interrompu fré- quemment par de brusques retours de froid. L'été, cependant, s'est bien passé ; j'ai laissé mon Cattleya pendant toute cette saison dans la même pièce, dont les fenêtres ont été ouvertes jour et LE JOURNAL DES ORCHIDEES nuit presque sans exception ; je tendais seulement une toile comme abri lorsque le soleil dardait ses rayons dans la chambre. Enfin, au mois d'octobre 1889, je l'ai transporté dans ma salle à manger, où il a passé tout l'hiver. Il se trouvait là placé dans des conditions peu favorables ; la température était fort irrégulière, car le feu était toujours éteint à 1 1 heures du soir au plus tard, et n'était allumé que vers 11 heures du matin au plus tôt; en outre la lumière était peu abondante, le papier des murs étant sombre et l'unique fenêtre donnant sur une serre dont les vitres sont blanchies. Cependant le Cattleya a donné cette année quatre pousses, dont l'une a fleuri au commencement de mars et l'autre porte un bouton très développé qui s'ouvrira dans une huitaine de jours. De plus, il recommente à pousser des racines qui ont quinze centimètres environ de longueur, et paraissent très vivaces. Il n'a jamais réclamé d'autres soins qu'un seringage quotidien des bulbes, des racines et du bloc de bois sur lequel il croît. Ce bloc de bois est placé sur une table contre la fenêtre, et de chaque côté de cette fenêtre j'ai disposé une planche portant des vases poreux pleins d'eau, sur lesquels pendent mes Orchidées. Par une disposition analogue, j'ai établi sur ma table un baquet de zinc remph d'eau et contenant des briques à bâtir placées sur champ. Ces briques supportent encore d'autres Orchidées, en pot ou sur bloc, ainsi que des fougères et des palmiers. J'ajoute que la constante aération de la salle, qui communique avec le jardin, assure l'évaporation de l'eau placée dans les vases poreux, et par suite, le maintien de l'humidité nécessaire à la végétation. Cette installation n'exige qu'un espace très restreint et ne présente aucun inconvénient, soit au point de vue du coup d'œil, soit au point de vue de l'hygiène des habitants. Je ne puis que recommander aux amateurs d'orchidées la culture en appartement des Cattleya, et leur assurer qu'ils seront bien récompensés du peu de soins qu'elle leur coûtera par la satisfaction de voir se former et éclore ces admirables floraisons. C. Vasseur". 15 AVRIL i8go 49 LA CULTURE DES VANDA A MARIEMONT (^) Nous cultivons, à Mariemont, les Vanda dans des corbeilles en bois, sem- blables à celles dont le Journal des Orchidées a déjà conseillé l'emploi; ce procédé présente, à nos yeux, le grand avantage sur la culture en pots, de rendre inutile, lors du rempotage des plantes, le dérangement des mottes de racines, et de ne pas exiger des manipulations toujours dangereuses. D'après notre système, en effet, il n'est pas nécessaire d'enlever du pot cette motte pour la replacer dans un autre, comme nous allons le voir tout à l'heure. Nous rempotons, il est vrai, soit en petits pots, soit en paniers de dimen- sions restreintes, les mignonnes espèces ou celles à végétation plus robuste, qui n'auraient pas atteint la force jugée nécessaire pour être mises d'emblée dans les grandes corbeilles, pour lesquelles nous avons adopté un modèle uniforme. Quant aux espèces qui atteignent de grandes dimensions, et qui sont d'ailleurs peu nombreuses (F. tricolor, suavis et leurs variétés, gigantea, Batemanni et Lowi) elles ne demandent pas de soins spéciaux. Nous les plaçons, dès qu'elles sont arrivées à 30 ou 40 centimètres de hauteur, dans de grandes corbeilles, ayant de 40 à 50 centimètres carrés, afin de donner aux racines l'espace nécessaire. Lorsque nous voulons renouveler le sphagnum et rafraîchir les racines, voici comment nous opérons : nous détachons au bas du panier une ou plusieurs des lattes qui le composent, nous enlevons le sphagnum du fond et nous raccourcissons, autant qu'il est nécessaire, les parties mortes de la tige et des racines. L'opération terminée, nous remettons en place le drainage et le fond de la corbeille. Enfin pour masquer la base de la tige, à mesure qu'elle se dénude, nous surélevons le panier en ajoutant à la partie supérieure les lattes détachées en dessous, et le montons ainsi de façon à compenser la hauteur perdue en bas. Nous remplissons la partie (i] Les Vanda, comme toutes les autres Orchidées du reste, y sont merveilleusement cultivées. Nous publierons prochainement Une Visite à Mariemont. On sait que les collections d'Orchidées de M. Warocqué jouissent d'une réputation universelle. Réd. 50 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES reconstruite au sommet de la corbeille d'excellent sphagnum vivant. Comme on le voit, nous ne touchons donc que peu à la motte des racines saines et la plante se trouve replacée dans des matériaux aussi frais que si elle avait été rempotée, sans qu'il ait été nécessaire de déranger les racines. Voilà ce qu'on ne peut faire avec la culture des plantes en pots. Nous employons d'ordinaire un bon drainage de tessons larges et plats. Ajou- tons que pour les Vanda nous nous servons exclusivement du sphagnum pur. Nous maintenons toujours, pendant l'hiver, dans les serres des Vanda une température de 15 à 20° Réaumur. Nous ne faisons d'exception que pour les Vanda coerulea, ieres, Cathcarti, Jenkinsi, imdulata, et les nouveaux Amesiana et Kimballiana, auxquels suffit une chaleur tempérée, de 12 à 14°. Il est bon d'arroser les Vanda très fréquemment avec de l'eau de pluie; nous conseillerons de laisser séjourner cette eau dans la serre pendant quelque temps, afin de l'amener à la température convenable. L'air doit être égale- ment saturé d'humidité ; le mieux sera de le laisser se renouveler le moins possible. Nous conseillons la culture à l'étouffée. Pendant la période de végétation, il faudra mouiller les plantes chaque matin et deux à trois fois par semaine seulement pendant le repos. Nous décon- seillons les seringages. Malgré toutes les précautions prises l'eau s'introduit dans le cœur des plantes et les jeunes pousses, étant excessivement tendres, risqueraient beaucoup de pourrir. Nous les lavons d'ordinaire quatre fois par an avec de la nicotine très diluée; en employant ce procédé, nous sommes parvenus à produire des Vanda Lowi qui atteignaient jusqu'à trois mètres de hauteur, sur une seule tige, sans avoir perdu une feuille. Nous en possédons une vingtaine de spécimens ayant, de un à deux mètres de hauteur. Les V. teres, Cathcarti, Jenkinsi, undulata, Amesiana et Kimballiana n'ont besoin d'être arrosés que deux fois par semaine pendant leur époque de végé- tation et moins encore pendant celle du repos. En ce qui concerne ces espèces, ajoutons encore une observation. Nous avons eu fréquemment l'occasion de constater que l'éloignement plus ou moins grand de la lumière influait sensiblement sur le coloris de leurs fleurs ; aussi engageons-nous les cultivateurs à les rapprocher autant que possible du vitrage, afin d'obtenir de meilleurs résultats, et même à les laisser en plein soleil aussi longtemps que ses rayons ne seront pas trop brûlants. G. Warocquê. 15 AVRIL 1890 51 TRAVAUX DE LA SECONDE QUINZAINE D'AVRIL L'hiver est presque terminé, et le moment est venu de faire dans les serres les préparatifs de la saison d'été. En étudiant la culture des Orchidées, on constate bientôt que la température n'est pas tout, et qu'il est d'autres soins à leur donner. Les jardiniers qui savent comprendre les besoins de leurs plantes ont tous remarqué, notamment, qu'elles se portent mieux quand on les met à un certain endroit de la serre plutôt qu'à un autre. Changez une Orchidée de place, mettez la à une nouvelle, mieux appropriée à ses besoins, vous la verrez prospérer merveilleusement; ce sont là des secrets de nature que l'observation seule peut faire connaître, et qu'il faut noter attentivement. Pendant la belle saison, il est très important de discerner les espèces qui se plaisent à l'ombre, et celles qui aiment le soleil. Il sera bon de prendre à ce point de vue des dispositions générales; nous ne saurions trop recommander de procurer aux plantes l'ombrage ou la clarté nécessaires. Serre froide. — On pourra si la saison- est assez avancée, replacer dans la serre froide un assez grand nombre d'Oncidium et quelques Miltonia qui ont dû être gardés en serre tempérée pendant l'hiver. Les Coelogyne cristata, ainsi que les Lemoineana et alba vont entrer en croissance et demandent des soins attentifs. En général, nous conseillerons les mêmes soins que dans la première quinzaine; les arrosages seulement devront être plus fréquents et plus abondants en raison de l'élévation de la température et de l'activité plus grande de la croissance. Serre tempérée. — Les Cattleya et Laelia seront en cas de nécessité rem- potés au fur et à mesure qu'ils auront fini de fleurir. Les C. Trianae, qui ont achevé leur floraison, vont entrer en croissance et devront être ou rempotés ou surfaces. Plus tard viendra le tour des Mossiae et Mendeli, puis les autres espèces de Cattleya à larges fleurs, tels que les gigas et aiirea. Il convient de surveiller de près les Laelia elegans. Les diverses variétés de cette espèce fleurissent à des époques différentes; un grand nombre s'épa- 52 . LE JOURNAL DES ORCHIDEES nouissent en ce moment et pourront être rempotés sitôt la floraison terminée; les autres viendront ensuite. Il n'est pas indispensable, d'ailleurs, de rempoter les Cattleya et les Laelia toutes les années; on peut les laisser deux ou trois ans dans les mêmes pots sans inconvénient, et même avec succès, pourvu qu'ils soient bien empotés, avec un bon drainage s'élevant jusqu'aux deux tiers du pot. On se contente alors d'enlever soigneusement le vieux compost, et de le remplacer par du frais. Les Miltonia vexillaria, Roezli et quelques autres souffriraient d'être tenus trop renfermés et à une température trop élevée. On pourra les mettre en serre plus froide dès que la bonne saison sera suffisamment prononcée. Il en sera de même des Oncidiitm crispuin, Marshallianwii, concolor, dasistyle, . Forbesi, varicosum, bifoliimi, tigriniim, ungniculatnm et autres, qui ont dû être tenus en serre tempérée pendant l'hiver. On procédera également au nettoyage et, si c'est nécessaire, au rempotage des Cymbidium, Maxillaria, Lycaste et autres Orchidées dont la floraison est terminée. Il sera bon de renouveler la surface du compost des Anguloa dont les jeunes pousses commencent à se montrer. Ces plantes pourront recevoir un peu plus d'humidité et d'engrais qui activeront la végétation. Serre chaude. — Les Aerides, Vanda, Saccolabium, Phalaenopsis, etc., s'accommodent mal d'un excès d'humidité en hiver ou de sécheresse en été. Dès ce moment, il conviendra de les arroser quotidiennement à l'eau de pluie, et de leur procurer cet air chaud et humide que l'on reconnaît comme le plus favorable en général à leur végétation. Nous renverrons nos lecteurs, à ce point de vue, aux recommandations indiquées à l'article précédent. Ne pas tarder à renouveler le compost des Phalaenopsis qui n'auraient pas subi cette opération jusqu'ici. Il serait dangereux de la différer plus longtemps, parce qu'on risquerait de briser les jeunes racines encore délicates. Pour ce qui concerne les Cypripedium, on suivra les indications données à leur sujet dans le numéro précédent. Ceux dont le pot serait devenu trop petit, seront rempotés sitôt l'achèvement de la floraison et recevront ensuite une abondance d'eau. Ils seront maintenus à une chaleur assez élevée, i8 à 2 2 degrés centigrades. On observera également les indications déjà données pour les Dendrobium. GRANDE SPÉCIALITÉ D'OUTILS ET INSTRUMENTS AGRICOLES ET HORTICO LES Seringues, Arrosoirs, Coupe-bordures, Échenil- loirs. Sécateurs de toutes so.rtes, Serpettes, Greffoirs, Pelles et Bêches pour jardinage et drainage. Râteaux, Rasettes, Plantoirs, Fau- cheuses, etc. QUINCAILLERIE GENERALE ARTICLES DE MÉNAGE ET DE CHAUFFAGE Fil de fer galvanisé, Clous, etc., etc. M. LilMDEKElMS 292, Chaussée de VTavre, BRUXELLES. Case à louer Case à louer H. 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A. RoLFE, G. Miteau, Ém. Rodigas, P. E. de Puydt, N. Funck, E. Wallaert, P. Gloner, g. Joris, a. Van Imschoot, Fr. Desbois, A. Linden, E.S. Raisd, D-^Van Cauwelaert,E.Bungeroth,Ch.Vasseur, James O'Brien, Jules Hye, R. Martin Cahuzac, D-^ Capart, Comie de Bousies, Alf. Bleu, J. du Trieu de Terdonck, A. Lallemakd, A. Cogniaux, Max Garnier, Em. Pierret, P. Silver, J, Moens, L. Lubbers, A. Dalliére, Comte de Moran, O.Ballif, C. Ellner, F.Kegeljan, D.Massange de Lolvrex, A. de la Devaîssaye, Fl. Claes, de 3Ieulenaere, Charles Aindré, cIc. Prix de l'Abonnement : 10 francs par an iParaît le Ic' et le IS cle chaque mois AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES . DANS TOUS LES BUREAIX M. PnSTE KT flIlKZ TOUS LF.S LIBRAIRES. ^ïti(J) Gand, iiiiin'. Eug. Vandprhaegln ii. 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UN NUMERO SPÉCIMEN : 6 FRANCS AVIS AUX JARDINIERS Pour faciliter aux Jardiniers rabonnement au Journal des Orchidées, il leur sera loisible de régler le montant de leur abonnement par versements mensuels de 85 centimes, en timbres poste de tous pays ou autrement. Cette faveur n'est accordée qu'aux ounriers-j ardiniers seulement. Chaque Jardinier qui nous aura envoyé six abonnements aura droit à un septième gratuit. Les abonnements partent du premier de chaque mois OFFRES ET DEMANDES DE JARDINIERS Annonces gratuites pour les Abonnés du Journal OFFRES Bon chef de Culture, marié, connaissant très bien la culture des Orchidées, demande place chez amateur. (Excellentes références.) Un bon Cultivateur d'Orchidées désire chan- ger. Références sérieuses.] Jardinier diplômé, connaissant les diverses cul- tures, demande un emploi en Belgique. (Excellents certificats]. 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Gattleya et Laelia 63 Travaux de la première quinzaine de mai 66 L'ORGHIDEENNE SOCIÉTÉ D'AMATEURS D'ORCHIDÉES BRUXELLES Présidents d'Honneur : MM. le baron de BI.EICHRODER, eoiisul-géiiéral do S. M. Bril;iiiiii(iii(', à Berlin, pom rAllennigno ; J. LINDEN, consul-général honoraire, pour la Bolgiiiiie; Comte DU Blysson, auteur de rOrcIndophile, pour la Fi'ance; UE LANSBERGE, ancien gouverneur général des Indes Néerlandaises, pour les Pays-Bas. SECRÉTARIAT : 100, RUE BELLIARD, BRUXELLES Comité Directeur : Président : M. G. WAROCQUÉ, membre de la Chambre des Représenlanis de Belgique; Secrétaire: M. LUCIEN LINDEN, adminislraleur-directeur de L'Horticnltnrc Intcriia'wnal,'. Trésorier : M. .1. DU TRIEU DE TERDONCK, propriétaire. Les MEETINGS et EXPOSITIONS MENSUELLES de belles et mres Orchidées ont lieu les deuxièmes Dimanche et Lundi de chaque mois d;ins le pavillon central de L'HorticiiUure Iniernalionale, Parc Léopokl, à Bruxelles. LES MEMBRES DU JURY DE L'ORGHIDÉENNE, pour l'année 1890, sont MM. Gomte de Bousies, A. Goor, Jules Hye, Kegeljan, Lallemand, Louis Lubbers, Massange de Louvrex, m. MetdepeiNningen, G. MiTEAu, E. RoDiGAs, A. Van Imsghoot et E. Wallaert. Pour tous les renseignements s'adresser au Secrétariat I" MAI 1890 53 LE PLÉBISCITE SUR LES CYPRIPEDIUM Avant de passer en revue les diverses opinions exprimées dans les réponses adressées au journal, et de tirer de notre plébiscite la conclusion et l'ensei- gnement qui doivent s'en dégager, nous croyons devoir faire connaître le motif qui nous a amenés à organiser ce plébiscite, le but que nous nous sommes proposé, et l'utilité que nous croyons pouvoir en retirer. Les Cypripedium ont joui dans ces dernières années d'une faveur considé- rable qui a pris, à une certaine époque, des proportions inconnues jusqu'alors. La beauté, l'extrême variété de leurs fleurs, ainsi que leur durée, si précieuse pour la décoration des appartements, méritaient sans nul doute une haute estime; mais ces qualités auraient peut-être été moins appréciées, sans la mode, qui leur donna sa consécration. Pas un amateur ne voulut voir ses collections privées de ces favoris du jour; ce fut un engouement sans exemple, qui entraîna une hausse énorme des prix. C'était là recueil où pouvait sombrer cette vogue. La popularité sert parfois les grandes nouveautés qui, sans elle, risqueraient de rester méconnues; mais elle a ses retours, dont les meilleures Orchidées ont éprouvé l'injustice. Combien de belles espèces se sont vues dédaignées, presque oubliées pendant quelque temps, pour avoir été trop exaltées d'abord ! C'est ce qui se produisit pour les Cypripedium. Un jour vint où les ama- teurs les plus passionnés reculèrent et commencèrent à s'inquiéter, en voyant les prix s'élever si haut — on était arrivé à payer 8,000 fr. certains exem- plaires ! — Puis, comme tout le monde avait voulu posséder des Cypripedium, ceux qui n'avaient pu se procurer que des espèces inférieures (non sans s'imposer encore des sacrifices) et ceux qui, faute de savoir choisir les espèces et variétés, les avaient vues déprécier entre leurs mains, se plaignirent de leurs déceptions, et furent d'autant plus prompts à dénigrer le genre qu'ils avaient fondé sur lui de plus grandes espérances. Bref, une réaction se produisit, les Cypripedium furent presque détrônés du Capitole, les prix s'abaissèrent, et naturellement la dépréciation fut injuste. 54 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Aujourd'hui, l'ardeur de la lutte entre admirateurs et détracteurs s'est suffi- samment apaisée; les espèces sont aussi mieux connues; le moment est donc venu où l'opinion pourra prononcer son jugement de sang-froid, en pleine connaissance de cause. C'est pourquoi nous avons pris l'initiative d'une consul- tation qui rentrait parfaitement dans le programme que nous nous sommes tracé. Nous nous sommes proposé, en effet, en fondant le journal, de servir d'intermédiaire entre tous les chercheurs, entre toutes les théories, pour popu- lariser et faciliter à tous la culture des Orchidées. Il nous semble bien conforme à ces vues de donner au public le moyen de connaître les espèces et variétés vraiment dignes de son attention et de sa confiance, celles qui se prêtent le mieux à certaines exigences spéciales, et celles, s'il s'en trouve, qu'il convient de négliger et d'écarter des collections. C'est, à notre avis, lui rendre service que de lui épargner des tâtonnements longs et coûteux en lui apportant le résumé des expériences faites par des amateurs de goût et de science éclairés. C'est lui rendre service aussi que de restituer aux Cypripe- dium, injustement délaissés un moment, la place qu'ils méritent de conserver à l'un des premiers rangs de la grande famille des Orchidées. Dans le dépouillement des appréciations qui nous ont été adressées, nous avons dû d'abord écarter un certain nombre de listes émanant d'amateurs qui, visiblement, ne possédaient pas l'expérience et les connaissances nécessaires. D'autre part, nous n'avons pas pu grouper dans un total les avis de quelques autres personnes, qui nous ont adressé la liste de leurs préférences, sans les ranger en ordre bien gradué. Nous nous sommes ainsi trouvés amenés à pré- senter au public les résultats du plébiscite de la façon suivante. Nous publie- rons une douzaine de hstes choisies parmi celles des amateurs les plus auto- risés; nous donnerons ensuite le résumé de l'impression générale, telle qu'çlle ressort de la lecture de toutes les réponses. Nous nous occuperons tout d'abord des deux premières questions. Rappelons- en le libellé : 1° Quels sont les vingt-cinq meilleurs Cypripedium, espèces et variétés, par ordre de mérite ? 2° Quels sont les vingt-cinq suivants recommandés ? l" MAI 1890 55 Liste de M. G. Warocqué PREMIÈRE QUESTION. — i Stonei (spécialement le platytoenium), 2 caudatum, 3 Argus Moensi, 4 Morganiae, 5 oenanthum superbum, 6 orphanum, 7 tessellatum porphyreum, 8 Leeanum superbum, 9 Schroderae, 10 Harrisianum superbum, 11 insigne (Chantini et Maulei), 12 Elliottianum, 13 praestans, 14 Lawrenceanum, 15 villosum, 16 microchilum, 17 Sallieri, 18 bellatulum, 19 selligerum majus, 20 grande, 21 Curtisi, 22 vexillarium, 23 Arthurianum, 24 Sanderianum, 25 nitens. DEUXIÈME QUESTION. — i hirsutissimum, 2 Ashburtoniae expansum, 3 ciliolare Miteauanum, 4 albo-purpureum, 5 Germinyanum, 6 Sedeni candidulum, 7 callosum, 8 lo Eldorado, 9 cardinale, 10 barbatum Warneri, 11 Boxalli atratum, 12 Spicerianum, 13 Lowi, 14 Crossianum superbum, 15 Godefroyi, 16 Druryi, 17 superbiens, 18 Fairieanum, 19 barbato- Veitchi, 20 Tautzianum,. 21 politum, 22 loevigatum, 23 Mastersianum, 24 Schlimi, 25 Van Houttei. Liste de M. J. Hye Cette liste est dressée suivant l'ordre alphabétique, à notre grand regret, car nous aurions attaché un grand prix à connaître l'ordre exact des préfé- rences de cet amateur érudit. PREMIÈRE QUESTION. — Argus-Moensi, Arthurianum, Ashburtoniae expansum, bella- tulum, Charles Canham, Crossianum superbum, Elliottianum, Harrisianum superbum, Lawrenceanum, Leeanum superbum, Marshallianum, microchilum, Morganiae, oenanthum superbum, orphanum, Sallieri var. Hyeanum, Sanderianum, Schroderae, selligerum majus, Spicerianum superbum, Stonei, superbiens, tessellatum porphyreum, Wallisi, vexillarium. DEUXIÈME QUESTION. — Albo-purpureum, barbatum superbum, callosum superbum, calurum, caudatum, ciliolare, concolor, Curtisi, Dauthieri superbum, Druryi, Euryandrum majus, Germinyanum, grande, hirsutissimum, insigne, leucorrhodon, Lowi, marmorophyllum, nitens, niveum, oenanthum, praestans, regale, Tautzianum, Thibautianum. Liste de M. R. Martin Cahuzac PREMIÈRE QUESTION. — i Stonei platytoenium, 2 caudatum, 3 Leeanum superbum, 4 oenanthum superbum, 5 Morganiae, 6 Curtisi, 7 Fairieanum, 8 insigne Chantini, 9 Lawren- ceanum, 10 microchilum, 11 ciliolare Miteauanum, 12 vexillarium, 13 Schroderae, 14 grande, 15 nitens, i5 orphanum, 17 praestans, 18 Sedeni candidulum, 19 bellatulum, 20 Spicerianum, 21 Harrisianum superbum, 22 Elliottianum, 23 hirsutissimum, 24 villosum, 25 superbiens. DEUXIÈME QUESTION. — 1 Sallieri Hyeanum, 2 Van Houttei, 3 Mastersi, 4 Ashbur- toniae expansum, 5 albo-purpureum, 6 callosum, 7 tonkinense, 8 Boxalli atratum, 9 Warneri, 10 Germinyanum, 11 niveum, 12 Godefroyi, 13 tessellatum porphyreum, 14 selligerum majus, 15 Sanderianum, 16 Rothschildianum, 17 Arthurianum, 18 lo Eldorado, 19 politum, 20 laevi- gatum, 21 Lowi, 22 Schlimi, 23 Dauthieri, 24 calurum Rougieri, 25 Tautzianum. Liste de M. Wallaert PREMIÈRE QUESTION. — i Leeanum superbum, 2 insigne Chantini, 3 Spicerianum, 4 insigne punctatum violaceum, 5 tessellatum porphyreum, 6 microchilum, 7 Harrisianum 56 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES superbum, 8 Morganiae, 9 Stonei platytoenium, lonitens superbum, 11 bellatulum, 12 grande, 13 oenanthum superbum, 14 Tautzianum, 15 barbatum superbum, 16 vexillarium, 17 Elliot- tianum, 18 Arthurianum, 19 caudatum Wallisi, 20 marmorophyllum, 21 Sallieri Hyeanum, 22 politum, 23 Ashburtoniae expansum, 24 selligerum majus, 25 Lavvrenceanum. DEUXIÈME QUESTION. — i Leucorrhodon, 2 Boxalli superbum, 3 Sedeni candidu- lum, 4 calurum superbum, 5 Euryandrum, 6 caudatum Warszewiczi, 7 barbatum Warneri, 8 Curtisi, 9 Schrbderae, 10 hirsutissimum, 11 oenanthum, 12 Fairieatnum, 13 melanophthal- mum, 14 Rothschildianum, 15 praestans, 16 Roebelleni Cannarti, 17 cardinale, 18 Lowi, 19 purpuratum, 20 orphanum, 21 Druryi, 22 lo Eldorado, 23 Van Houttei, 24 ciliolare, 25 regale. Liste de M. James O'Brien PREMIÈRE QUESTION. . — i Stonei platytoenium, 2 Fairieanum , 3 Spicerianum, 4 insigne Chantini, 5 Lawrenceanum Hyeanum, 6 caudatum, 7 bellatulum, 8 Morganiae, 9 grande, 10 Lawrenceanum, 11 vexillarium, 12 Arthurianum, 13 Leeanum superbum, 14 Sedeni candidulum, 15 Schroderae, 16 oenanthum superbum, 17 proestans, 18 selligerum majus, 19 Sallieri, 20 Lowi, 21 Curtisi, 22 EUiottianum, 23 Stonei, 24 laevigatum, 25 villosum. DEUXIÈME QUESTION. — i Rothschildianum, 2 Lathamianum, 3 Sedeni, 4 superbiens, 5 Swanianum, 6 callosum, 7 hirsutissimum, 8 Measuresianum, 9 Charles Canham, 10 Daya- num, II orphanum, 12 Van Houttei, 13 niveum, 14 Godefroyi, 15 concolor, 16 Peetersianum, 17 tessellatum porphyreum, 18 marmorophyllum, 19 Hookerae, 20 microchilum, 21 Harri- sianum superbum, 22 barbatum grandiflorum, 23 Druryi, 24 argus, 25 Euryandrum. Liste de M. G. Miteau PREMIÈRE QUESTION. — i caudatum, 2 Leeanum superbum, 3 Harrisianum superbum, 4 oenanthum superbum, 5 Stonei platytoenium, 6 vexillarium, 7 Morganiae, 8 microchilum, 9 argus, 10 Ashburtoniae expansum, i£ nitens, 12 insigne Chantini, 13 Schroderae, 14 tessel- latum porphyreum, 15 orphanum, 16 Lawrenceanum, 17 lo Eldorado, 18 Arthurianum, 19 Euryandrum, 20 Sanderianum, 21 EUiottianum, 22 grande, 23 Fairieanum, 24 Curtisi, 25 ciliolare. DEUXIÈME QUESTION. — i Sallieri, 2 barbatum superbum, 3 barbato-Veitchi, 4 superbiens Lindeni, 5 praestans, 6 Crossianum superbum, 7 Sedeni candidulum, 8 Warneri, 9 Mastersi, 10 Boxalli superbum, 11 Spicerianum, 12 callosum, 13 cardinale, 14 selligerum majus, 15 hirsutissimum coerulescens, 16 insigne albo-violaceum, 17 villosum superbum, 18 niveum grandiflorum, 19 melanophthalmum, 20 politum, 21 Thibautianum , 22 insigne Maulei, 23 Druryi, 24 Barteti, 25 regale. Liste de M. J. C. Moens PREMIÈRE QUESTION. — i argus Moensi, 2 oenanthum superbum, 3 selligerum majus, 4 Morganiae, 5 Ashburtoniae expansum, 6 bellatulum, 7 caudatum Wallisi, 8 hirsutissimum, 9 hybridum, 10 Leeanum superbum, 11 villosum Moensi, 12 Measuresianum, 13 Arthurianum, 14 EUiottianum, 15 Schroderae, 16 caudatum, 17 insigne Chantini, 18 Curtisi, 19 nitens, 20 Sallieri, 21 superbiens, 22 orphanum, 23 ciliolare, 24 grande, 25 politum. M. MoENS ne nous a pas adressé de réponse à la deuxième question, non plus que M. Lallemand, dont la liste suit. l" MAI 1890 57 Liste de M. A. Lallemand I Stonei (platytoenium particulièrement) 2 insigne Chantini, 3 Leeanum superbum, 4 micro- chilum, 5 Ashburtoniae expansum, 6 oenanthum superbum, 7 Sallieri Hyeanum, 8 caudatum, g praestans, 10 argus Moensi, 11 Morganiae, 12 vexillarium superbum, 13 Schroderae, 14 Harrisianum superbum, 15 Spicerianum, 16 Arthurianum, 17 Curtisi, 18 nitens, 19 selli- gerum majus, 20 Fairieanum, 21 Sedeni candidulum, 22 superbiens, 23 villosum, 24 Euryan- drum, 25 barbato-Veitchi. Liste de M. Fr. Desbois PREMIÈRE QUESTION. — i Elliottianum, 2 Leeanum superbum, 3 Morganiae, 4 nitens superbum, 5 oenanthum superbum, 6 Sallieri Hyeanum, 7 Van Houtteanum, 8 argus Moensi, g Arthurianum, 10 Ashburtoniae expansum, 11 Harrisianum superbum, 12 Charles Canham, 13 Lawrenceanum Hyeanum, 14 microchilum, 15 macropterum, 16 bellatulum Mariae, 17 caudatum Wallisi, 18 villosum albo-marginatum, 19 tessellatum porphyreum, 20 grande, 21 insigne Chantini, 22 selligerum majus, 23 orphanum, 24 hirsutissimum, 25 villosum majus. DEUXIÈME QUESTION. — i argus, 2 Ashburtoniae, 3 barbatum superbum, 4 Boxalli atratum, 5 callosum superbum, 6 caudatum roseum, 7 Curtisi, 8 Hookerae, 9 Leeanum, 10 niveum, 11 Sanderianum, 12 Schroderae, 13 Sedeni candidulum, 14 cardinale, 15 Spiceria- num magnificum, 16 albo-purpureum, 17 oenanthum, 18 superbiens, 19 vexillarium, 20 Druryi, 21 bellatulum, 22 superciliare, 23 villosum aureum, 24 insigne Moensi, 25 Lawrenceanum Grenieri. Liste de M. le D^ Van Cauwelaert PREMIÈRE QUESTION.— i Stonei platytoenium, 2 Morganiae, 3 orphanum, 4 oenanthum superbum, 5 Ashburtoniae expansum, 6 argus Moensi, 7 Leeanum superbum, 8 praestans, 9 Arthurianum, 10 Sanderianum, 11 ciliolare Miteauanum, 12 Harrisianum superbum, 13 Sallieri Hyeanum, 14 vexillarium, 15 grande, 16 Euryandrum, 17 caudatum giganteum, 18 microchilum, 19 Schroderae splendens, 20 Curtisi, 21 Elliottianum, 22 macropterum, 23 Fairieanum, 24 selligerum sanguineum, 25 Sedeni candidulum. DEUXIÈME QUESTION. — i lo Eldorado, 2 superbiens Lindeni, 3 barbato-Veitchi, 4 albo-purpureum, 5 politum, 6 Spicerianum magnificum, 7 Druryi, 8 Godefroyi superbum, g Boxalli superbum, 10 laevigatum, 11 Germinyanum, 12 nitens superbum, 13 bellatulum majus, 14 regale, 15 niveum majus, 16 superciliare ornatum, 17 Dominianum, 18 C.rossianum, ig villosum var. albo-marginatum, 20 Dayanum superbum, 21 Dauthieri superbum, 22 hirsu- tissimum coerulescens, 23 Harrisianum nigrum, 24 barbatum Warneri, 25 Tautzianum. MM. Masereel et Otto Ballif nous ont malheureusement indiqué leurs préférences sans en dresser un classement gradué. Liste de M. L. Masereel Veitchi, Spicerianum, microchilum, niveum, Godefroyi, bellatulum, Leeanum, Morganiae, caudatum, Druryi, Elliottianum, hirsutissimum, oenanthum superbum, tessellatum porphy- reum, vexillarium, Harrisianum superbum, insigne Chantini, Stonei, orphanum, Sanderianum, 58 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Schroderae, selligerum majus, calurum, cardinale, Charles Canham, albo-purpureum, argus, Arthurianum, Boxalli atratum, ciliolare, concolor, Crossianum, Dauthieri, Lawrenceanum. M. Masereel recommande en outre, d'une façon générale, les Selenipedium de la section Sedeni, ceux ayant des fleurs blanches, et les hybrides provenant des espèces blanches et des Spicerianum, harhatum, Lawrenceanum et Veitchi. Liste de M. Otto Ballif PREMIÈRE QUESTION. — bellatulum, Curtisi, Druryi, Fairieanum, hirsutissimum, insigne Chantini, niveum, Spicerianum, superbiens, villosum, Crossianum, Harrisianum, Leeanum, nitens superbum, oenanthum superbum, vexillarium, Lowi, Rothschildianum, Euryandrum, Morganiae, caudatum, grande, Schroderae, macranthum, spectabile. DEUXIÈME QUESTION. — argus, concolor, Dayanum, Hookerae, purpuratum, SalHeri Hyeanum, Arthurianum, Barteti, galatea majus, niobe, orphanum, tessellatum porphyreum, Tautzianum, superciliare, Elliottianum, Haynaldianum, Sanderianum, macropterum, sellige- rum, albo-purpureum, calurum, cardinale, Sedeni candidulum, vittatum, (uropedium) Lindeni. La place nous manque pour citer encore quelques opinions moins intéres- santes; arrivons à la liste définitive de classement, telle qu'elle résulte du dépouillement de tous les votes. Nous ajouterons au nom de chaque espèce ou variété quelques renseignements de nature à permettre à nos lecteurs de se rendre un compte exact de leur origine. LISTE DÉFINITIVE RESULTANT DU DEPOUILLEMENT PREMIÈRE QUESTION NOM. ORIGINE. I. Stonei, dans ses belles variétés et spécialement platytoenium Bornéo. ' 2. Leeanum superbum (i) hybr. insigne Maulei X Spicerianum. 3. Morganiae hybr. superbiens X Stonei. 4. argus Moensi (2) Philippines. 5. Oenanthum superbum (3) hybr. Harrisianum x insigne Maulei. 6. caudatum (principalement les C. Wallisi et giganteum) (4) Pérou, Equateur. 7. insigne Chantini Indes Orientales (Sylhet). (1) Figuré dans la Lindenia, vol. III, pi. CXXV. (2) » >' vol, III.pl.CXXIX. (3) » » vol. I, pi. XXXIII. (4) Figuré dans la Lindenia, vol. II, pi. XCVI, et vol. III, pi. CXXXI, i" MAI i8go 59 8. vexillarium . hybr. barbatum X Fairieanum. 9. Lawrenceanum (i) Nord de Bornéo. 10. Schruderae (2) hybr. caudatum X Sedeni. 11. microchilum {7,) hybr. niveum X Druryi. 12. Harrisianum supcybiim{^) hybr. villosum X barbatum. 13. Elliottianum (5) Philippines. 14. Spicerianum Assam. 15. grande hybr. longifolium Roezli X caudatum. 16. tessellatum porphyrcuiii {6) hybr. concolor x barbatum. 17. bellaiulum {7) Indo-Chine. 18. Arthurianum (S) hybr. insigne X Fairieanum. 19. orphanum (9) hybr. barbatum X Druryi. 20. Ciirtisi {10) Sumatra. 21. praestans {11) Malaisie. 22. Sallieri Hyeamim {12) hybr. villosum X insigne. 23. nitens superbum {i i) hybr. villosum X insigne Maulei. 24. selligerum majus{i4) hybr. barbatum X laevigatum. 25. Ashburtoniae expansum hybr. barbatum X insigne. DEUXIÈME QUESTION 26. Fairieanum Bhoutan. 27. Sedeni candidulum hybr. longifolium X Schlimi albiflorum. 28. superbiens (Veitchi) Java, Assam. 29. Hirsutissimiim Assam. 30. Sanderianum Malaisie. 31. ciliolare Miteauanum (15) Philippines. 32. villosum {16) Moulmein. 33. callosum{ij) Siam. 34. barbatum var. Warncri Archipel Malais. 35. Boxalli id. 36. Crossianum hybr. insigne X venustum. 37. Charles Canham hybr. villosum X superbiens. 38. Euryandrum hybr. barbatum X Stonei. (i) Figuré dans la Lindenia, vol. I, pi. XLII. (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) vol. II, pi. LXIX. vol. IL pi. L. vol. m, pl.CXVIII. v.IV.pl.CLXXXVI vol. I, pi. XVIII. vol.IV.pl.CXLIX. vol. III, pi. CXXI. vol. V, pi. CCVI. (10} Figuré dans la Lindenia, vol. III, pi. CXL. (II) (12) (13) (14) (15) (16) (17) vol. III, pi. CIL V. Il, pi. LXXXIV. V. V, pi. CCXXIII. vol. L pi. XXII. vol. IV, pi. CXLVI. V. m, pi. cxxxii. vol. II, pi. LXXIII. 6o LE JOURNAL DES ORCHIDÉES 39. lo Eldorado hybr. argus X Lawrenceanum. 40. albo-purpunum hybr. Schlimi X Domini, 41. marmorophyllum hybr. Hookerae X barbatum. 42. Tautzianum hybr. niveum X barbatum. 43. Germinyanum hybr. villosum X hirsutissimum. 44. niveum Moulmein. 45. Rothschildianum Nouvelle Guinée. 46. politum hybr. d'origine mal connue. 47. cardinale hybr. Sedeni X Schlimi albiflorum. 48. calurum hybr. longiflorum X Sedeni. . 49. loevigatum. Philippines. 50. Lowiamim Sarawak (Bornéo). Occupons nous maintenant des 12 Cypripedium qui conviennent le mieux pour la grande culture et la fleur coupée, c'est-à-dire de la TROISIÈME QUESTION 1. insigne. . . . ■ v. plus haut. 2. barbatum ; . . . id. 3. Lawrenceanum id. 4. Leeamim id. 5. villosum id, 6. Spiceriamim id. 7. nitens ..." id. 8. Harrisiantim id. g. callosum id. 10. Sedeni id. 11. Dauthieri hybr. sub. var. Harrisianum. 12. Boxalli var. villosum. Bien peu d'amateurs ont répondu à cette question; elle ne semble pas les avoir beaucoup intéressés. * * * QUATRIÈME QUESTION Quelles sont les espèces et variétés à éloigner de toute collection de choix? Un très petit nombre d'espèces ou de variétés ont été désignées par plusieurs des votants ; six seulement paraissent subir une réprobation mar- quée. Ce sont : Le C. Bullenianum. Le C. Pearcei. C. turpe. C. venustum. Ç. Af"' Canham. C. javanicum. I" MAI 1890 61 Viennent ensuite quelques plantes nommées une ou deux fois seulement, notamment les C. Meirax , conchiferum, vittatum, pardinum, chloroneurum , obscurum, Dayanum , calophylluui , auroreum, albanense, Cooksoni, Reichenbachi, Boisserianmn, melanophthalmum, etc. Cette dernière question, d'ailleurs, a donné lieu à une manifestation des plus intéressantes; elle a soulevé les objections, nous dirions presque les réclama- tions d'un certain nombre d'amateurs, qui ont pris la défense de leurs plantes favorites et ont refusé de nous fournir une liste de proscription. « Tous les Cypripedium méritent d'être cultivés, nous écrit M. Otto Ballif; le modeste Calceolus ainsi que le honteux tnrpe ont aussi leur charme. » — « Chaque plante a son intérêt et son cachet, » dit M. Masereel. « Aucun ne me semble mauvais, » déclare M. Van Cauwelaert, et M. Miteau exprime l'avis que « tous les Cypripedium même les plus laids ont un mérite particulier. N'en eussent-ils pas d'autre que de faire valoir les variétés réputées incontestable- ment belles, qu'ils devraient encore être jugés dignes de trouver place dans toute collection d'amateur. » Bien d'autres réponses encore nous ont apporté des professions de foi semblables. Cette impression générale, est-il besoin de le dire, n'a rien qui nous déplaise. Comme nous l'écrivions au début de ce compte-rendu, notre but a été surtout de fixer en quelque sorte l'opinion par ce plébiscite, de renseigner et de guider les amateurs qui, après avoir subi l'entraînement de la vogue, se demandaient si e^le était justifiée, si elle reposait sur une base sérieuse, ou si les Cypripe- dium allaient être oubliés et disparaître dans l'ombre. Quelques personnes, peu au courant des introductions nouvelles et des hybrides mis au commerce récem- ment, ou mal guidées dans leurs tentatives, pouvaient avoir entrepris la cul- ture d'espèces inférieures; il était utile de leur indiquer leur erreur, de les mettre en garde contre les plantes mauvaises. Eh bien ! ces amateurs peuvent être rassurés : la grande majorité des cultivateurs répondent avec l'autorité que leur donne leur expérience, qu'il n'en est pas de mauvaises. S'il convient d'en écarter quelques-unes, ce sont, comme l'écrit M. Wallaert, « celles à teintes neutres ou incertaines, à moins qu'elles ne puissent fixer l'attention par des formes étranges ou nouvelles. » C'est-à-dire que le genre est assez riche en belles espèces ou variétés pour que nous puissions nous montrer difficiles et n'accueillir que les plus saillantes. A ce point de vue nos lecteurs rece- vront satisfaction complète dans la réponse aux deux premières questions, qui leur fournira une liste autorisée de cinquante espèces ou variétés incontestable- ment dignes de leur choix. 62 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES Il était opportun, croyons-nous — et le dépouillement de ce plébiscite nous confirme pleinement dans cette pensée — il était opportun de faire le départ entre deux tendances, non pas opposées, mais différentes. Les acheteurs de fleurs coupées ou même les acheteurs de plantes qui se préoccupent seulement d'orner leur appartement ou leur table, n'ont pas tout à fait les mêmes préfé- rences, les mêmes prédilections que nous autres cultivateurs, qui nous pas- sionnons pour les conquêtes difficiles, pour les plantes que nous avons vues se développer par nos soins, que nous avons sauvées parfois, ou introduites, ou découvertes ou gagnées de semis. C'est, d'un côté, la recherche du gracieux, de l'élégant, le goût de la parure, en somme, car S'^ Mousseline a étendu jusque là son empire; de l'autre, l'amour de l'art, de l'inconnu, et un peu du mer- veilleux. Or nous risquons peut-être, comme on risque aussi de l'autre côté, de devenir insensiblement trop exclusifs. Habitués aux émotions, aux vives jouissances des explorations lointaines, des cultures à instituer, des espèces nouvelles à découvrir, puis à établir, nous nous laissons aller quelquefois à négliger ce que d'autres admirent. C'est ainsi que Sir Trevor Lawrence, un des premiers amateurs d'Angleterre, si pas le principal, nous exprime l'avis que « les hybrides de Cypripedium encombrent nos serres plus qu'ils ne les embellissent. Il y en a de très beaux, ajoute-t-il, tels que le C. Leeanum, le C. Morganiae et d'autres ; mais la plupart n'ont qu'une valeur ornementale très mince. » Nous en voyons en effet plusieurs occuper dans notre liste un rang des plus honorables; et c'est justice, puisqu'il s'agit avant tout de rechercher les cinquante espèces ou variétés les plus belles. Mais on ne peut se dissimuler aussi que l'accroissement excessif du nombre des hybrides risque d'effrayer un peu les amateurs et de les noyer dans une complication qu'ils renonce- raient finalement à démêler. C'est une crainte dont nous trouvons également l'expression dans la lettre de M. Martin Cahuzac, que nous regrettons de ne pouvoir reproduire ici. Nous croyons utile d'appeler sur ce sujet l'attention des amateurs d'Orchidées. De même aussi nous nous laissons parfois aller à mettre au premier rang les espèces très rares ou les monstruosités botaniques, au détriment de la grâce artistique ou de l'éclat du coloris. Nous risquerions de ne pas être suivis dans cette voie. En résumé, il ne faut pas que l'une des deux tendances dont nous parlons risque de tuer l'autre ou même de l'effaroucher. Le domaine est assez vaste pour que chacune puisse s'y satisfaire amplement. Il suffît de leur assigner leur part. C'était là le but, et aussi, croyons-nous, la réelle utilité de ce plébiscite. i*' MAI i8go 63 REMPOTAGE DES ORCHIDEES II. — Cattleya et Laelia L'époque la plus propice pour le rempotage de ces deux genres est celle qui suit la période de repos, et où le retour de la vie se manifeste par l'apparition de nouvelles racines. Il n'est pas possible par conséquent de fixer cette opé- ration à une certaine époque de l'année, d'une manière générale, et de sou- mettre toutes les plantes à cette règle, car les diverses espèces entrent en floraison et en croissance à des dates très différentes, qui se répartissent sur la plus grande partie de l'année. Le cultivateur qui veille sur ses plantes avec sollicitude, et qui sait les observer, reconnaîtra sans peine le moment favorable. Ajoutons cependant que cette transplantation peut parfois devenir nécessaire en dehors de l'époque que nous indiquons. Lorsqu'une plante dépérit et s'affai- blit pour des raisons quelconques, il peut arriver que le rempotage s'impose, d'une façon exceptionnelle, comme une ressource extrême pour la sauver. Mais il ne faut recourir à cette opération qu'avec la plus grande circonspection. Lorsque le moment favorable est arrivé, il est bon, avant de rempoter les plantes, de les laver avec une solution diluée de nicotine. Nous recomman- derons de faire ce lavage très complet, très minutieux même, et de passer en revue les replis des feuilles et les endroits couverts, où pourraient se dissi- muler des insectes. On les chassera aisément par un lavage abondamment pratiqué. Quant à l'arrosage, il convient de le supprimer pendant quelques jours avant le rempotage. Il arrive fréquemment que les racines se collent aux parois des pots ou des corbeilles. On les détachera plus facilement quand le compost sera bien sec. C'est une opération des plus délicates, et l'on devra y procéder avec beaucoup de patience et de soin pour ne pas blesser les racines. La plante étant alors enlevée du pot, on retire tout ce qu'on peut détacher de compost, en observant toujours la même prudence; puis on retranche des racines toutes les parties mortes ou pourries. Il faut pour cela se servir d'un 64 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES couteau parfaitement aiguisé, afin que les plaies présentent une surface aussi petite et aussi nette que possible, et que, par suite, la cicatrisation se fasse rapidement. Pour les Cattleya et Laelia (à part le Laelia du Mexique, dont nous nous occuperons plus loin) le meilleur compost consiste en un mélange de bonne terre fibreuse pour les deux tiers, et, pour un tiers, de sphagnum frais, qu'il sera bon de laver au préalable, s'il contient quelques impuretés. Les deux matières seront hachées (pas trop fin cependant), puis mélangées ensemble, et elles seront alors prêtes à être employées. Lorsque l'on n'a qu'un espace restreint et que les matériaux sont exposés à une température basse, il faut les placer quelque temps, avant de les employer, dans l'endroit où se trouvent les plantes elles mêmes afin de les amener à la même température qu'elles. C'est un point important; car il arrive fréquem- ment que l'emploi de matériaux trop froids fait dépérir des plantes parfaite- ment saines et vigoureuses au moment du rempotage; et comme ces fâcheuses conséquences n'apparaissent pas immédiatement, la véritable cause du mal reste la plupart du temps inconnue et inexpliquée, et l'accident est mis sur le compte des pauvres plantes qui n'en peuvent mais. La culture en pots est la plus recommandable pour les Cattleya, excepté les C. Aclandiae, citrina, marginata, superba, Walkeriana, nohilior et quelques autres espèces à petits bulbes. C'est également celle qui convient le mieux aux Laelia des espèces vigoureuses, tels que les L. elegans, purpurata, Perrini, etc.. Quant aux espèces du Mexique, comme les L. anceps et autumnalis, la culture en corbeilles donnera de meilleurs résultats. Ajoutons que, dans le compost, on devra faire entrer moins de sphagnum, ou même le supprimer complètement, car il a l'inconvénient de conserver trop longtemps l'humidité, ce qui amènerait bientôt la pourriture des racines. Il faudra, pour la même raison, mélanger à la terre fibreuse des tessons de pots, afin d'établir une porosité suffisante. L'étude des conditions, climatériques et autres, dans lesquelles croissent ces plantes fournira d'ailleurs sur ces divers points des indications précises et complètes. Les Laelia alhida, majalis, et quelques autres espèces à petits bulbes, ainsi que les Cattleya Dayana, Pinelli, praestans, etc., prospèrent bien sur bloc. Le point capital, pour réussir, consiste dans un drainage puissant; faute de ce soin, il serait impossible de maintenir les racines en bon état; et la maladie des racines met en danger la vie même de la plante. Des milliers de plantes I^' MAI 1890 65 meurent prématurément, à cause de la négligence apportée à l'observation de cette règle si simple. Un second point d'une importance également considérable, c'est d'entretenir la plus grande propreté. Il faut laver soigneusement les pots et les corbeilles qui ont déjà servi; quant à ceux qui sont neufs, il faut veiller à ce qu'ils ne soient pas trop secs, parce que leurs pores absorberaient rapidement toute l'humidité et dessécheraient ainsi la plante. Aussi sera-t-il bon de les plonger dans l'eau pendant quelques instants avant de les employer. On remplira les pots aux deux tiers avec des tessons bien propres, que l'on recouvrira d'une couche de sphagnum, pour empêcher l'engorgement du drainage par de petits morceaux de terre fibreuse. Il n'est pas bon d'employer des pots trop grands; il vaut mieux rempoter les plantes tous les ans. Le renouvellement du compost a une importance bien plus grande, pour leur croissance, que le grand espace donné aux racines. Beaucoup de personnes croient en employait ce procédé donner plus de vigueur à leurs plantes; c'est souvent le contraire qui se produit. On exhaussera la plante dans le pot plus ou moins, selon sa grosseur, et l'on aura soin de ne pas couvrir de terre la base des bulbes. Si la plante est trop forte ou trop faible pour tenir solidement fixée dans le compost, on la conso- lidera au moyen de tuteurs, que l'on disposera avec grand soin. Ils rendront les plus grands services en facihtant notablement la croissance de la plante. On place délicatement les racines dans le pot ou la corbeillle, et l'on empote la plante assez solidement, selon sa grosseur et sa vigueur. Puis on arrose légèrement la surface du compost, et on l'arrondit en la pressant avec le plan- toir. Les vases acquièrent ainsi à peu de frais un aspect plus élégant et plus propre. Les Laelia cultivés sur bloc doivent être déplacés le moins souvent possible. Ce n'est guère qu'en cas de nécessité absolue, quand le bloc est pourri, qu'il faut le renouveler, non sans prendre le plus grand soin des racines. On couvrira d'abord le bloc d'un peu de terre fibreuse et l'on fixera dessus la plante dans la position convenable au moyen de fil de laiton ou de cuivre. La plante une fois rempotée, il convient de prendre de grandes précautions pour l'arrosage; un excès d'eau peut avoir promptement des conséquences funestes. D'ailleurs, sur ce point encore, la pratique et une observation sagace apprendront bientôt au cultivateur à discerner les besoins de ses plantes. 66 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES TRAVAUX DE LA PREMIÈRE QUINZAINE DE MAI La période de repos a pris entièrement fin, et c'est plaisir de voir la vie reparaître dans les cultures. Pour seconder ce retour d'activité, il faut aux plantes un air frais, de la chaleur et de l'humidité, sans excès de l'une ni de l'autre; car dans le premier cas la sécheresse ferait jaunir et rider les feuilles, et dans le second cas, les taches ne tarderaient pas à apparaître. Il faut éviter également de donner trop de jour, ce qui produirait le gonflement et la des- quammation des feuilles. En abritant la serre à certaines heures, on conservera l'humidité de l'atmosphère, et l'on protégera en même temps les plantes contre les rayons directs du soleil. Dans la serre des Odontoglossum, il faut de l'humidité, une lumière atténuée, et très peu de chauffage, sauf la nuit, et dans le cas où la température exté- rieure deviendrait exceptionnellement froide. En temps ordinaire, on peut à l'époque où nous sommes, donner de l'air abondamment dans les serres. On devra maintenir désormais la température un peu plus haute pendant la nuit. On pourra la fixer, à six heures du matin, à 20° pour la serre chaude, 16° pour celle des Dendrobiwn et pour celle des Cattleya, 12° environ pour celle des Odontoglossum. Nous employons des désignations suffisamment claires, et faciles à retenir. Il va sans dire que l'on peut établir d'autres divisions des serres, et régler la température en conséquence. Il est peut être utile d'indiquer ici que certaines espèces d'Orchidées semblent réussir particulièrement dans des paniers peu profonds ou des corbeilles de bois suspendues à la toiture de la serre, ou encore fixées sur bloc, et sus- pendues d'une façon analogue. Il est même probable qu'avec la majorité des épiphytes cette disposition donnerait d'excellents résultats. Toutefois nos serres actuelles étant surtout aménagées en vue de la culture en pots, on continue de la pratiquer dans la plupart des cas. Beaucoup de plantes s'en trouvent bien, et il n'est pas besoin de changer leur traitement; mais il en est qui paraissent rechercher l'air et la lumière; les Dendrobium, notamment, sont toujours plus vigoureux et plus florissants, lorsqu'ils sont cultivés près I" MAI 1890 67 du vitrage, que lorsqu'ils sont placés sur des tablettes dans des serres hautes et vastes. Il en est de même des Phaloenopsis et de bien d'autres Orchidées. — Celles là devront absolument être rapprochées des vitres. Il résulte de ces observations que lors de la construction d'une nouvelle serre, on devra s'attacher surtout à la faire aussi basse de toiture que le permettra la hauteur des plantes qu'on se proposera d'y cultiver. De cette façon, il faudra beaucoup moins de chauffage, et par suite l'atmosphère retiendra plus d'hu- midité. Il est aussi fort bon d'élever les Orchidées sur des pots, sur des colonnettes, ou par tout autre expédient, pour les rapprocher des vitres, et pour le coup d'œil c'est d'un effet charmant, quand elles sont espacées et placées avec goût. Remarquons toutefois que les Orchidées qui sont près du vitrage se des- sèchent plus rapidement que les autres; et comme elles sont plus difficiles à surveiller, elles risquent d'être oubliées ou négligées. A cette époque de l'année, il faut donc les examiner tous les jours. Il y en aura peu, sans doute, qui ne réclameront pas d'eau; si on les laissait se dessécher trop, elles pour- raient être retardées dans leur végétation. Les Dendrobium, les Cattleya, quelques Laelia, les Phaloenopsis, les Aerides, les Vanda, les Stanhopea, les Catasetum, les Acineta, les HouUetia et quelques autres genres peuvent être cultivés parfaitement en paniers; les Cypripedium et toutes les Orchidées terrestres doivent l'être exclusivement en pots. Dans la serre chaude, celle des Aerides et des Vanda, on peut placer, en cette saison, beaucoup de Cypripedium, quoique cette serre soit plutôt un peu trop chaude pour eux et pas assez aérée, si elle est réservée spécialement à ces Orchidées indiennes ainsi qu'aux Saccolabium et Phaloenopsis. La serre des Cypripedium doit être intermédiaire entre la serre aux Vanda et celle des Cattleya à cette époque de l'année. Dans la serre chaude, on devra les mettre à l'endroit le plus ombragé, et l'on placera sous les tablettes de grosses scories de houille ou du gravier, qui puissent retenir l'eau d'arrosage, et entretenir une atmosphère constamment humide. Un certain nombre de Cypripedium sont actuellement en fleurs ou en boutons. Dans cet état, il est préférable de ne pas toucher à leurs racines; mais dès que les fleurs sont passées, il faut se hâter de faire les rempotages nécessaires. L'époque de la floraison et celle qui suit immédiatement, sont les seuls moments où la croissance semble s'interrompre, où le repos paraît complet; c'est celle qui convient le mieux pour le rempotage. 68 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES Les C. Lowi, Stonei, Parishi, praestans, EllioUianwn, laevigattim et Haynal- dianum sont des espèces vigoureuses, donnant des tiges de trois à sept fleurs. On pourra les cultiver dans la serre chaude aérée ; mais les villosum, Boxalli, caudatwn et hirsiUissimwn, ainsi que les variétés de barbatum, Dayanum, super- biens, Sedeni, Schroederae, grande, Roezli, Dominianum, etc., réclament une serre un peu plus tempérée. Les insigne, Sallieri, Arthur ianum, prospèrent dans la serre froide, et fleuriront abondamment si l'on peut les mettre à la fin de l'été dans un endroit où ils aient beaucoup de soleil. Lorsque le moment sera venu de procéder à leur rempotage, on remplira les pots à moitié avec des tessons, que l'on placera un à un, pour avoir un excel- lent drainage ; on se servira ensuite de terre fibreuse et de sphagnum parfaite- ment mélangés. On pressera modérément, pour que les racines puissent pousser rapidement à travers les matériaux, et que la plante soit bientôt établie. On arrosera abondamment dès que les nouvelles racines apparaîtront, et à l'occasion l'on pourra asperger d'eau le feuillage. Nous publierons prochainement quelques notes spécialement consacrées au rempotage des Cypripedium. Nous sommes, en mai, dans la grande époque de végétation de la plupart des Orchidées. Les plantes devront être peu dérangées en cette saison. Les seuls soins du jardinier consisteront dans la surveillance de l'humidité, de la chaleur nocturne et de l'aération suivant l'intensité de l'atmosphère extérieure. La propreté des serres, des plantes et des pots, sera surveillée d'une façon très rigoureuse. Elle est de toutes les saisons. CHRONIQUE ORCHIDÉENNE MENSUELLE. — L'importance des déve- loppements pris par le Plébiscite des Cypripedium, dont nous donnons plus haut le compte-rendu, nous oblige à supprimer pour cette fois la Chronique Orchi- déenne mensuelle, et à remettre au prochain numéro plusieurs articles de nos collaborateurs. ANNONCES AU PARC LEOPOLD èi :^ fi X7 :x: £3 lui n. DEMANDE A ACHETER „, DE FORTS EXEMPLAIRES DE CYPRIPEDIUM f rnrgçig.lgiJlJpCïïgCfiaiJifijLnpj[îîiaiHïaCiplCû3lJirg ANNONCES Page ou division de page à louer L ILLUSTRATION HORTICOLE REVUE MENSUELLE DES PLANTES LES PLUS REMARQUABLES DES INTRODUCTIONS NOUVELLES ET DES FAITS LES PLUS INTÉRESSANTS DE L'HORTICULTURE Oîrecteur : •!. L. I r%I O E I\I ADMINISTKATEUR REDACTEUR COLLABORATION DE BOTANISTES ET HORTICULTEURS ÉMINENTS Prix de l'abonnement, payable d'avance : Par volume de 12 livraisons (de janvier à décembre) envoyées chacune franco par la poste Pour toute l'union postale, 30 francs On s'abonne à radminislralion de L'ILLUSTRATION HORTICOLE 'T^O, rue ^[Viertz, à Bi*ux:elles ainsi que chez les princi'paux libraires de Belgique et de Vétranger Envoi franco d'une livraison-spécimen sur demande affranchie accompagnée de 3 francs en timbres-poste. SPECIALITE DE CRISTAUX RICHES ET ORDLNAIRES \fAM^ St-Lil.llIBERX Belgique] 58, Montagne de la Cour BRUXELLES GRAND ASSORTIMENT DE FANTAISIES ARTICLES DE SAXE Porcelaines et Faïences Françaises, Anglaises, Belges, etc. Services de Table en faïence, 77 pièces depuis 35 francs Services de Table en cristal, G2 pièces, depuis 30 francs La Maison se charge de faire exéculer loiis les travaux qui lui seront demandés, soil d'après des dessins ou d'autres rensei^nenicnls. Case à louer TERRE FIBREUSE ET SPHAGNUM Prix les plus réduits^ défiant toute conciD'rence Adolphe BRAHY-MARCHAL à GHANLY (Belgique) FOURNISSEUR DE L'HORTICULTURE INTERNATIONALE à Bruxelles li. D'HONDT Rue des Douze Chambres, 127, Gand CONSTRUCTEUR DE SERRES EN FER GRILLAGES, PONTS, etc. MAISON FONDEE EN 1850 Atelier de construction pour Fojers, Fourneaux et chauffage en tous genres Priac et renseignements sur demande. CH. BUSS Rue d'Akkergem, no eo, Gil.IWD USINE A VAPEUR POUR LA CONSTRUCTION DE SERRES Iiislallalion complèle de tous systèmes de Serres, Plans et Devis SERRKS A VIGi\ES, A ORCHIDÉES ET A MULTIPLICATION COUCHES A LÉGUMES ET A FLEURS. — ABRIS VITRÉS MOBILES POUR PÊCHERS Claies et lattis roulants de tous modèles et grandeurs 150 MEDAILLES WJL EXPOSITIOMS DU PAYS ET DE li'ÉTBAIVGER 1885 — Médaille d'Argenl à l'Exposition Uoiverselle d'Anvers — 1885 CONSTRUCTION D'APPAREILS DE CHAUFFAGE A EAU CHAUDE ET A VAPEUR POUR SERRES & BATIMENTS Atelier de construction de Ponts et Serres en fer CHAUDRONNERIE EN FER MÉDAILLES OBTENUES A DIVERSES EXPOSITIONS ED. VAN HEDDEGHEM CONSTRUCTEUR \\m Merlens, Fauboui'y (l'Anvers Case à louer GRANDE SPÉCIALITÉ D'OUTILS ET INSTRUMENTS AGRICOLES ET HORTICO LES Seringues, Arrosoirs, Coupe-bordures, Échenil- loirs. Sécateurs de toutes sortes. Serpettes, Greffoirs, Pelles et Bêches pour jardinage et drainage. Râteaux, Rasettes, Plantoirs, Fau- cheuses, etc. QUINCAILLERIE GENERALE ARTICLES DE MÉNAGE ET DE CHAUFFAGE Fil de fer galvanisé, Clous, etc., etc. M. LIIMDEKENS 292, Chaussée de Wavre, BRUXELLES. a, 1- Année. 15 MAI 1890 Numéros. ^ LE ^ JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE nm^m de culture LUCIEN LINDEN Adiïiinistrateur-Diiecteur de L'Horticulture Internationale Secrétaire de L'Orchidéenne AVEC LA COLLABORATION DE MM. J. LijiDEN, Comle du Blysson, de Lansbehge, (1. Warocqué, R. A. ROLFE, G. MlTEAU, ÉM. RoDICAS, P. K. DE Plydt, N. Fl>ck, E. Wallaert, p. GloiNer, g. JoRis, A. Van I.msciidot, Fr. Desbois, A. Lfnden, E. S. Raind, D"- Van Calwelaert, E. BriNt.EROïH, Ch. Vasseur, James O'Brien, Jules Hye, R. 3L\nTi.N Cahuzac, D-- Capart, Comte de Bousies, Alf. Bleu, J. du Tiueu de Terdonck, A. Lallemand, A. Cogniaux, Max Garisier, Em. Pierrët, p. Silver, J.Moens, L. Lubbers, A. Dalliére, Comte de Morais, O.Ballif, C. Ellner, F.Kegeljan, D.Massange de Louvrex, A. DE LA Devamsayë, Fl. Claes, de Meulenaere, Charles André, etc. Prix de l'Abonnement : 10 francs par an Parait le l^^' et le lî> de diaqiie mois v^. AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES DANS TOUS LES BUREAUX DE POSTE ET CHEZ TOUS LES IJRRAIRES. ^) _^\^ xt,S)~ Ganil, inipr. Eiiçr. VaiuîerUaeghen. (C;i^J LINDENIA lOONOŒÏlAl^HIE DES OÏICÏÏLIDÉES PUBLICATIOX MENSUELLE IN-FOLIO Chaque livraison contient qiiatre belles planches richement coloriées Directeur: J LINDEN Rédacteurs : LUCIEN LINDEN, EMILE RODIGAS et R. A. ROLFE Abonnement pour le volume en cours : 60 fr. pour les 12 livraisons payables par anticipation Bureaux : 100, Rue Belliard, à Bruxelles Le plus beau, le plus exact et le meilleur marché des ouvrages de luxe périodiques spéciaux aux Orchidées ^ COMPOSITION DES LIVRAISONS PARUES Voluiixie Ai'iaiillins Lcoiiis, Aci'ides maciilosum var. l'orniosiim, Acriilcs odovaliiin var. Dciiiidolli. Aeriilcs Keicliciiliaclii. Aji'anisia tricolor. (^ialasetum discolor, ('«alascluiii lij;riiinm. Caltlcva aiuca, (latllcya .;;iillala var. Icupardiiia. (lalllcya Lawioiu'caiia. C-altleya Malouaiia. Catllcya niaxima var. Hrul>yaiia. (laltlcya noliilior var. Hiif^iicnyi, Callleya l'crci- valiana var. Hoiclicnljaclii. C-allIcya Trianac vai'. allia. tlii. (ialasclimi sjalciiliiin. Call- loya gigas. (îallloya Kimhalliaiia. (".alllcyi Mcinlcli. Oalllc^a Schilloiiana var. Anialiaiia. r.oi'lofjyiic |iaii(liirala. (;y|ifi|ii'- dium fallosiini, (Apripcdiiim inicrochiliim. {'-y|iri|)i'(liitiii Salliri'i, Cypripodium toukinciisc. DciidroliiiiDi liiaclcosmii. Deiidrobiiim inaiiditmii. Kpidcndiiim !«aiiiliaiuiiii. (ialcaiidia Devdiiiana var. Dol[>liiiia. (Jalcamlra llavcnla. Laclia (•Icg.iiis var. Hoiitteana. Masdovallia Wilclii. Millmiia spcclahilis var. linonla. (Iiicidiiiiii ciicullahiin. Oiiciilitnn .loiicsianiiiii. Oiici- «31,10 Voluiïie modia. Ansellia 1 diuni Warscowic/.i. Odoiildalossuin .\loxandrao var. (aitse- iiiiaimm. ()d(uil(i{;l(issiiin ('.(iradiiici granditlorum. OiloiilD- jjldssiiiii grande. (Idoiildgldssiini Liiciaiiiaiuim. OdonUi- j;ii)ssiim liilcii-piiipurciiiii. ((donlogliissmii U(j('zli. (Jdonlo- j;li)ssiiiii Scliillcriaiiiini. l'Iialaciiopsis amabilis, IMialacnopsis l.iiddciiiaiiiiiana. IMialacnopsis Sninalrana. Piluinna nubilis, Saicnlaliinin giganlcuni \:>\-. illnslrc. Sclcnipidiuni candalnm giganlcnni. Sclcnipcdinni Silir(idora<^ var. splcndons, Spa- llioglnllis idicata. Slaninipca ligrina. Trichocenlrum ali)o- pui'pnrcuni var slrialiiin. Vanda Lindcni. Vanda suavis var. Lindi'iii. Zvgopclalnni nislralinii. ;çiii.. Vol lime Acridcs Ficidingi. Ani'anllics grandiilora. Aerides Houllc- lianum. Agaiiisia cyaiica, Angracnim Lillirnslacliys' Srdcni. Angidoa iinillora. IJrassavdla ciicullala vai'. cuspidala. Hulho- plivllnni granililldrmii. Calasolnm Biingcrotlii var. aurcuni, (".alascluin Biingrrollii var. Pdllsiannni. ('ialas(>liim dccipions, C.atasotuni pidclirnni. Calllcya (iilicziao. Caltlcya laliiata var. aiilnninalis, C.illlcya virginalis. (lleisdsliima crassitVditini. Cvpi'ipcdiuni Ai'ilinrianuni \ar. pallidnni. Cyjniih'diLini Can Marliaiinm. ('-ypripi' E I\l ADMINISTRATEUE LUCIEN LIIVOEIV REDACTEUU ÉmiILE RODIONS COLLABORATION DE BOTANISTES ET HORTICULTEURS ÉMINENTS Prix de l'abonnement, payable d'avance : Par volume de 12 livraisons (de janvier à décembre) envoyées chacune franco par la poste Pour toute l'union postale, 30 francs On s'abonne à radminislralion de L'ILLUSTRATION HORTICOLE >0, rue l^îertz, à Brux:elles ainsi que chez les principaux libraires de Belgique et de Vétranger Envoi franco d'une livraison-spécimen sur demande affranchie accompagnée de 3 francs en timbres-poste. SPECIALITE DE CRISTAUX RICHES ET ORDINAIRES VAL St-LA.A10ERX Belgique) 68, Montagne de la Cour BRUXELLES GRAND ASSORTIMENT DE FANTAISIES ARTICLES DE SAXE Porcelaines et Faïences Françaises, Anglaises, Belges, etc. Services de Table en faience, 77 pièces depuis 35 francs Services de Table en cristal, 62 pièces, depuis 30 francs La Maison se cliarge de faire exéciiler Ions les Iravaux qui lui seionl demandés, soil d'après des dessins ou d'autres renseisnenienls. FLEURS D'ORCHIDÉES Les relations du JOURNAL DES ORCHIDÉES avec les amateurs et cul- tivateurs tVOrchidées qui vendent des fleurs coupées, lui permettent d'indi- quer, en tout temps, aux intéressés où ils peuvent se les procurer. S'adresser pour la Vente et l'Achat au bureau du Journal (pii se fera un plaisir de fournir sans aucune comniission, tous les ren- seignements utiles. TERRE FIBREUSE ET SPHAGNUM P7'ix les plus réchiils, défiant toute conciin-ence Adolphe BRAHY-MARCHÂL à, GHANLY (Belgique^ FOURNISSEUR DK L'HORTICULTURE INTERNATIONALE à Bruxelles H. D'HONDT Rue des Douze Chambres, 127, Gand CONSTRUCTEUR DE SERRES EN FER GRILLx^GES, POiNTS, etc. Atelier de construction pour Foyers, Fourneaux et chauffage en tous genres Prix et renseignements sur demande. MAISON FONDEE EN 1850 CH. 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Moens, L. Lubbers, A. Dalliére, Comte de Moran, O.Ballif, C.Ellner.F.Kegelian, D.Massaisge de Louvrex, A. de la Devansaye, Fl. Claes, de Meulenaere, Charles A:sdré, cIc. Prix de rAbonnement : 10 francs par an Paraît le 1<^' et le 13 de clxaqvxe mois AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES DANS TOUS LES BUREAUX DE POSTE ET CHEZ TOUS LES LIBRAIRES. .Cl'î (fl'5 ■ L "v'-jT— Ganil, inipr. Eiig. A'anderbaetîlien. (Qr LINDENIA lOOISrOGM^^l^IIIB DES OÏIOHIDÉES PUBLICATION MENSUELLE IN-FOLIO Ohaque livraison contient quatre belles planches richement coloriées Directeur: J LINDEN Rédacteurs : LUCIEN LINDEN, EMILE RODIGAS et R. A. ROLFE Abonnement pour le volume en cours : 60 fr. pour les 12 livraisons payables par anticipation Bureaux : 100, Rue Belliard, à Bruxelles Le plus beaUj le plus exact et le meilleur marché des ouvrages de luxe périodiques spéciaux aux Orchidées » COMPOSITION DES LIVRAISONS PARUES 1er \rolriiïie Acranlluis Leonis, Aerides maculosuni var. formosuiii, Aei'ides odoratum var. Demidoftî. Aerides Rciilionl)nclii. Aganisia Iricolor, Calasetum discolor, Catasetum tigrinum. Cattleya aurea, Cattlcya gultala var. Icupardina. Caltleya Lawrenceana . Cattlcya Malouana, Cattlcya maxinia var. Hrubyana, Cattleya nobilior var. Huguenyi. Cattleya Perci- valiaiia var. Rciclieiibachi, Cattleya Trianae vai-, alba. Catt- lcya Trianac vai'. .\nnac, Clcisosloma Guibcrti, Cypripcdiitm Druryi, Cypripediuni Lawrenceanum var. Hyeaniim. Cypri- pedium œnanthum superbtim. Cypripedium selligerum majus, Cvpripedium tessellatum vai. porphyreum. Dendrobium Fal- concri. Dendrobium stratiotcs, Dendrobium tbvrsitlorum. Epideiidrum paniculaluni Masdevallia Lindeni var. grandi- llora. Masdevallia Roezli. Oncidium Laiiceanum var. super- bum. Oncidium Limminghei, Odontoglossum Alexandrae. Odonloglossum nevadense, Odontoglossum ramosissimum. Odontoglossum rubcscens, Odontoglossum Ruckerianum. Odontoglossum vcxillarium var. purpurcum, Odontoglossum Wilckeanum albens. Papbinia cristata var. Randi. Phalae- nopsis Sanderiana. Piialacnopsis Stuartiana var. punctulata. Restrepia antennifera. Selcnfpedium reticulatum. Spatho- gloltis Augusiorum. Trichocentrum tigrinum var. splendens. Trichopilia suavis. Vanda Roxalli, VandaDennisoniana.Vanda Sanderiana var. labellu viridi. amc Volume Angraecum Ellisi, Anguloa Ruckori var. média. Ansellia congoensis. liollca pulvinan's. Brassia raudaln. C,alanllic Rpgiiicri. Calasetiiin Bungt-rollii. Calasctiim galeriltim. Calt- leya gigas, Calllcya Kimltalliana, ("ialllcya Mondcli. i-alllcya Schilleriana var. Amaliaiia. ('ioolugyno pandurala. (',y|>ri[io- diiim callosum, (îyitripediniii niic'i'ochilum. (lypripcdiiim Sallicii, (îypi'ipcMliiim lonkii)oiisp, Dciidrohium hiaclfosnin, Dcndi'iil)iiiiii inaiiditiim. Epidciidiiiii) Handianiiin. (ialoandra Dpvoniana var. Dciphina. (lalrainli-a llavcola. I.aclia r-lcgaiis var. Hoiilleana. Masdevallia Vcilclii. Millonia .sprciahilis var. lincata, Oiicidiuni cucoliatuin. Oiuidiuni Juncsiaiiiim, Onci- dium Warscewiczi. Odontoglossum Alexandrae var. Cutse- miaiuim. Odontoglossum Coradinoi graiidiflorum. Odonto- jjlossnin grande, ((doiiloglossuin Luciaiiianum, Odonto- glossum Inleo-purpni'cnm. Odontoglossum Roezii. Odonto- glossum Schillctiannm. Plialacnopsis amabilis, Phalaenopsis liiidd(Miianniana. IMialacnopsis Siimalrana. Pilumna nobilis, Saccolahium gig.intoiim vai. illustre. Sclenipedium candatum giganliMim. Sflcnipcdium IScliroderac var. splendens. Spa- ihogloltis plicata. .Staniio[>ca ligrina. Tricliocenlrum alho- f)urpnreum var strialum, Vanda Lindcni. Vaiida suavis var. l.indeni, Zygo|)Clalum rostralum. 3me Voluine Aeridcs Fieldingi. .Veranllics grandillora, Acridcs Houlle- tianum. .\ganisia cyauea. .\ngraecum Lilhroslacdiys) Sedeni, .\nguloa nnillora, Brassavola cncullala vai'. cuspidala. Bolbo- phyllnm gTandillorum. Oataselum Bungorothi var. aurcum, Catasclum Bungcrotlii vai'. Pottsianum. Calasclum dpcipinns, ("-alasetum pulcliinm. Catllcya Gilieziae, Calllcya labiala var. aulumnalis, Calllcya virginalis. Cleisosloma crassifolium. Cypripedium Artliurianum var. pallidum. Cypripcdium Can- narlianum. Cypripcdium Curtisi. Cypripedium Harrisianum var. superbum. Cypripedium Lceaiium. (Cypripedium Moensi- anum, Cypripedium pracstans. Cypripedium Van Houtlea- num. Cypripedium villosum. Cypiipedium (Selcnipcdium) Wallisi, Dendrobium purpureum var. candidulum, Dendro- bium rulril'erum. Dendrobium strebloceras var. Rossiauum, lonopsis paniculata var. maxima, Masdevallia macrura, Masde- vallia spectrum. Millonia speclabilis Moreliana, Oncidium cheirophorum, Oncidium papilio var. majus, Oncidium Pha- laenopsis. Odontoglossum eilrosmum var. Devansayeanum. Odontoglossum crispum var. fasluosum. Odontoglossum cris- pum var.Trianae. Odontoglossum cuspidatum. Odontoglossum Harryanum , Odontoglossum odoralum var. baphicanlum , Odontoglossum triumphans, Odontoglossum Uro-Skinneri, Paphinia Lindeniana. Papliinia Modiglianiana, Rodriguezia Bungei'othi, Vanda superba. Volixnic Odontoglossum latimaculatum, Cypripedium Mileauanum, Nanodes Medusae, Dendrobium Bensoniae. Cypripedium bellalulum. Aerides (luinquevulnerum. Odontoglossum Glo- nerianum. Oncidium macranthum. Lycasle Skinneri var. alba. Mesospinidium vulcanicum. Epidendrum nemorale. Warrea Lindeniana. Odontoglossum Halli, Cypripedium Mastersia- num. Lépiotes bicolor. Vanda coeiulea, Sophronilis gran- dillora. Odontoglossum radialum . Comparetlia falcala . Oncidium Forbesi maximum. Ciirrhopetalum pulrhrum . Cypripedium Harrisianum vai-. polychromum. Vanda Iricolor, Callleva chocoensis var. Miss Nilsson. Oncidium iridifolium. Polyslachia pubesceiis, Masdevallia tovarensis, Odonloglos- siun Cervantesi lilacinum, Coelogyne cristata var. alba, Sflenipedium caudalum var. Alberlianum, Angraecum ses- quipedale. Millonia (Odonl.) X Bleuana. Odontoglossum Bieiclirôderianum. Odontoglossum Pescatorei var. Lindeni. Odontoglossum Rossi var. Mommi, Odontoglossum Waroc- queanum, Cattleya Mossiae var. Boiisiesiana, Cypripedium Klliollianum. Dendrobium densillorum. Pliaius grandifolius. Thunia Marshalli. .\nguloa Clowesi, Laelia majalis, Cattleya Mossiae var. Warocipieana. ^me Volume (en cours de publication, Aerides Augustianum, Bolbophyllum Lobbi. Calanthe [ > Masuca, Calanthe Veitchi, Calasetum macrocarpum var. chrysanlhum, Cattleya Trianae var. purpurata. Cattleya Triauae var. M'"<^ Marlin-Cahuzac. Cattleya Trianae var. pallida, Cattleya Trianae var. slriala. Cattleya maxima va--. Malouana, Cymbidium Maslersi, Cypripedium barbato- Veitchianum, Cypripedium nitens. Cypripedium orphanum. Dendrobium crumenatum. Dendrobium infudibulum, Den- drobium Mirbelianum, Dendrobium Paxtoni, Dendrobium Wardianum var. Lowi, Epidendrum prismatocarpum. Epi- 10 livraisons parues) dendrum vitellinum. Gongora maculata, HouUelia Brockle- luirstiana, Laelia anceps var. Hyeana. Laelia elegans, Lycasle coslala, Masdevallia ignea, Millonia Blunti var. Lubbersiana, Millonia vexillaria var. superba. Oncidium aurosum, Onci- dium concolor, Oncidium Marshallianum. Odontoglossum Boddaertianum. Odontoglossum Duvivierianum, Odonto- glossum hastilabium. Odontoglossum maxillare, Phalaenopsis Schilleriana. Rodriguezia réfracta, Vanda Kimballiana, Zygo- pctalum inlermedium. Le ^jrzj; des volumes imrus de la « LINDENIA » a été fixé comme suit : {'' YolQme, 125 fr. — 2'"'^ Volume, 100 fr, — 3'"^ Volume, 75 fr. — 4'"*^ Volume, 65 fr. LES QUATRE VOLUMES PRIS ENSEMBLE : 350 FRANCS gme Volume (en cours de publication) : 60 francs S^- ON PEUT S'ABONNER POUR CHAQUE VOLUME SÉPARÉMENT. UN NUMERO SPECIMEN : 6 FRANCS SOMMAIRE DU 6"^ NUMÉRO Pages Chronique Orchidéenne mensuelle 85 Les grandes collections d'amateurs 88 Causerie sur les Orchidées .91 Maladies et parasites 95 La petite serre aux Orchidées 97 (]iilture des Orchidées réputées d'un traitement difficile 99 Travaux de la premièi'e quinzaine de juin 100 L'ORGHIDEENNE SOCIÉTÉ D'AMATEURS D'ORCHIDÉES A Présidents d'Honneur : MM. le baron de BLEICHRÔDER, consul-général de S. M. Britannique, à Berlin, pour l'Allemagne ; J. LINDEN, consul-général honoraire, pour la Belgique; Comte DU BuYSsoN, auteur de VOrchidophile, pour la France; DE LANSBERGE, ancien gouverneur général des Indes Néerlandaises, pour les Pays-Bas SECRETARIAT : 100, RUE BELLIARD, BRUXELLES Comité Directeur : Président : M, G. WAROCQUÉ, membre de la Chambre des Représentants de Belgique; Secrétaire : M. LUCIEN LINDEN, administrateur-directeur de L'Horticulture Internationale. Trésorier : M. J. DU TRIEU DE TERDONCK, propriétaire. Les MEETINGS et EXPOSITIONS MENSUELLES de belles et rares Orchidées ont lieu les deuxièmes Dimanche et Lundi de chaque mois dans le pavillon central de L'Horticulture Internationale^ Parc Léopold, à Bruxelles. LES MEMBRES DU JURY DE L'ORGHIDÉENNE, pour l'année 1890, sont MM. Gomte de Bousies, A. Goor, Jules Hye, Kegeljan, Lallemand, Louis Lubbers, Massange de Louvrex, M. Metdepeinningen, g. Miteau, E. Rodigas, A. Van Imschoot et E. Wallaert. Pour tous les renseignements s'adresser au Secrétariat I" JUIN 1890 85 CHRONIQUE ORCHIDÉENNE MENSUELLE REMERCIMENTS A LA PRESSE. — Le Journal des Orchidées est arrivé aujourd'hui à son sixième numéro, et déjà les encouragements, les nombreuses marques de sympathie qui lui sont parvenus, lui apportent la récompense des efforts accomplis et la certitude de l'avenir. Nous tenons à exprimer nos sincères remercîments à nos collaborateurs d'abord, ensuite à tous ceux qui ont bien voulu nous seconder et faciliter notre tâche par leur bienveillance, aux amateurs ainsi qu'à nos confrères de la presse horticole et particulièrement aux journaux suivants : Gardeners' Chronicle, Gartenflora, Garden and Forest, Journal de vul- garisation de V Horticulture, Revue de l'Horticulture belge et étrangère, Revista Hortîcola, Gardeners' Magazine, Journal of Horticulture, L'Orchidophile, Wiener Illustrirte Gartenzeitung, le Moniteur d'Horticulture, Hamburger Garten- und Blumefizeitung, etc. * * UN COELOGYNE LOWIANA MONSTRE. — Un exemplaire de cette magni- fique espèce, qui se trouve actuellement dans les serres de M. le baron ScHRODER, mesure environ i'"5o de diamètre; il a produit, le mois dernier, vingt-neuf tiges florales, chacune ayant une trentaine de fleurs. Ces fleurs se distinguent, paraît-il, par l'éclatant coloris du labelle. * * * L'ODONTOGLOSSUM LILIFLORUM, en fleurs dans les mêmes serres, et que l'on considère parfois comme une variété de l'O. ramosissimum, ne ressemble guère à un Odontoglossum, et peut être pris au premier abord pour un genre différent. Il produit une tige florale érigée, avec un panicule chargé de fleurs qui sont tachetées de lilas. * * * L'ORCHIDÉENNE. — Le dix-neuvième meeting de cette Société s'est tenu le 1 1 mai avec un éclat tout particulier. Rarement une réunion aussi nom- breuse de belles plantes avait été offerte aux yeux des visiteurs. Nous citerons 86 . LE JOURNAL DES ORCHIDÉES notamment une série de Cattleya Mossiae et Mendeli d'une splendeur merveilleuse, ainsi que trois Orchidées nouvelles du plus grand mérite, que nous croyons devoir signaler à nos lecteurs; ce sont les suivantes : Cattleya Warocqueana Lind. — ■ Un nouveau Cattleya dont les caractères sont assez nettement tranchés pour en faire une espèce distincte. Les fleurs sont grandes et remarquablement belles, d'un violet tendre, avec le labelle d'une riche couleur améthyste pourprée, portant une gracieuse bordure rose. Dendrohiuni Galliceanum Lind. — Encore une nouveauté, également très remarquable. Il produit une large grappe de fleurs bien développées, analogues à celles du D. thyrsiflorum. Toutefois elles s'en distinguent par le labelle, qui est plus grand et d'un orange plus éclatant, avec une belle bordure blanche. Les pétales et les sépales sont aussi plus larges que dans l'autre espèce. Sera figuré prochainement dans la Lindenia. Odontoglossum amabile, exposé par M. J. Hye-Leysen. — C'est un hybride naturel d'une réelle beauté. Il portait une hampe chargée de onze fleurs d'assez grandes dimensions. Les sépales et les pétales sont blancs, pointillés de pourpre-marron; le labelle, jaune, porte au centre plusieurs taches un peu plus grandes. Les plantes exposées à ce meeting étaient tellement variées et remar- quables, que le jury, bien connu cependant pour sa sévérité, a distribué plus de quarante mentions. Un connaisseur, qui s'était rendu à Londres le lendemain pour le meeting de la Royal Horticultural Society, nous écrivait que les Orchidées exposées y jouaient un rôle bien inférieur à celui qu'il venait de voir à L'Orchidéenne. * * L'EXPOSITION DE GAND, ouverte le même jour que celle de L'Orchi- déenne par la Société Royale d'Agriculture et de Botanique, a réuni un grand nombre de plantes remarquables. Nous citerons spécialement deux collections de quarante Orchidées exotiques de choix, exposées par M. Jules Hye-Leysen, qui a obtenu un objet d'art comme premier prix, et par M. Alf. Van Imschoot, qui a reçu une médaille d'or. * * * CATTLEYA MENDELI. — On nous rapporte un fait assez curieux pour être signalé ici, et dont ont été témoins MM. Vervaet & C'^ Ils avaient placé un Cattleya Mendeli, dans leur serre, près d'un tuyau de chauffage de départ. I" JUIN 1890 87 Quand on voulut retirer la plante quelque temps après, on s'aperçut qu'elle avait poussé des racines qui étaient fortement adhérentes au tuyau; or, celui-ci se trouvait pendant tout l'hiver à une température si élevée que l'on ne pouvait y appliquer la main. Ce fait n'est pas inconciliable avec ce que nous connaissons du milieu où ces plantes croissent naturellement, sur les rochers où elles sont brûlées tout le jour par les rayons du soleil tropical. Toutefois c'est un traitement qui diffère quelque peu de celui que nous instituons ordinairement dans nos serres, et nous ne prendrions pas sur nous de le recommander. * * * UN MAGNIFIQUE SPECIMEN de Miltonia vexillaria est, en ce moment, en fleurs dans les serres de L'Horticulture Internationale à Bruxelles. Il porte 37 tiges, donnant un total de 187 fleurs épanouies à la fois, La grande serre aux Cattleya, du même établissement, était magnifique pendant la deuxième quinzaine du mois de mai : plus de douze cents fleurs de Cattleya Mossiae, variétés remarquables, étaient écloses en même temps. C'était un spectacle féerique ! L'EXPOSITION D'HORTICULTURE DE PARIS, ouverte aux Champs Elysées du 21 au 26 mai dernier, a obtenu un très grand succès. Nos plantes préférées y étaient admirablement représentées. Le prix d'honneur du Ministre de l'Agriculture pour la meilleure collection d'Orchidées est échu à MM. Sander et C'^ de Londres. Un de nos collaborateurs, amateur sérieux, nous écrit que la plus haute distinction pour les Orchidées revenait cependant à M. Peeters, de Bruxelles, dont la collection était supérieure sous tous les rapports. La collection de M"^ Block, de Bruxelles, était également fort méritante. La grande attraction de l'Exposition était les Orchidées qui y trônaient en reines comme partout. * * L'HORTICULTURE INTERNATIONALE annonce la mise au commerce, à partir d'aujourd'hui, du nouveau Cattleya Warocqueana, qui fit sensation au dernier Meeting de L'Orchidéenne. C'est une des plus belles introductions de ces dernières années. 88 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES LES GRANDES COLLECTIONS D'AMATEURS I. — Une visite à Mariemont Mariemont est célèbre à bien des points de vue; il l'était autrefois à cause de son château historique, qui a disparu. Il l'est aujourd'hui grâce à l'essor de son industrie, si puissamment développée par la famille Warocqué. Il l'est surtout, pour nous autres orchidophiles, en raison des cultures instituées par M. G. Warocqué, et qui peuvent être citées comme modèle, La culture des Orchidées, particulièrement, y a reçu une grande extension et atteint une splendeur incomparable. C'est pour les amateurs un véritable pèlerinage, aussi instructif que séduisant. Pour nous, nous sommes revenus de notre visite réellement émerveillés. Nous avions eu, d'ailleurs, la bonne fortune de la faire dans des conditions particulièrement intéressantes. Nous accom- pagnâmes à Mariemont M. Warocqué, qui voulait bien nous faire les honneurs de son domaine. Son premier soin, en arrivant, est d'aller promener partout le coup d'œil du maître, et surtout de rendre visite à ses chères Orchidées ; nous le suivîmes dans cette tournée, et nous pûmes constater, dès la première serre, que' le président de l'Orchidéenne dirige lui-même ses cultures, qu'il connaît admirablement ses plantes et leurs besoins. Ce n'est pas une sinécure que l'état de millionnaire. Cette réflexion s'impose immédiatement à l'esprit en descendant du train. Vous apercevez près de vous, vous touchez de la main les bâtiments des mines, avec leurs hautes cheminées enveloppées de fumée et les wagonnets emportant au loin le charbon, et qui fonctionnent nuit et jour; vous êtes saisis à la gorge par une vapeur épaisse, noire de suie. Puis vous faites quelques pas, vous êtes à la porte du parc; vous entrez, et vous respirez l'air le plus pur, le plus frais, le plus parfumé. Le château, il est vrai, est situé sur le sommet d'une petite éminence, d'où la vue s'étend à l'infini; et puis une longue série d'arbres en fleurs, qui encadrent les pelouses, envoient à tous les vents leurs effluves. Mais nous ne pouvons pas croire que cela suffise à transformer si complète- i" JUIN i8go 8g ment l'atmosphère; il doit y avoir là quelque sorcellerie d'un magicien habitué à voir réaliser tous ses désirs. En tout cas, il est évident que les plantes se trouvent ici dans le miheu le plus sain et le plus favorable à leur bien-être, et l'on s'explique aisément que leur contemplation soit un véritable enchantement. Les serres se trouvent derrière le château, groupées sur une vaste terrasse. La première où nous entrons est celle des Cattleya, qui contient quelques centaines de Cattleya Mossiae, en plein épanouissement, comprenant les plus magnifiques variétés, notamment le Cattleya Mossiae var. M'"' Arthur Warocquê. Les Mendeli, les Trianae, sont également en grand nombre. Toutes ces plantes sont merveilleuses de vigueur et de beauté. Une autre serre contient les Vanda, dont le Journal des Orchidées signalait récemment la prospérité. Quelques uns atteignent des tailles extraordinaires, et nous en voyons même un de trois mètres de hauteur; les plus beaux Vanda Lowi et tricolor sont là en foule, et répandent un parfum pénétrant; là se trouvent aussi un grand nombre de Cypripedium, environ i6o variétés parmi lesquelles les plus récentes et les plus rares que nous connaissions. La serre des Odontoglossum, où nous entrons ensuite, a un aspect surpre- nant. Il y a là plusieurs mille représentants de ce genre, absolument chargés de tiges florales, épanouies ou en boutons. L'excellent jardinier de M. Warocquê nous dit qu'il pourrait couper cinq mille fleurs dans cette serre sans que la différence fût visible; nous n'avons pas de peine à le croire. Toutes les variétés les plus belles et les plus rares sont rassemblées là; nous notons à la hâte les Od. Halli var. Lindeni, Bleich- rôderianiim, Warocqueanum, etc. Cette collection d'Odontoglossum est assuré- ment une des plus belles qui existent en Europe. La serre voisine renferme les Camélias, formant des pyramides de trois à quatre mètres de hauteur, d'une culture admirable. Ils produisent, nous dit-on, à peu près une fleur pour deux feuilles. Une petite serre est réservée aux Anthurium Scherzerianum, ayant un bon mètre de diamètre et produisant un grand nombre de belles fleurs, qui se détachent d'une façon ravissante sur un fond couvert de Clerodendron Balfouri. La serre des Azalées se trouve près de celle-ci; elle renferme des plantes ayant de un mètre à 1^50 de diamètre. Nous nous rendons ensuite au jardin d'hiver; celui-ci ne comporte plus aujourd'hui l'importance qu'on lui attribuait autrefois, alors que la culture des go LE JOURNAL DES ORCHIDEES Orchidées n'avait pas encore à Mariemont l'importance qu'elle y a acquise aujourd'hui. Mais il est admirablement compris, et disposé de façon à produire le maximum d'effet qu'on peut en attendre. L'entrée en est véritablement féerique. Autour d'un bassin surplombé par des rochers d'un effet très pitto- resque, les plantes, petites et grandes, présentent un groupement des plus artistiques. Les Philodendron, les Areca sapida, Baueri, etc., croissent auprès des superbes Palmiers et des Fougères arborescentes , baignés dans une lumière verte, transparente, qui tombe du toit vitré. Les murs sont ornés de Ficus repens, qui ajoutent à cet effet ravissant. Il y a là un grand nombre de plantes remarquables. Nous citerons spécialement un Livistona Olivaeformis de sept mètres de hauteur, un Cibotiiim pr inceps, dont le tronc atteint dix mètres, un beau Chamaedorea AugtisU et surtout un Sabal Blackburniana qui est à notre avis un des plus beaux Palmiers existant dans nos cultures. Chacune de ses feuilles pourrait abriter six personnes. Nous visitons encore une petite serre dans laquelle se trouvent des Odon- toglossum nouveaux, venus de pays encore inexplorés. Ils sont parfaitement cultivés, et nous espérons qu'il se révélera parmi eux quelques espèces aussi belles que celles que nous avons vues tout à l'heure ; ils se distinguent, en tout cas, par un port et un caractère tout-à-fait différents de ce que nous connaissons jusqu'ici. M. Warocqué nous fait voir encore, avec une obligeance infatigable (infa- tigable à tous les points de vue, car on fait beaucoup de chemin dans cet immense domaine), des forceries pour les fleurs d'appartement, lilas, muguet, roses, boules de neige, etc.. destinées à décorer les salons pendant l'hiver; pour les fraises, qui fournissent abondamment depuis le mois de Mars; pour le raisin, qui se renouvelle en toutes les saisons; pour les pêchers, dont les fruits vont être mûrs dans peu de jours. Nous jetons encore, avant de nous retirer, un coup d'œil à l'immense cor- beille qui renferme, près de la sortie du parc, plusieurs milliers de rosiers choisis parmi les plus belles variétés, et nous partons émerveillés de cette réunion des plantes les plus rares et les plus splendides, et des prodiges de culture qu'il nous a été donné de constater. i" JUIN i8go gi CAUSERIE SUR LES ORCHIDEES I. — L'Orchidée chez l'amateur Le traitement des Orchidées dans les serres d'amateurs ne doit pas être le même que dans celles des horticulteurs marchands, qui ont intérêt à ce que leurs plantes soient toujours transportables. Celui qui, au contraire, tient à les conserver, ne doit se préoccuper que de leur faire acquérir la vigueur néces- saire à l'émission de leur maximum de floraison. Il n'y parviendra qu'en favo- risant la sortie des racines et leur conservation indéfinie; car les Orchidées, comme tous les végétaux, ne peuvent atteindre leur complet développement qu'en raison du nombre et du bon état de ces organes indispensables à leur existence. Chacun le sait, et cependant, à chaque rempotage, les plantes sont tellement mutilées, qu'on est obligé d'avouer qu'un Cattleya, par exemple, arrivé à une belle force, ne donne jamais plus l'abondance des fleurs qui ont précédé le rempotage. Eh bien, nous avons des exemplaires de plus de cinquante bulbes qui n'ont pas un vide dans le centre, qui ont été rempotés plusieurs fois, et fleurissent chaque année dans leur progression normale; mais aussi leurs racines intactes, et de près d'un mètre de longueur, pendent en tous sens autour d'un panier de quarante centimètres carré, et, ce qui étonnera bien des gens, joncé avec de la toile métallique galvanisée, à grandes mailles : c'est le meilleur fond qu'on puisse donner aux paniers de Stanhopea, J'ai eu l'idée de tenter cette innovation, en voyant le Ficus repeiis, qui tapisse toute ma serre, envahir les membrures de fer du vitrage et s'y fixer aussi solidement que sur du bois. J'ai aujourd'hui la certitude que la rouille seule nuit aux racines des Orchidées. On est revenu du préjugé que les serres en bois étaient indispensables aux Orchidées, et le moment n'est pas loin où les paniers de fer galvanisés rem- placeront ceux de bois. Déjà je puis faire voir un gros cyhndre de toile métal- lique, rempli de sphagnum et de charbon, entièrement couvert par un Burling- tonia décora qui ne regrette pas son bloc de bois; et il en est de même pour un Dendrobium pulchellum. 92 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Pour obtenir cette luxuriante floraison qui fait la beauté des Orchidées, trois choses sont indispensables : i° le support le mieux approprié à la croissance; 2° les matériaux de plantation, et 3° le traitement qui favorise l'émission des racines et leur conservation. 1° CHOIX DU SUPPORT Excepté pour les Anguloa, Arpophyllum, Bletia, Bletilla, Calanthe, Cypri- pedium, Cymbidium, Cyrtopodium, Disa, Limatodes, Lissochilus, Phajus, Pleione, Selenipedium, Sobralia, Stenia, Thunia, Uropedium et Warscewiczella, qui, d'après le résultat de nos études comparatives, se plaisent mieux en pots ou, comme les Sobralia et Phajus, en pleine terre, où ils deviennent énormes; pour toutes les autres espèces aériennes et à longues racines surtout le pot doit être rejeté, parce qu'il rend les rempotages impossibles. Que pouvez-vous faire, quand toutes ses parois sont tapissées, aussi bien en dehors qu'en dedans, d'une réseau inextricable de racines, si solidement fixées qu'on ne peut les détacher? On a beau le briser en menus morceaux, une mutilation inévitable paralyse la plante pendant plusieurs années; voilà pourquoi elle perd sa vigueur et sa floraison, et pourquoi on recule devant un rempotage jusqu'au moment où il devient absolument nécessaire. Avec le panier à claire-voie, tous ces inconvénients disparaissent, et comme les racines n'y restent pas confinées, les Vanda, Aerides, Saccolabium et autres espèces analogues resteraient dans le même toute leur vie, si la décomposition n'obligeait à le renouveler. Car celui qui n'a pas la multiplication en vue n'a pas besoin de rabaisser les tiges défeuillées, quand elles sont masquées par de nombreux rejetons : il attend qu'ils soient assez allongés et fleurissants pour supprimer la tige-mère, dont il fait un second exemplaire, et avec le panier incorruptible, les enfants resteraient où vivait leur mère. Le fameux pitch-pin, si préconisé aujourd'hui, ne vaut pas mieux que le Mélèze et ne dure que cinq à six ans; l'Acacia Robinier seul est incorruptible et se conserve indéfiniment; nous en avons en service depuis plus de trente ans, dont pas une pièce n'est détériorée et si nous employons la toile métallique pour joncher nos paniers, c'est uniquement à cause des lentes et minutieuses précautions qu'il faut prendre pour fixer solidement les barreaux du fond dans un bois aussi dur, que le clou fait fendre malgré les trous préalables ; avec les petits crochets inventés pour ces toiles, elles sont rapidement fixées et ont le double avantage I" JUIN 1890 93 de laisser passer les racines qui ne s'y collent pas, et de pouvoir être ouvertes d'un coup de cisailles, dans les rempotages. En résumé, le pot ne doit être employé que pour la reprise des éclats ou des sujets d'introduction. 2° MATÉRIAUX DE PLANTATION Le compost de toutes les Orchidées, autres que celles dont nous avons donné la liste, et quel qu'en soit le support, doit se composer uniquement de sphagnum fraîchement récolté et de charbon de bois, n'en déplaise au directeur du Journal des Orchidées, qui déconseille le charbon comme emploi rococo. S'il avait fait comme moi des expériences comparatives pendant une série d'années, avec des sujets de mêmes espèces et forces, que je faisais venir pour cela d'Angleterre, de Belgique et de France : l'un que je laissais tel dans son pot; l'autre mis à nu, les racines lavées et planté d'après mon système, le charbon de bois en rouleau serait seul employé, aussi bien dans les pots que dans les paniers, et nous allons dire pourquoi. Il a trois qualités appréciées des Orchidées que n'ont pas les tessons, exclus maintenant de nos cultures, et que le surcroît de poids qu'ils occasionnent dans les colis devrait seul faire mettre à l'index de tous les horticulteurs : 1° Le charbon de bois est beaucoup plus hygrométrique que la terre cuite, et conserve son humidité plus longtemps même que le sphagnum. 2° Il dégage du carbone et de l'azote, gaz nourriciers de ces belles filles de l'air, et 3° par cela même empêche le sphagnum d'aigrir, de fermenter et de se décomposer. Aussi c'est sur lui que se dirigent immédiatement les racines, qui, trouvant sur ce corps la nourriture et l'appui qu'elles réclament, s'y fixent solidement et ne cherchent à atteindre les parois des supports que lorsque la motte est complètement envahie, bien souvent au bout de trois ans. L'expérience en est facile; mélangez des morceaux de charbon dans vos drainages et composts, et quand vous verrez votre plante bien reprise, retirez-la de son pot : tous les tessons tomberont, et il ne restera que le charbon, retenu par les racines. Avec le charbon seul, la motte est facile à extraire, et si quelques racines la retiennent, avec un couteau de peintre à lame flexible , on contourne le pot et la plante ne souffre pas de cette minime perte. Mais il ne faut pas penser comme cet horticulteur parisien, en visite chez moi, où, discutant sur la variété d'une jeune plante qui fleurissait pour la première fois, avant que j'aie pu le prévenir, il l'avait saisie par les bulbes pour mieux l'examiner, et le pot, 94 LE JOURNAL DES ORCHIDEES lâchant tout à coup, s'était brisé entre ses jambes. — Elle vient donc d'être rempotée? — Mais non, regardez les racines, la motte en est si pleine que rien ne tombe; et, replacée dans un pot semblable, elle ne se sentira de rien. Peines perdues pour le convaincre; pour lui, comme pour tant d'autres, une plante qui n'est pas solidement fixée au pot est mal empotée, et les bulbes sont des anses par lesquelles on doit la saisir. Pour en revenir ,à mon étude comparative, non seulement mes plantes doublaient de vigueur, mais bien des espèces, comme l'a constaté également mon voisin et parent, le comte de Chavagnac (qui a fait construire au château de Chazeuil des serres magnifiques et bien mieux meublées que la mienne), et surtout celles plantées dans ces composts terreux, à rhizomes de Polypodium, crèvent infailliblement chez nous, si elles ne sont immédiatement débarrassées de ces substances nuisibles. Le choix du charbon est devenu nécessaire, aujourd'hui que l'on calcine des troncs d'arbres entiers. Seul, celui de branches, formant des bâtons arrondis de la grosseur du doigt et du double, que l'on brise de la longueur désirée, convient à notre culture, et celui de chêne est préférable, parce qu'il est plus dur et conserve mieux son humidité. Avant de l'employer, on le laisse tremper quelques heures pour le débarrasser de sa poussière et bien l'humidifier. Dans un pot de grandeur proportionnée au nombre des bulbes et non des racines, dont généralement sont piteusement pourvues les plantes expédiées, nous plaçons sur le trou d'égouttement un godet renversé, de grandeur à atteindre le tiers du pot et tout autour on dispose verticalement des bâtons de charbon de la longueur du godet. Alors on étend une couche de sphagnum que l'on tasse pour bien recouvrir le drainage. Tenant la plante suspendue un peu plus haut que les bords du pot, non au centre, mais sur un des côtés, où on applique les vieux bulbes de façon à laisser tout l'espace à la génération future, avec des morceaux de charbon et des pincées de sphagnum, disposés convenablement pour ne pas briser les racines, on garnit tout l'intérieur, et sur le tout on applique des plaquettes de têtes de sphagnum que l'on tasse et égalise en dôme, qui s'y maintiendra vert et même y poussera, et dont la teinte vous fait juger à première vue de l'état hygrométrique du compost. (Sera continué.) Comtc F. DU BUYSSON, I^'' JUIN 1890 95 MALADIES ET PARASITES On a observé de tout temps, sur les feuilles des Orchidées, des taches noires plus ou moins étendues et d'un très mauvais effet. On leur a assigné pour cause l'imperfection ou les négligences de la culture et, par suite, la pourriture des racines. Est-ce dans le même ordre d'idées qu'il faut étudier d'autres misères que j'observe non sans inquiétude, surtout depuis l'an dernier ? Certaines espèces à feuilles minces et molles sont chez moi, et ailleurs aussi, marquées, criblées parfois de petites taches, d'abord translucides, puis jaunes, enfin noires. C'est d'abord sur la feuille, plutôt au-dessous, une piqûre telle qu'en peut faire la pointe d'une aiguille. Tout autour de ce point noir, sur un diamètre d'un à trois millimètres, le parenchyme, la couleur verte disparait, comme sucée ou détruite par un agent chimique. Cette tache première est translucide, on dirait une petite tache d'huile. Elle ne grandit pas, mais devient bientôt jaune et souvent, non pas toujours, passe au noir. Je ne puis voir là une maladie: tout semble indiquer l'action d'un parasite, d'un insecte probablement, procédant par piqûres sur les feuilles naissantes et molles, soit pour s'en nourrir par succion, soit pour y déposer ses œufs. Mais si c'est un insecte, quel est-il ? Où se cache-t-il ? J'ai fait jusqu'ici de vains efforts pour prendre l'ennemi en flagrant délit. Echappe-t-il à la vue par quelque industrie ou par son extrême petitesse ? J'ai usé d'une loupe, puis d'un microscope; je n'ai rien découvert qui eût vie et mouvement. Est-ce donc un cryptogame microscopique ? J'ai en ce moment une fleur à'Odontoglosstim Rossi majus qui est toute cou- verte de ces taches huileuses, au point que sa couleur en est changée. Sur la même plante, deux autres fleurs, attaquées sans doute dès le bouton, sont crispées, contrefaites. Sur d'autres plantes de la même espèce, les fleurs n'ont pas pu arriver à leur épanouissement. Mes Zygopetalum Mackayi et crinitum ont eu le même sort, quoique les hampes soient sorties et aient grandi nor- malement. L'ennemi gît donc dans la fleur bien avant son épanouissement. Je vois le même mal se préparer sur les boutons d'un Chysis bractescens. g6 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES Mais la détérioration ne se borne pas à des boutons à fleurs, d'apparence très saine d'abord; la production foliaire de quelques plantes est également atteinte. Des Oncidium zehrinum, jusque là très sains, ont commencé l'an dernier à dépérir et à ne donner que des feuilles rabougries, contournées, et surtout desséchées partiellement dès leur naissance. Ici ce ne sont plus des piqûres ni des taches isolées, mais un dépérissement du feuillage, tandis que bulbes et racines semblent bien sains. L'ennemi, dans ce cas, coloniserait dans les boutons à fleurs et dans les bourgeons avant que les feuilles aient brisé leur première enveloppe. Cet effet, dont le danger est patent, a-t-il la même cause, les mêmes auteurs que les piqûres et les taches limitées décrites ci-dessus ? Je ne constate pas leur coïncidence. Je suis tenté cependant de croire à l'unité de cause, en ce sens que l'insecte, si c'en est un, irait déposer ses œufs dans les bourgeons naissants, et que là, après avoir vécu aux dépens de la fleur et de la pousse, il subirait sa métamorphose, se répan- drait ensuite sur les feuilles développées, et les criblerait de piqûres pour s'en nourrir. J'ai pu observer jadis, sur des plantes d'autres familles, les ravages des thrips et des acarus rouges. Je connais ces ennemis et je n'en ai jamais vu un seul dans mes Orchidées. On ne signale cependant, dans rien de ce que j'ai lu, et je hs beaucoup, nul autre parasite, ni animal ni végétal, qui réponde à ce que je cherche. Faut-il en revenir à l'idée d'une maladie ou plutôt de deux ou trois, provenant de culture mal entendue ? Les symptômes en seraient bien étranges. Et puis je ne serais pas seul intéressé dans la question : j'ai reçu depuis un an pas mal d'Orchidées de diverses sources et des meilleures; et sur des exemplaires très sains d'ailleurs, je reconnais ces taches inquiétantes. Bien plus, en examinant un Cattleya du groupe pumila, importé depuis deux ans, ayant fleuri et poussé parfaitement chez moi cette année, je constate que deux feuilles, venues telles quelles du Brésil, sont à moitié jaunes, et que ce jaune provient de la juxta- position d'une foule de piqûres semblables à celles que je vois naître chez moi. L'ennemi, quel qu'il soit, serait donc importé avec la plante. Je me borne à ces observations et je me garde de conclure, mais j'appelle la sérieuse attention des amateurs, de ceux-là surtout qui sont mieux placés et mieux outillés que moi. En attendant, j'emploie le tabac et les seringages. P. E. De Puydt. JUIN 1890 97 LA PETITE SERRE AUX ORCHIDEES Une serre à trois compartiments au moins est nécessaire pour entreprendre une culture générale d'Orchidées : 1° La serre chaude. Sa température minimum est de 15 à 18° centig. On y cultive les Vanda, Aerides, Cypripedium, etc. Elle réclame une grande humi- dité atmosphérique et peu d'air; son séjour est ainsi le moins attrayant. 2° La serre tempérée, plus aérée, moins humide et dont la température minimum est de 12° centig. C'est ici qu'on rencontre les plus belles fleurs; les superbes Cattleya et aussi les Laelia leurs frères, les Odontoglossum vexillarium, beau- coup encore de Cypripedium, etc. 3° La serre froide enfin, avec un minimum de température de 8° centig. Elle réclame de l'humidité et surtout beaucoup d'air, et renferme des plantes de premier ordre, sur lesquelles nous nous arrêterons plus loin. L'amateur peut prendre l'ensemble de ces trois cultures, ou en choisir une suivant son goût et ses moyens. Nous n'avons pas à nous préoccuper de l'amateur riche, qui a l'argent à sa disposition et n'est jamais dans l'embarras. D'ailleurs, il fait le plus souvent cultiver ses plantes par des mercenaires et n'a besoin pour cela ni de conseil, ni même d'intelligence. Bien plus intéressante est la classe des amateurs peu fortunés, devant tout calculer, obligés de travailler par eux-mêmes et de mettre aussi leur intel- ligence constamment en jeu. Cette classe est de beaucoup la plus nombreuse et l'aider à posséder une serre aux Orchidées est à la fois lui rendre un service véritable et populariser le goût de nos fleurs préférées. Nous disons lui rendre un service véritable. En effet y a-t-il rien de plus réellement agréable que le goût des Orchidées? On a chez soi ce qu'on aime pendant tout le jour, sans embarras ni tracas; chaque soin donné est suivi de sa récompense presque immédiate. Peu de plaisirs oifrent ces avantages. Pour le petit amateur, la serre froide doit incontestablement être préférée, parce qu'elle exige moins de dépenses et de soins. Quant à la dépense, on peut d'abord approprier, à peu de frais, toute serre déjà construite, de façon 98 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES à pouvoir y cultiver les Orchidées dites froides. Il suffit d'ordinaire de pra- tiquer des ouvertures destinées à laisser pénétrer l'air nécessaire. On pourrait avoir mieux .sans doute en faisant neuf, mais enfin les plantes vivront bien dans l'ancienne construction. Le chauffage coûte peu, la température obligée n'étant pas d'un degré élevé. Reste l'achat des plantes; il ne sera pas ruineux. Voyons d'abord quelles espèces conviennent à la serre froide : les magnifiques Odontoglosswn Alexandrae formeront le fond de la collection; ils ont l'avantage de fleurir toute l'année. On peut en avoir de bonnes introductions de trois à dix francs la pièce. Viennent ensuite les Odontoglosswn triumphans, Halli, luteo-purpureum etc., mêmes prix, les Oncidium serratum, niacranthum, Sobralia macrantha, Laclia aiUumnalis, Cattleya citrina, Epidendnim Vitellinum, Sophronitis grandiflora, Masdevallia, les Cypripedium insigne et villosiim, etc., toutes plantes à très bas prix. Cette liste pourrait être plus complète, mais voilà déjà de quoi garnir parfaitement une serre, et si ces plantes coûtent peu, elles n'en sont pas moins bonnes; beaucoup d'entre elles sont même classées au premier rang pour la beauté. Les soins à donner à la petite serre froide ne sont ni nombreux ni difficiles. Supposons un amateur employé en ville et obligé de s'absenter une partie de la journée : le matin avant son départ, il entre dans sa serre; quelques instants lui suffisent pour jeter l'eau nécessaire sur les sentiers, arroser ses plantes et vériiier la température; il donne ensuite ses ordres à quelqu'un de la maison, pour ombrer et ouvrir les châssis à propos, si c'est en hiver, ou pour jeter quelques pelletées de charbon sur le feu s'il gèle. Il peut alors rester dehors une partie de la journée. Les dépotements, nettoiements, etc., se feront dans les moments perdus, peu à peu, et seront une distraction à laquelle on s'attachera de plus en plus, car l'amateur aime d'autant plus ses plantes à mesure qu'il s'en occupe davan- tage. Celui qui ne cultive pas lui-même ignore le plaisir de l'horticulture. Telle est à peu près la petite serre froide. Nous engageons ceux qui ne la connaissent pas, et pour lesquels elle aurait quelque attrait, à vérifier par eux mêmes la justesse des quelques lignes précédentes. Comte DE BousiES. l" JUIN 1890 99 CULTURE DES ORCHIDEES REPUTEES D UN TRAITEMENT DIFFICILE I. — Laelia majalis Ce magnifique Laelia, la Flor de mayo des Mexicains, si bien représenté dans le IV^ vol., pi. 190 de la Lindenia, est la perle des Orchidées mexicaines. Quoique ce soit une espèce des plus communes et des plus répandues dans son pays d'origine, on ne l'introduit en Europe que par petites quantités, parce que les importateurs trouvent rarement à les écouler. Cela provient sans doute de ce que cette Orchidée passe pour être rebelle à la culture, la plupart de nos jardiniers ne sachant pas la faire fleurir. Elle fleurit pourtant régulière- ment chaque année dans nos serres, depuis que nous suivons un mode de culture que nous avons vu pratiquer jadis, sur une grande échelle, dans un établissement horticole de York (Angleterre). Un des points essentiels pour bien réussir dans sa culture est de se procurer des importations en très bon état, ayant de gros pseudo-bulbes, munis de bons yeux de départ, et surtout n'ayant pas traîné dans les salles de vente. On les fixe simplement au moyen d'un fil de cuivre sur des planchettes de pitch-pin car- bonisées, sur lesquelles on étend une petite couche de fibres de polypode. On les suspend depuis mars jusqu'au mois de juillet ou d'août, près du vitrage d'une serre à Cattleya, dans un endroit bien aéré et légèrement ombré. Les racines ne'tardent pas alors à se fixer sur les parties carbonisées, puis les plantes se trouvent bientôt établies. Jusqu'en août les arrosements doivent être copieux, mais à partir de cette époque, à laquelle les pousses sont terminées, ils doivent être presque nuls et ont simplement pour but d'empêcher les pseudo-bulbes de trop se rider. On les passe alors dans une serre froide, toujours bien aérée et très peu ombrée, et on les y laisse jusqu'au mois de mars, époque où ils entrent en végétation. En suivant ces indications, les Orchidophiles seront certains de les posséder en fleur chaque printemps et ne considéreront plus à l'avenir la Fleur de mai des Mexicains comme rebelle à la floraison. Otto Ballif. LE JOURNAL DES ORCHIDEES TRAVAUX DE LA PREMIÈRE QUINZAINE DE JUIN Nous avons peu de chose à ajouter aux indications publiées dans le numéro précédent. Les soins à donner dans toutes les serres resteront à peu près les mêmes jusqu'à la fin de l'été. Veiller à l'aération, à l'ombrage, au maintien de l'état hygrométrique convenable, voilà quelles doivent être les constantes préoccupations du jardinier; la question de température devient relativement secondaire pendant la saison des chaleurs. Serre froide. — Ici il faut s'efforcer avant tout de tenir la température aussi basse et l'air aussi frais que possible. Ombrer les serres pendant tout le jour, et arroser abondamment les sentiers. Serre tempérée. — Les Lycaste, les Oncidium splendidum, tigrimim etc., les Odontoglossum grande, Schlieperianum, Reichenheimi , Insleayi, les Phajus, les Arpophyllum, les Maxillaria et Brassia sont en pleine végétation et réclament beaucoup d'humidité. Beaucoup de Cattleya et de Laelia, les Calanthe, les Zygopetalum, Acineta, Miltonia, Cymbidium, etc. finissent de fleurir et entrent également dans la période active. Les Anguloa, en végétation depuis un mois déjà, vont fleurir pendant cette quinzaine et demandent par conséquent moins d'arrosages que les précédents. Serre chaude. — Les Dendrobium thyrsiflormn, Devoniammi etc. ont terminé leur floraison ainsi que la plupart des Cypripedium, des Vanda, des Aerides, etc. Toutes ces plantes réclament beaucoup d'humidité. Chauffer très peu pendant la nuit. Pendant le jour, on pourra donner un peu d'air aux serres. Les Dendrobium qui fleurissent à l'automne devront être rempotés à cette époque de l'année. Quelques Saccolabium, notamment les guttatum, refusum, curvifolium, Blumei, les Aerides virens, Larpentae, Fieldingi, pourront être rempotés également, si leurs racines réclament plus d'espace; toutefois il ne faut recourir à cette opération qu'avec une extrême réserve, car on ne pourra l'exécuter sans briser quelques racines, et la plante se ressent toujours plus ou moins de ces blessures. On pourra rapprocher du vitrage les petits Vanda, ainsi que les Aerides et les Saccolabium. SOCIÉTÉ ANONYME L'HORTICULTURE IITERiiTIOIiLS PARC LÉOPOLD A BRUXELLES Adresse lélégi'a|)lii(iuc : LINDENIA, Bruxelles Administrateur-Directeur LUCIEN LINDEN MISE AU COMMERCE A partir du 1 ' Juin 1890 de la plus klle Orchidée introduite pendant ces dernières années Catlleya Warocqueana DIPLOME D'HONNEUR de V classe, décerné à geiii, ii» 69, Oi%.TVD USINE A VAPEUR POUR LA CONSTRUCTION DE SERRES Inslallation complète de tous systèmes de Serres, Plans et Devis SERRKS A VIGIES, A ORCHIDÉES ET A Ml'LTIPLICATION COUCHES A LÉGUMES ET A FLEURS. — ABRIS TITRÉS MOBILES POUR PÊCHERS Claies et lattis roulants de tous modèles et grandeurs tSO IUKDAII.L,C:iS AUX EXPOISITIOMlS Dir PAY!« ET DE I/ÉTRAMGER 488» — Médaille d'Argent à l'Exposition Universelle d'Anvers — ■1885 CONSTRUCTION D'APPAREILS DE CHAUFFAGE A EAU CHAUDE ET A VAPEUR POUR SERRES & BATIMENTS Atelier de construction de Ponts et Serres en fer CHAUDRONNERIE EN FER MÉDAILLES OBTENUES A DIVERSES EXPOSITIONS ED. 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Wallaert, P. Gloner, g. Joris, a. Vain Imsgiioot, Fr. Desbois, A. Linden, E. S. Rand, B^Wx's Calwelaert,E. Bl>geroth,Ch.Vasseur, James O'Brien, .h:i,Es Hye, R, Martin Cahuzac, D' Capart, Comte de Bousies, Alf. Bleu, .1. du Trieu de Terdonck, A. Lallemakd, A. Cogniaux, Max Garnier, Paul Otlet, Em. Pierret, P. Silver, J.Moens, L. Lubbers, A. Dalliére, Comte de Moran, O.Ballif, C. Elliser, F.Kegeljais, D.Massange de Louvrex, A. DE LA Devansaye, Fl. Claes, de Meulenaere, Charles André, etc. Prix de l'Abonnement : 10 francs par an I*a,x-aît le l"'' et le IS de chaque moi»; AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES DANS TOUS LES BUREAUX DE POSTE ET CHEZ TOUS LES LIBRAIRES. 1^^ coZ'ï: m V»P-J^ Gaiiil, inii)r. Eug. Yantlerliietilien. (fc/J LINDENIA IOONOGhIlA.P»IIIE DES OïlCHIDÉES PUBLICATION MENSUELLE IN-FOLIO Chaque livraisoii contient quatre belles planches richement coloriées Directeur: J LINDEN Rédacteurs : LUCIEN LINDEN, EMILE RODIGAS et R. A. ROLFE Abonneraent pour le volume en cours : 60 fr. pour les 12 livraisons payables par anticipation Bureaux : 100, Rue Belliard, à Bruxelles (( Le plus beau, le plus exact et le meilleur marché des ouvrages de luxe périodiques spéciaux aux Orchidées » COMPOSITION DES LIVRAISONS PARUES 1er Volume Aeranllius Leonis. Acrides maculosum var. formosum, Aerides odovatum var. Demidolli. Aeridos Reichenbachi, Aganisia Iricolor, Catasetiim discolor. Calasetum tigrinum, Cattleya aiirca, Caltloya gullala var. Icopardina. Cattleya Lawi'cnceana , Cattleya Malouana, Cattleya maxima var. Hruljyaiia. Cattleya iiobilior var. Huguenyi, Cattleya Perci- valiana var. Rciclicnbachi. Cattleya Trianae var. alba, Catt- levaTrianae var. Annae, Cleisostoma Guiberti. Cypripcdium Driiryi. Cypripediuni Lawrencoamim var. Hyeanum. Cypri- pcdium (ïiiaïUhum superbum. Cypripcdium selligerum majus, Cypripcdium tessellatum vai . porpiiyreum, Dendrobium Fal- coneri. Dendrobium stratiotes, Dendrobium tliYrsiflorum, Epidendrum paniculatum Masdcvallia Lindeni var. grandi- llora, Masdevallia Roezli, Oncidium Lanceanum var. super- bum, Oncidium Limminghei, Odontoglossum Alexandrae, Odontoglossum nevadense, Odontoglossum ramosissimum. Odontoglossum rubescens, Odontoglossum Ruokerianum. Odontoglossum vexillai-ium var. purpureum, Oilontoglossum Wilckeanum albens. Paphinia cristata var. Randi. Phalae- nopsis Sanderiana. Plialaenopsis Stuartiana var. punctulata. Restrepia antennifera. Selenipedium retieulatum. Spatho- glottis Augustorum. Tricliocentrum tigrinum var. splendens. Trichopiliasuavis. VandaRoxalli, VandaDennisoniana.Vanda Sanderiana var. laliello viridi. Sme Volrime Angraecum Ellisi. Anguloa Ruckoii v;ii'. modin. Aiiscllin congoensis, Bollea pulvinaris. Bi'assia caiulata. Calaiitlic Regniori, Calasclmn Bungcrotlii. (^'ilsson. Oncidium iridifolium. Polystachia pubescens. Masdevallia lovaiensis, Odontoglos- sum Cervaiitesi lilacinum, Coelogyne cristata var. alba, Selenipedium caudatum var. Albertianum, Angraecum ses- quipedale. Miltonia (Odont.) X Bleuana. Odontoglossum Bleiciirôderianum. Odontoglossum Pescatorei var. Lindeni. Odontoglossum Rossi var. Mommi, Odontoglossum Waroc- queanum. Cattleya Mossiae var. Bousiesiana, (jypripedium Elliottianum, Dendrobium densillorum. Pliaius grandifolius. Tiiunia Marslialli. ,\nguloa Clowesi. Laelia majalis. Cattleya Mossiae var. Warocqueana. ^mc Volixnfie (en cours de publication, 10 livraisons parues) Aerides Augustianum. Bolbophyllum Lobbi, Calanllie Masuca, Calanthc Veitchi , Catasetum macrocarpum var. chrysanthum, Cattleya Trianae var. purpurata. Cattleya Trianae var. M""' Martin-Cahuzac, Callleya Trianae var. pallida, Cattleya Trianae var. slriata. Callleya maxima va--. Malouana, Cymbidium Mastersi, Cypripedium barbato- Vcitchianum, Cypripedium nilens, Cypripedium orphanum, Dendrobium crumenatum, Dendrobium infuilibulum, Den- drobium Mirbelianum. Dendrobium Paxtoni. Dendrobium Wardianum var. Lowi, Epidendrum prismatocarpum. Epi- dendrum vitellinum, Gongora maculata. HouUetia Brockle- luirstiana. Laelia anceps var. Hyeana. Laelia elegans. Lycaste coslala. Masdevallia ignea. Miltonia Blunli var. Lubbersiana, Miltonia vexillaria var. su|>eriia. Oncidium aurosum, Onci- dium concolor, Oncidium Marsliallianum. Odontoglossum Hoddaertianum. (Jdontoglossum Duvivierianum, Odonto- glossum liastilabium. Odonloglossum maxillare, Phalaenopsis Scliilleriana. Rodriguezia réfracta, Vanda Kimballiana, Zygo- petalum inlermcdium. Le prix des volumes parus de la « LINDENIA » a été fixé comme suit : {'' Volume, 125 fr. — 2'"^ Volume, 100 fr. — S"'' Volume, 75 fr. — 4'"^ Volume, 65 fr. LES QUATRE VOLUMES PRIS ENSEMBLE : 350 FRANCS gme Volume (en cours de publication) : 60 francs ON PEUT S'ABONNER POUR CHAQUE VOLUME SÉPARÉMENT. UN NUMÉRO SPÉCIMEN = 6 FRANCS SOMMAIRE DU T' NUMERO : Pages Revue des Orchidées nouvelles ou peu connues 101 Histoire de la culture des Orchidées 103 Causerie sur les Orchidées 106 Formons de bons jardiniers 109 Les Orchidées à l'exposition de Paris en mai 1890 111 Comment il faut hybrider 112 Travaux de la seconde quinzaine de juin 115 L'ORCHIDEENNE SOCIÉTÉ D'AMATEURS D'ORCHIDÉES A Présidents d'Honneur : MM. le baron de BLEICHRODER, consul-général de S. M. Britannique, à Berlin, pour l'Allemagne ; J. LINDEN, consul-général honoraire, pour la Belgique; Comte DU BuYSSON, auteur de VOrchidophile, pour la France; DE LANSBERGE, ancien gouverneur général des Indes Néerlandaises, jwur les Pays-Bas. SECRETARIAT : 100, RUE BELLIARD, BRUXELLES Comité Directeur : Président : M. G. WAROCQUÉ, membre de la Chambre des Représentants de Belgique; Secrétaire : M. LUCIEN LINDEN, administrateur-directeur de L'Horticulture Internationale. Trésorier : M. J. DU TRIEU DE TERDONGK, propriétaire. Les MEETINGS et EXPOSITIONS MENSUELLES de belles et rares Orchidées ont lieu les deuxièmes Dimanche et Lundi de chaque mois dans le pavillon central de L'Horticulture Internationale, Parc Léopold, à Bruxelles. LES MEMBRES DU JURY DE L'ORCHIDÉENNE, pour l'année 1890, sont MM. Comte de Bousies, A. Goor, Jules Hye, Regeljan, Lallemand, Louis Lubbers, Massange de Louvrex, m. Metdepenningen, g. Miteau, E. Rodigas, a. Van Imschoot et E. Wallaert. Pour tous les renseignements s'adresser au Secrétariat 15 JUIN 1890 REVUE DES ORCHIDÉES NOUVELLES OU PEU CONNUES CYPRIPEDIUM X APOLLO, Measures. — Hybride du C. X vexillarium et du C. Stonei, qui a été exposé au Meeting de la société royale d'Horticulture le 22 avril. Il appartient à la collection de M. R. J. Measures, de Camber- well. Gard. Chron., 26 avril, p. 526. * * * ODONTOGLOSSUM WATTIANUM, Rolfe. — Il n'est pas encore bien établi si cette belle plante est un hybride naturel ou une espèce distincte. La première hypothèse est la plus vraisemblable, en raison de ses caractères intermédiaires entre le C. Inteo-purpiireum et le C. Lindleyanum ; ces deux espèces, qui croissent communément dans les mêmes endroits, paraissent l'avoir produit par hybridation. Il a été introduit par MM. F. Sander et C'^, de S* Albans, et il doit en exister quatre ou cinq spécimens; mais ceci ne prouve nullement qu'il constitue une espèce distincte. Les fleurs sont grandes, jaune clair taché de marron. Gard. Chron., 22 mars, p. 354. * * TRICHOPILIA PUNCTATA, Rolfe. — C'est une petite espèce gracieuse et curieuse. Il est proche parent du T. taxa, mais il est remarquable par cette particularité, que ses sépales et ses pétales sont couverts de nom- breuses taches rouge pourpre. Ce fait n'avait jamais été signala jusque là dans ce genre. Gard. Chron., 22 février, p. 227. * CALANTHE RUBENS, Ridley. — Cette plante est décrite comme une espèce nouvelle et charmante, alliée au C. vestita, un autre Calanthe bien connu; elle a le labelle pourvu de quatre lobes, comme celui-ci, mais les fleurs roses, un peu dans le genre du C. rosea. Elle a été découverte par M. Curtis, 102 LE JOURNAL DES ORCHIDEES dans les îles Langkawi, à une certaine distance de la côte ouest de la péninsule malaise. Il paraît que des plantes en ont été envoyées en Angleterre. Gard. Chron.y lo mai 1890, p. 576. * * * DENDROBIUM X VENUS, Rolfe. — Très bel hybride, produit par M. Norman C. Cookson, de Wylam-on-Tyne ; il provient du D. Falconeri et du D. nobile, celui-ci étant le porte-pollen, et il est à peu près intermédiaire entre eux dans son port; d'une croissance vigoureuse, il produit un racème portant deux grandes et belles fleurs, qui ont l'aspect et les caractères géné- raux du D. Falconeri, sauf l'absence de jaune dans le coloris du labelle. C'est un hybride qui donne de grandes espérances. Gard. Chron., 17 mai 1890, page 608. * * CYPRIPEDIUM X NUMA, Veitch. — J'ai décrit complètement cet hybride dans le Gardeners' Chronicle du 17 mai dernier, p. 608; il était déjà mentionné dans le n° 5 du Journal des Orchidées, 15 mai, p. 70. La fleur a beaucoup d'analogie avec celle du C. Stonei, qui dans le croisement est le porte-pollen; l'influence de l'autre parent, le C. Lawrenceanum, apparaît dans quelques points, notamment dans les raies du sépale dorsal. Comme port, il tient à peu près le miheu entre les deux espèces. * * * BULBOPHYLLUM LEMNISCATOIDES, Rolfe. — Espèce très remar- quable; c'est le premier aUié du B. lemniscatum Parish (Bot. Mag., t. 5961), qui ait paru jusqu'ici. Comme celui-ci, il présente trois longs appendices, partant de l'arrière de chaque sépale, près du sommet, et qui pendent au dessous de la fleur; mais ces appendices sont cylindriques et simplement papilleux, tandis que dans le B. lemniscatum ils se composent de dix branches plates longitudinales munies d'une crête, et rayonnant d'un centre commun. II y a aussi quelques différences dans la nature des pseudo-bulbes, ainsi que dans d'autres parties. Cette plante a été importée de Java chez lui par M. van Lansberge, président de L'Horticulture Internationale. Elle est très intéressante au point de vue botanique, mais elle n'est pas très remarquable par sa beauté. Gard. Chron., 31 mai 1890, p. 672. R. A. Rolfe. 15 JUIN i8go 103 HISTOIRE DE LA CULTURE DES ORCHIDÉES (Suite, voir no 3) LiNDLEY, en présence des renseignements vagues ou erronés qu'il put compulser, ne fut pas à même de déduire les règles de la culture qu'il fallait aux Orchidées en raison de leur origine. L'écrit qu'il lut à la séance de mai 1830, devant la Société d'horticulture de Londres, concluait à ce que « une haute température, un ombrage sévère et une humidité excessive étaient les conditions essentielles à la santé de ces plantes; » il indiqua, il est vrai, la nécessité du drainage, mais ne mentionna pas même celle de la ventilation. Et telle était l'autorité de l'illustre orchidographe que, plus d'un quart de siècle plus tard, la règle indiquée par lui était considérée comme la seule correcte et admissible, bien que l'éminent écrivain n'ait pas hésité par la suite à revenir de son erreur et à recommander les modifications que des renseignements plus précis motivaient. Il a fallu néanmoins de longues années encore avant de parvenir à faire admettre que les Orchidées ont besoin dans nos serres de ce même repos que la nature leur octroie dans leur patrie. Les explorateurs avaient beau s'efforcer d'enlever aux régions lointaines et d'importer en Europe toutes les superbes espèces que les journaux faisaient connaître à mesure de leur introduction : Maxillaria du Brésil, Epidendrum, Catasetum, Mormodes des Indes, Cattleya, Odontoglossum et Masdevallia qui font aujourd'hui nos déhces, tout cela était voué à une destruction certaine dans ces serres surchauffées, pleines de vapeur, sans ventilation aucune, et où l'homme lui-même ne résistait pas. Suivant l'expression si malheureu- sement vraie de Joseph Hooker, « l'Angleterre fut, durant plus d'un demi siècle, le tombeau des Orchidées des tropiques. » Sur le continent d'Europe les tâtonnements furent identiques dans le prin- cipe, mais ils eurent bientôt des résultats plus heureux. Un explorateur intré- pide, doublé d'un observateur, M. J. Linden, avait établi à Bruxelles des serres où il menait à fleurs ses joyaux préférés. Il n'eut pas besoin d'attendre l'exemple des cultures anglaises pour rendre les siennes florissantes et pros- I04 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES pères. Pescatore en France, les Lamarche, les van den Hecke, les Cannart d'Hamale, les Massange, en Belgique, se ressentirent de sa puissante im- pulsion : avec lui on avait appris que les Orchidées peuvent toutes vivre et fleurir loin de leur patrie. Mieux encore, n'a-t-on pas vu la Deutsche Garten- zeitung publier la longue liste des 50 genres d'Orchidées que M. Ad. Hennig cultivait avec un réel succès dans sa demeure, il y a une trentaine d'années? Et vers la même époque, les expériences faites par M. Bouché, au Jardin Botanique de Berlin, avec les Epidendrum tovarense, Acropera Loddigesi, Lycaste Skinneri, Odontoglossitm grande, etc., cultivés sans abri durant tout l'été, avaient démontré que les Orchidées tropicales sont beaucoup moins délicates qu'on ne l'avait cru auparavant. M. J. Linden ne voulait plus pour elles cette température dangereuse et débilitante de la jungle indienne; les plantes trouvaient dans ses cultures une chaleur moins élevée, une atmosphère plus pure et une douce humidité donnée par l'arrosement des sentiers. Le drainage et l'empotage étaient l'objet des soins les plus minutieux. Ayant consacré dix années de sa vie à parcourir ces régions tropicales si diverses d'aspect, de climat et de tapis végétal, il lui eût été impossible de confondre dans un seul ensemble, les produits de la vallée, ceux des versants si accidentés, ceux des hauteurs alpestres. Il savait, comme l'a dit M. DePuydt('), que les Orchidées des terres basses, des vallées profondes, exigent un minimum de 15° à 18° de chaleur en hiver, réclament par conséquent la serre indienne ou haute serre chaude et qu'elles sont dans la proportion d'un sixième des espèces cultivées en Europe (200 sur 1200); que celles des régions de moyenne altitude, auxquelles se joignent les plus rapprochées des tropiques, se conten- tent d'une chaleur hivernale de 8° à 10°, celle de la serre tempérée; celles-ci sont les plus nombreuses, soit environ 700 ; il savait que celles qui atteignent ou dépassent 2000 mètres d'altitude, supportent un abaissement nocturne de _|_ 5 ou -{- 6°, la température de la serre tempérée froide, pourvu qu'elles aient 8 ou 10° le jour. Elles sont au nombre de 300, y compris les espèces des altitudes extrêmes, lesquelles ne redoutent pas chez nous des froids de -|- 2 ou -j- 3°, mais que les chaleurs de nos étés font beaucoup souffrir. Nous ne dirons rien des procédés de culture actuellement mis en œuvre ; ils sont du domaine de la pratique, décrits dans les publications spéciales qui (i) E. De Puydt, Les Orchidées, Histoire iconographique, etc. — Un vol. in-S^, avec vignettes et chromolithographies. Paris, J. Rothschild, 1880, 15 JUIN i8go 105 s'occupent d'Orchidées, et font particulièrement l'objet de ce Journal. On sait aujourd'hui d'où elles viennent; on connaît les conditions de sol, de chaleur, de lumière et d'air que la nature leur offre ; leur mode de végétation n'est plus un secret et leur fécondation n'est plus un mystère. Mais bien que celle-ci ait lieu, dans leur patrie, par les voies ordinaires de la nature, elle sera longtemps encore une grande difficulté dans les cultures européennes où, pour cette raison, leyr multiplication demeurera toujours lente et hérissée d'obstacles. Bien longtemps encore il faudra recourir aux importations, recueillir les nou- veautés loin des routes fréquentées, aller retrouver dans leurs stations natu- relles, au fond des forêts inextricables, dans les déserts où toute ressource manque, dans la plaine torride ou sur le flanc des montagnes mal accessibles, ces belles espèces dont nous ne voulons plus nous passer et que d'intrépides explo- rateurs sont allés dénicher à travers mille dangers, souvent au péril de leur vie. Les Orchidophiles me permettront de les entretenir quelques instants d'un seul de ces hardis chercheurs qui parcourut d'immenses régions, mettant au ser- vice de connaissances étendues une indomptable énergie et une ardeur indicible. Après avoir terminé ses études, à l'âge de 19 ans, il est chargé d'une mission scientifique par le gouvernement belge, part d'Anvers le 2 octobre 1835 (accompagné de Funck et Ghiesbrecht), et débarque à Rio de Janeiro le 24 décembre. Il explore les provinces de Rio, de Spiritu Santo, de Minas Geraès et de San Paolo. Les collections rapportées par lui de ce pays, en 1837, ont à Bruxelles les honneurs d'une exposition publique. En décembre 1837, il parcourt le nord et l'ouest de Cuba. En 1838, il sillonne l'intérieur du Mexique, malgré les dangers sans nombre auxquels l'expose l'état de guerre dans lequel cette malheureuse république se trouve engagée; il visite le plateau d'Anahuac, le volcan de Popocatepelt, le pic d'Orizaba et tout le versant oriental de la Cordillère mexicaine. Après deux années de courses incessantes et de recherches très fructueuses, il s'embarque à Vera-Cruz pour Campèche d'où il étend ses investigations sur le Yucatan. Pendant une de ses expéditions, à la Lagana de Terminos, il est frappé d'une attaque foudroyante de fièvre jaune dont il est sauvé comme par miracle, mais qui est suivie d'une pénible convalescence de trois longs mois. A peine rétabli, il se rend par mer dans l'État de Tabasco; il explore ensuite les régions élevées de Chiapas, pénètre dans le nord du Guatemala, en pleine révolution, et revient sur le golfe de Mexique en appuyant sur les côtes de la mer du Sud. (Sera continué.) Ém. RODIGAS. Io6 LE JOURNAL DES ORCHIDEES CAUSERIE SUR LES ORCHIDEES I. — L'Orchidée chez l'amateur (Suite, voir no 6) Nous publierons prochainement un article sur le Sphaigne, la manière de le récolter sans détruire, comme on l'a fait, les emplacements et où il devient au contraire chaque année plus vigoureux et touffu, en formant de véritables toisons, de cinq à six centimètres d'épaisseur, qui servent à tous nos empo- tages; réservant les plus jolis morceaux pour les surfaces, elles y forment un couvercle si tenace que rien ne s'en échappe, et donnent en même temps un coup d'œil charmant. Et comme la vie appelle la vie, dit le directeur du Journal des Orchidées, les nouvelles racines s'y précipitent. Voilà comment nous obtenons des surfaces vertes jusqu'au moment du repos. Nos plantes ainsi rempotées restent dans ce premier récipient jusqu'à ce que, bien reprises et enracinées, on devra les placer dans les supports qu'elles réclament. La motte facile à extraire, et dont on enlève seulement le godet, qu'on remplace par une boule de sphagnum, sera placée dans un plus grand récipient, préparé comme la première fois, si c'est un pot, et foncé avec du sphagnum et de longs bâtons de charbon, si c'est un panier, en faisant toujours attention de poser dans un angle, pour donner toute la place à la génération future, à moins de placer dans le centre deux plantes en sens contraire : manière d'obtenir de jolies potées symétriques. Si c'est une vieille plante, armée de longues racines, que vous avez à replanter, on la tient suspendue, on coupe les fils de fer des angles des paniers et on enlève tous les barreaux qui peuvent s'enlever; on fait le tirage des racines, qu'on attache avec un lien par petits faisceaux et on les fait passer entre les barreaux du nouveau panier, présenté par dessous, dans le même sens qu'elles occupaient dans l'ancien. Si vous n'avez pu l'extraire de son ancien panier sans nuisance, laissez la dedans et opérez comme si elle n'en avait pas : j'ai des paniers qui en ont déjà trois récipients de ce genre dans leurs flancs. Le point essentiel est de ne pas briser les racines, et gardez-vous bien 15 JUIN 1890 107 de les raccourcir : supprimez tout ce qui est crevé et voilà tout. Les accidents ne manquent pas pour les arrêter et les faire bifurquer. Les visiteurs sont si tentés d'y porter la main, que si j'habitais près d'une ville, un écriteau devien- drait nécessaire, comme dans celles de notre aimable professeur de Clermont- Ferrand : que les fleurs qui portent crinoline ménagent celles qui n'en ont pas. II suffît de toucher avec le doigt l'extrémité du suçoir visqueux qui les termine, quand elles sont en végétation, pour qu'immédiatement la croissance soit arrêtée à cet endroit et au-dessus; trois ou quatre jours après, on voit sortir deux ou trois nouvelles racines, et si on répète l'expérience sur les nouvelles, on obtient des faisceaux comme des glands de sonnettes. Tout cela ne suffirait pas, si le gouvernement général de la serre ne venait forcer les racines à chercher dans l'air ambiant ce qu'elles trouvent en moindre abondance dans leurs supports. Les Orchidées fixées sur les arbres à l'état de nature, et sur des bûches dans nos serres, nous en donnent l'exemple : là leurs racines sont bien forcées de pendre ; mais nous ne recommandons pas ce genre de support, promptement envahi, d'où l'on ne peut plus enlever les plantes sans leur faire subir les mutilations des sujets d'introduction. A moins cependant qu'elles ne soient artificielles comme celles que nous avons indiquées et dont nous allons nous servir, en prolonges superposées, pour opérer naturellement le transfert de la jeune génération de bûches complètement circonscrites. 3° TRAITEMENT DANS LA SERRE Les racines des Orchidées se dirigent toujours vers les sources d'humidité, de quelque côté qu'elle arrive. Pour en être convaincu, placez au dessus d'une plante, suspendue dans un panier, un second remph de mousse que vous main- tiendrez fortement humide; vous verrez toutes les racines de la plante se contourner et monter vers ce panier. M. Thibaut, de Sceaux, a observé cette anomalie dans ma serre, sur un Saccolabium Blumei, suspendu au dessous d'un jambage en fer de la toiture, recouvert de Ficus repens, qui se saturait d'hu- midité dans les seringages à la pompe. Si donc vous maintenez, par des serin- gages et arrosements sur le sol et les chemins de la serre, son atmosphère plus humide que le compost des supports, les racines en sortent pour se diriger vers le sol et atteignent ces proportions qui doublent leur croissance et le nombre de leurs fleurs. Dans bien des serres, par un vice de culture, les composts sont maintenus Io8 , LE JOURNAL DES ORCHIDÉES trop humides par des arrosages individuels journaliers, et on laisse trop secs le sol et les murailles, qui dessèchent l'atmosphère. Qu'arrive-t-il? Les racines qui ont tendance à sortir des supports y rentrent bien vite et la plante souffre de cette réclusion forcée. Chez moi, je n'arrose fortement et individuellement mes plantes qu'une seule fois par an, après l'époque du repos, qu'elles doivent toutes supporter, à des degrés différents, sous peine de ne jamais fleurir. Dès que je vois une plante au repos se remettre en travail, par le regonflement des tissus, la teinte verte que reprend le feuillage, je favorise ce nouvel état par des serin- gages progressifs et légers, et une fois bien en activité je la regarnis de sphag- num vivant; c'est alors que je l'arrose à fond, par plusieurs seringages répétés, ou si c'est possible, je la plonge quelques instants, dans le bassin de ma serre. C'est alors également que mes hygromètres à graines d'Erodium me de- viennent nécessaires : il faut que le matin je les trouve dressés, et pendant le jour, s'il fait soleil, dès qu'ils font trois tours, vite avec un arrosoir à pomme je mouille fortement les sentiers. De lin mars à mi-septembre, les jours lumineux et de chaleur, avec une de ces pompes qui se placent dans les arrosoirs, je lance jusqu'au faîtage une pluie fine qui mouille tout, et cela deux fois par jour, le matin, au lever du soleil, et le soir à son coucher; et dans le jour, des arro- sages sur les sentiers, autant de fois qu'ils sont nécessaires pour combattre la dessication de l'air, qu'on doit admettre en grand, mais sans courant direct sur les plantes. Dès la fin de septembre, les seringages généraux à la pompe sont supprimés ; le sol reçoit encore quelques mouillures, pour maintenir la vie aux racines et amener graduellement la saison du repos, qui doit être complet pour les espèces à gros pseudobulbes. Le créateur les a pourvus de ces organes nourriciers, pour pouvoir impunément supporter, dans leurs stations naturelles, la dessi- cation extrême que leur causent la chaleur et l'absence des pluies. Les bulbes se rident, les feuilles jaunissent, quelques espèces les perdent complètement et malgré cet état nécessaire à leur bonne venue à floraison, constaté par les voyageurs et M. Linden tout le premier, je connais des gens qui ne veulent à aucun moment voir prendre à leurs plantes la plus petite teinte morbide. Il les faut toujours dodues et d'un vert noir; aussi, maigre floraison ou pas du tout. Le repos est indispensable à tout ce qui vit et croît sur notre sphère, et l'être épuisé ne retrouve ses forces que dans le sommeil. En hiver, je ne fais jamais de seringages, ni sur les composts, si sur les plantes; les bouches d'air chaud et chargé d'humidité, dégagé par mes poêles 15 JUIN i8go 109 d'eau, suffisent presque toujours, à moins qu'un soleil anormal me force à répandre de l'eau sur les sentiers, sous lesquels circule un des tuyaux du ther- mosiphon. J'ouvre plus ou moins les clapets du faîtage pour en faire partir l'excès, me réglant encore sur mes hygromètres. Règle générale : ne donnez à vos plantes que l'humidité juste nécessaire pour maintenir verte la mousse qui recouvre vos supports, mais ne la marchandez jamais dans l'atmosphère. Un compost trop mouillé se dessèche lentement et peut engendrer la pourriture d'une plante indisposée; jamais de risques à courir avec l'atmosphère. Quant aux cultures spéciales, je n'ai rien à ajouter à ce qu'a commencé de si bien dire et dira l'auteur instruit et pratiquant qui rédige ce journal : ses serres ont fait mon admiration, de même que son aimable réception a conquis ma sympathie. L'occasion est trop belle pour ne pas adresser aux amateurs et horticulteurs belges, si français de cœur et de langage, mes meilleurs souvenirs et je n'oublierai jamais l'accueil de 1880. C'^ F. du Buysson. FORMONS DE BONS JARDINIERS J'ai lu avec grand intérêt et avec grand plaisir l'article dans lequel M. le comte DE MoRAN exposait, dans le n° 5 du journal, les causes de la faveur dont jouissent les Orchidées et de la solidité de cette faveur. L'Orchidée mérite bien le nom de reine du monde végétal et ne sera pas remplacée dans cette haute situation, quels que soient les caprices de la mode. Mais savez-vous ce qui m'étonne ? c'est qu'il soit encore besoin de l'apprendre à beaucoup de personnes; c'est qu'à côté des amateurs passionnés, il y ait tant de gens de goût, de vie élégante et luxueuse, qui ne connaissent pas les Orchidées et qui se contentent encore des pauvres produits de nos jardins. A quoi tient donc cette ignorance ? Je crois qu'elle doit être attribuée à deux causes. La première, signalée très justement par M. de Moran, c'est la cherté des fleurs coupées. En diminuant leur prix on en vendrait, j'en suis persuadé, trois, quatre, cinq fois davantage. Cela ne vaudrait-il pas mieux? Les cultivateurs, comme le public, y trouve- raient leur profit. En France, comme dans votre gracieux pays, on est passionné de fleurs; il y en a dans les palais comme dans les mansardes. Quelle immense LE JOURNAL DES ORCHIDEES clientèle on trouverait là ! Je ne puis pas comprendre qu'on ne songe pas à la conquérir. Mais il y a une autre raison, que je signale à regret, c'est l'ignorance des jardiniers ou leur défaut d'ambition. Il en est beaucoup trop, chez nous — et ce doit être chez vous de même — qui se bornent à tailler des arbres fruitiers et à greffer des roses, et ne conçoivent rien au-delà du métier qu'ils ont toujours pratiqué; ce sont eux, sans doute, qui contribuent beaucoup à retarder la propagation des connaissances nouvelles. Notez qu'il est extraordinaire que les Orchidées aient été étudiées et cultivées si tardivement. Il y a 400 ans que l'Amérique est découverte; il n'y a que 80 ans qu'on en importe des plantes, et 20 ans à peine qu'on sait donner aux Orchidées les soins convenables ; aujourd'hui encore il reste beaucoup à apprendre, et chaque année apporte une somme considérable de progrès nouveaux. Du moins, maintenant que cette famille a fait ses preuves éclatantes, tous les jardiniers devraient tenir à honneur d'être au courant de ces progrès; mais les routiniers sont un peu effrayés, je crois, de ces cultures et de ces plantes nouvelles, dont on leur dit sans doute des choses épouvantables; peut-être faut-il dire aussi qu'ils ont peur de se donner beaucoup de peine. Loin de moi, la pensée de médire d'une corporation que j'apprécie et que j'estime très sincèrement. Le motif de l'ignorance dont je me plains, c'est peut- être que les jardiniers commencent à travailler très jeunes, et qu'ils n'ont pas, en général, de loisirs suffisants pour étudier beaucoup. Quoi qu'il en soit, le mal existe et je crois qu'il serait temps de songer à y remédier. Trouver un bon jardinier est une affaire des plus délicates; et l'on renonce parfois à agrandir ses serres, à étendre ses cultures, faute de temps pour surveiller tout soi-même, à défaut du chef expérimenté que l'on ne peut trouver. Eh bien, en attendant la création d'écoles en plus grand nombre, ce qui est toute une affaire, ne pourrait-on pas s'adresser aux amateurs, aux propriétaires de grandes cultures, et leur dire : « formez des jardiniers. Laissez à ceux que vous employez, surtout aux jeunes, le temps et les moyens de s'instruire; donnez leur des livres, fournissez leur les éléments nécessaires et accordez leur des encouragements. C'est un petit souci qui vous rapportera de grands bénéfices... » Et j'ajoute que ce serait faire œuvre d'humanité. Je ne veux pas me lancer dans des actualités brûlantes, mais enfin, la question des huit heures de travail n'est-elle pas à l'ordre du jour ?.., Max Garnier. 15 JUIN i8go III LES ORCHIDEES A l'exposition de paris en mai i8go Nous avons, dans la dernière « Chronique Orchidéenne mensuelle, » repro- duit, au moment de mettre sous presse, le passage d'une lettre que nous recevions d'un de nos collaborateurs français. Cette reproduction nous vaut d'un de nos abonnés le reproche de ne pas avoir cité tous les exposants. Il paraît attacher une importance toute particulière à ce qu'on ait oublié son lot « comme ni Peeters ni Sander n'en ont jamais apporté ! » Nous ne pouvions forcément donner un compte-rendu complet de cette expo- sition en six lignes. Tous nos lecteurs, non exposants, l'auront compris. Nous avons dit le succès de cette exposition et l'importance des Orchidées exhibées. En dehors des grands lots de MM. Peeters, Sander et de M™^ Block, d'autres Orchidées remarquables méritaient certainement d'être mentionnées. D'abord, en première ligne, les magnifiques hybrides de M. Bleu, son superbe Miltonia Bleui, que la Lindenia a eu la bonne fortune de reproduire, et le Cattleya Parthenia que nous citions dans un des précédents numéros de ce journal comme une véritable perle. Un lot réellement charmant de MM. Garden et C''^, à Bois-Colombes, comprenant quelques fines Orchidées, notamment ses Cypripediimi Curtisi, Phajus Humbloti, Vanda Parishi, Epidendrum ambiguitm, etc. Une cinquantaine à'Odontoglossum crisptim et Pescatorei, en bonnes variétés, de M. DuvAL, à Versailles; les introductions de M. Régnier, ses beaux Aerides spécialement ; les Cattleya Mossiae virginalis et C. M. Wageneri de M. Piret, à Argenteuil, nous dit-on. Les Cypripedium, Cattleya et Odontoglossum rares de M. Massange de LouvREX, à Baillonville. Est-ce tout ? Que les exposants oubliés nous le pardonnent. Nos multiples occupations ne nous ont pas permis, à notre grand regret, de visiter cette exposition et nous sommes bien obhgé, malgré nous, de nous en rapporter à ce qu'on a bien voulu nous en écrire ou nous en dire. 112 LE JOURNAL DES ORCHIDEES COMMENT IL FAUT HYBRIDER Les hybrides sont sortis un peu maltraités du plébiscite des Cypripedium, qui a semblé se terminer par une déclaration de guerre contre eux. Nous ne venons pas protester contre l'opinion d'amateurs éminents : nous partageons complètement leur avis sur le fâcheux encombrement causé par des produits sans valeur. Mais il pourrait se faire une confusion fâcheuse. Le Journal des Orchidées s'adresse surtout à des pratiquants et à des débutants, qui cherchent un enseignement dans ses pages. Quelle conclusion pratique vont-ils tirer de cette lecture, sinon que l'hybridation est mauvaise ? Ce n'est pas là, certes, ce qu'il faut dire, ni ce qu'a voulu dire le Journal des Orchidées. Il est donc nécessaire de distinguer et de bien dire qu'il y a hybridation et hybridation. Il existe, assurément, quelques semeurs avisés, érudits, qui poursuivent avec méthode, dans des expériences à longue échéance, un but déterminé ; mais combien d'autres mélangent, combinent, compliquent sans autorité, sans direction, sans utilité, pour le plaisir de faire du nouveau ! Car on a toujours une tendance à admirer outre mesure le fait de produire des hybrides; l'acte d'un jardinier qui, dans sa serre, avec un pinceau ou un morceau de bois, crée une plante nouvelle, a étonné beaucoup dans les premiers temps et parait encore un peu mystérieux au pubhc ignorant; et comme ce n'est pas bien difficile, tous s'empressent d'en fabriquer. Puis, chaque cultivateur, dans son amour paternel, exalte ses produits de préférence à toute autre plante. Ajoutons que pour les Orchidées, les difficultés à vaincre étant bien plus grandes, d'autre part la fécondation naturelle rendant des services plus pré- cieux parce que la reproduction naturelle était défectueuse, on devait d'autant plus se féliciter des résultats obtenus. On est resté longtemps, et l'on s'attarde encore, dans cette première période de l'admiration naïve, mêlée d'étonnement et de superstition. Ce sentiment là, il faut le combattre énergiquement et le faire disparaître comme une dernière trace d'ignorance. Il ne faut plus que des cultivateurs inexpérimentés, se faisant gloire d'une distraction de cabinet, viennent nous encombrer de pro- 15 JUIN i8go 113 duits mal venus, faits au hasard, et réclamer pour eux une place dans la classification, au grand détriment des botanistes, qui s'y perdent, de la nomen- clature qui s'embrouille et s'allonge démesurément, au détriment de la science elle-même, car on risque de rebuter des amateurs sérieux, qui ne verront avec raison qu'un jeu d'enfant dans ces tripotages. Mais est-ce là de l'hybridation? Non, pas plus qu'on ne pourrait appeler peinture le mélange des couleurs d'une palette jetées au hasard sur une toile. Mais il est une autre manière d'hybrider, et celle-là peut être utile. Elle consiste à étudier les espèces, leurs quahtés de coloris ou de vitahté, à les combiner de façon à avoir des plantes meilleures, et à perfectionner un genre par une sélection intelligente en obtenant, soit un coloris plus pur et plus éclatant, soit une plus grande robusticité, soit une faculté notable d'acclima- tation; en hybridant, en effet, l'Orchidée de serre chaude avec celle de serre froide, du même genre bien entendu, on peut espérer de produire des variétés nouvelles, aussi éclatantes et aussi riches que la première, mais aussi faciles à cultiver que la seconde et s'accommodant bien d'une température peu élevée. Dans cette voie, le champ d'expériences est très vaste, et toutes les espé- rances sont permises. D'une part les combinaisons d'espèces entre elles, d'espèces avec hybrides et même d'hybrides entre eux seront extrêmement nombreuses; d'autre part, il est certain que des progrès ont é.té faits déjà, et que des résultats ont été acquis, assez probants, assez concluants pour encou- rager amplement les innovateurs. Un article récent du Gardeners' Chronicle mentionnait une hypothèse curieuse à ce point de vue. En voici à peu près l'exposé. Il existe un hybride, le Cypripedium Northumhrian, signalé récemment dans le Journal des Orchidées par notre éminent collaborateur M. Rolfe, qui est issu du C. X calophyllum et du C. insigne Maulei. Voici donc quelle est sa composition : ( 1/2 calophyllum = \ ''4 barbatum C. Northumbrian = ; | i/'4 venustum r 1/2 insigne Maulei Or, l'on a remarqué que l'on obtiendrait une composition identique en mariant ensemble les C. Crossianum et Ashburtoniae. On aurait en effet les éléments suivants : 1/2 Crossianum = j j/;J t^enust^um ) 1/2 insigne . . > = 1/4 barbatum 1/2 Ashburtoniae == | J|4 j^^^'^^^ne ^ | ^/^ venustum 114 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Il serait curieux sans doute qu'une tentative fût opérée en vue de réaliser ce croisement ; il y aurait un extrême intérêt à comparer le produit qui serait ainsi obtenu avec le C. Northwnbrian. Le seul obstacle que l'on craignait autrefois, c'était la difficulté qu'il y aurait peut-être à croiser des hybrides entre eux. Elle n'est pas insurmontable, si l'on se rapporte au cas du nouvel hybride de M. Veitch, dont les parents sont deux hybrides, et dont l'un des grands parents est également un hybride. Voici la série des générations : Cyp. X Harrisianum superbum j c. x oenanthum superbum Cyp. insigne Maulei ■ ) > hybride de M. Veitch. C. X Harrisianum superbum ) Ainsi l'hybridation répétée n'affaiblit pas la faculté de reproduction ; et remarquons qu'il en est de même de la consanguinité, puisque nous voyons ici la même plante être à la fois le père et le grand-père de celle qui nous occupe. D'autre part, M. J. Mac-farlane publiait dans le Gardeners' Chronicle du 3 mai dernier, le résumé d'études faites au microscope et d'où il ressort, d'une façon presque certaine, que les hybrides sont, non seulement dans leur port et leur habitus extérieur, mais même dans leur structure intime, le résultat d'un mélange et une sorte de moyenne entre les deux parents. Il y a là des observa- tions des plus intéressantes. Ainsi l'on pourrait, en approfondissant ces recherches, en procédant avec choix et avec suite, espérer d'arriver à régler la formation des plantes nouvelles, à doser les éléments dont elles seraient composées, en faisant dominer à son gré telle ou telle influence. N'est-ce pas une véritable source d'amélioration de la race végétale ? Et l'hybridation ne serait-elle pas élevée à une haute dignité si elle apparaissait comme le moyen de donner aux plantes les qualités que l'on préférerait, et, en prenant de chacune ses avantages principaux, de former des composés de toutes les perfections? L'EXPOSITION DU VINGTIÈME MEETING de L'Orchidéenne, ouverte les 8 et 9 juin, a obtenu, comme ses devancières, un plein succès. De nom- breuses Orchidées méritantes étaient exhibées. Nous engageons nos lecteurs étrangers à visiter ces expositions; elles sont des plus instructives. 15 JUIN 1890 115 TRAVAUX DE LA SECONDE QUINZAINE DE JUIN Les mois de juin, juillet et août sont l'époque la plus favorable pour peindre les serres à l'intérieur, quand elles en ont besoin. On pourra donc, dès ce moment, commencer ce travail là ou il est nécessaire, et profiter de la bonne saison pour procéder à un nettoyage complet. Les plantes auront préalablement été enlevées de la serre, et ne pourront y être rentrées que lorsque la peinture sera bien sèche. Les replacer au même endroit où elles étaient auparavant, autant que possible, si l'expérience et les résultats ont montré qu'il leur était favorable. Nous conseillons encore de recueillir actuellement en abondance l'eau de pluie de façon à ne pas être pris au dépourvu pendant les chaleurs caniculaires. Il est nuisible de laisser l'ombrage sur les serres après le coucher du soleil. L'excès d'ombre donne aux plantes, il est vrai, une belle couleur verte; mais beaucoup d'Orchidées, comme les Cattleya, Laelia, Odontoglossum et d'autres produiront ainsi des pseudo-bulbes non aoûtés et ne fleuriront que peu ou mal. Maintenant que les Odontoglossum ont presque tous achevé leur floraison, on les épongera et les lavera avec de l'eau de pluie. On continuera à leur donner les mêmes soins que pendant la quinzaine précédente. Les Odon- toglossum aiment bien la lumière, mais il faudra éviter de les exposer aux rayons directs du soleil. On les arrosera copieusement ainsi que les Masdevallia qui ne peuvent souffrir, à cette époque spécialement, la sécheresse du sol, là forte chaleur et l'aridité de l'air. Les Disa qui fleurissent ordinairement de juin à juillet, et sont placés dans l'endroit le plus frais de la serre froide, seront arrosés à grande dose le soir, mais on aura soin de ne pas seringuer le feuillage pour ne pas mouiller les fleurs qui se maintiennent pendant quatre à cinq semaines. Les Cypripedium insigne, Ada aurantiaca, les Sophronites et autres Orchi- dées de serre froide suivront le même traitement que les Odontoglossum. Les Laelia Dayana, praesfans, marginata et autres formes naines, qui produisent de très gracieuses fleurs et sont à ce point de vue des plus dignes d'être cultivés, réclament une attention constante pour l'arrosage. Les Laelia Il6 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES mexicains, tels que les L. anceps, autiimnalis, albida, etc., se 'trouveront bien d'être tenus dans un endroit très éclairé, et devront recevoir également des seringages abondants pendant leur végétation, qui a commencé en mai. Les Cattleya gigas et aiirea recevront, en ce moment, moins d'eau que les autres Cattleya. Un léger arrosage leur sera donné de façon à maintenir la partie supérieure du compost humide et à activer le développement des pousses et des racines. Les Cattleya Lawrenceana, Skinneri et Mossiae, les Laelia piir- piirata et cinnabarina, qui viennent de fleurir, seront rempotés ou surfaces suivant que l'exigera l'état de ces plantes. Celles-ci. devront recevoir des arro- sements plus abondants. Quant aux espèces à floraison hivernale, il est néces- saire de leur donner aussi de l'eau en assez grande quantité. Les Miltonia vexillaria dont la floraison est terminée pourront être rempotés ou surfaces, mais avec soin pour ne pas abimer les jeunes pousses. Continuer à donner le même traitement aux Orchidées de serre tempérée, en végétation, mentionnées dans le numéro précédent. Beaucoup d'humidité et assez bien d'aérage ainsi que de l'ombrage quand ce sera nécessaire. Les Cypripedium recevront beaucoup d'eau. Il n'est pas bon, en les rem- potant de les élever trop au-dessus du bord du pot; on constatera qu'ils réussissent mieux lorsqu'ils sont empotés à un demi centimètre plus bas que la partie supérieure du récipient. Les petites plantes qui ont très peu de racines reprennent très bien dans de petits pots placés, eux-mêmes, dans d'autres pots plus grands, remplis de sphagnum. Elles conserveront ainsi plus d'humidité sans avoir besoin d'être journellement arrosées. On soignera les Aerides, Dendrobium, Vanda, Saccolabium ainsi qu'il a été indiqué pour la quinzaine précédente. Ces plantes pourront recevoir assez bien d'eau aux racines. Quant aux Phalaenopsis, auxquels il conviendra de donner toute la lumière possible, en les tenant près du verre, ils pousseront vigoureusement et beaucoup mieux dans une atmosphère moite et étouffée. Il sera toujours bon d'aérer de temps en temps la serre chaude, lorsque la température extérieure le permettra et que la chaleur à l'intérieur aura dépassé 22° centigrades. SOCIÉTÉ ANONYME L'HORTI 1 j m Li ,. RE liTERiiTIOMLi E PARC LÉOPOLD A BRUXELLES Adresse lclÔ!ira|)lii(|iie : LINDENIA, Bnixclles A dministrateur-Di recteur LUCIEN LINDEN >»^ < MISE AU COMMERCE Depuis le 1 Juin 1890 de la plus klle Orchidée introduite pendant ces dernières années Callleya Warocqiieana LiND. DIPLOME D'HONNEUR de V classe, décerné à « l'unanimité » comme Orchidée nouvelle, au Meeting du 11 Mai dernier de L'ORCEIDÉENNE, la Société d'amateurs d'Orchidées établie à Bruxelles. Le Cattleya "Warocqueana est un type de Cattleya, formant une section spéciale comme les Cattleya Mossiae, Trianae , etc., parmi laquelle un grand nombre de variétés se sont déjà déclarées. C'est une brillante introduction, entre toutes, qui provient d'une localité de TAmérique Méridionale, complètement inexplorée jusqu'ici, oii l'on ne soupçonnait guère que des Cattleya pourraient être rencontrés. Sa station naturelle est à une énorme distance de celles d'où proviennent les Cattleya connus. Notre collecteur, M. Bungeroth, qui a été envoyé dans ces parages par M. J. Linden, écrit au sujet de cette grande introduction : « Je suis émerveillé par la beauté de ce Cattleya. Je nai rien vu d'aussi beau ni en « Colombie, ni au Venezuela, parmi les Cattleya Mendeli, Trianae et Mossiae. Uépi floral est « énorme, beaucoup plus grand que chez ces derniers, et le coloris est d'un éclat incomparable « J'ai vu de nombreuses variétés, plus brillantes les unes que les autres. On m'assure ici qu'il « y a beaucoup de variétés à fleurs blanches parmi ces Cattleya. Cest une espèce d'une floribondité « extraordinaire et portant cinq à six fleurs par hampe. » Les i)lantes sont arrivées eu Euro))e le 18 avril dernier en excellentes conditions. Celles qui ont fleuri avaient formé leurs ])outons dans les caisses pendant un voyage de près de deux mois, et malgré cela elles ont émerveillé tous ceux qui ont pu les voir jusqu'ici! C'est une espèce d'une grande robusticité. Feuilles très épaisses. Ce Cattleya sera d'une culture particulièrement aisée. Les plantes, introduites il y a à peine un mois, sont déjà parfaitement enracinées et en pleine végétation. Imitant en cela les Anglais, qui ont dédié les Cattleya Latorenceana, Gaskelliana, Per- civalliana, etc. à leurs grands amateurs, nous avons été heureux de dédier cette grande nouveauté au principal amateur belge, M. G. Waeocqué, président de L'Orchidéenne et l'un des admi- nistrateurs de notre Société. A en juger d'après les échantillons secs envoyés par M. Bungeroth, les fleurs de ce Cattleya sont très grandes, beaucoup plus grandes que celles des C. Mossiae et Mendeli, dit-il. Les pétales et sépales sont d'un beau rose violacé, tendre ou foncé suivant les variétés. Le labelle, presque toujours allongé, très frangé, est chez telle variété magenta velouté pur, ou bordé de blanc, ou marqué à son sommet par deux yeux jaunes ou blancs, variant suivant les sujets, mais admirables toujours. Nous engageons beaucoup les amateurs et cultivateurs d'Orchidées à acquérir plusieurs pieds de cette grande nouveauté ; elle leur procurera d'agréables surprises. Des variétés magnifiques et de grande valeur seront trouvées, nous n'en doutons pas, parmi ces Cattleya Warocqueana ! Nous avons voulu mettre, d'emblée, cette admirable nouveauté à la portée de tous les amateurs en l'offrant à, des prix très modérés. Nous les offrons en bonnes plantes d'introduction, en excellent état, enracinées et en végétation, aux conditions suivantes : BONNE PLANTE 25 francs, » » les 3 70 » » » les 6 125 )' » » les 12 230 » TRÈS BONNE PLANTE, beaucoup plus forte. ... 50 » » » » » » les 3. . 135 « » » » » » les 6. . 210 » » » » » » les 12 . 375 » PLANTE CHOISIE parmi les plus fortes 100 » » » » i> les 3. . . 275 » » » u » les 6. , . 500 » L ILLUSTRATION HORTICOLE REVUE MENSUELLE DES PLANTES LES PLUS REMARQUABLES DES INTRODUCTIONS NOUVELLES ET DES FAITS LES PLUS INTÉRESSANTS DE L'HORTICULTURE Oîi-ectem- : •!. L. 1 i^ D E I%ï ADMINISTRATEUR 1 RÉDACTEUR I^UCIEIV LIIVDEIV { ÉmiILE: RODIONS COLLABORATION DE BOTANISTES ET HORTICULTEURS ÉMINENTS Prix de l'abonnement, payable d'avance : Par volume de 12 livraisons (de janvier à décembre) envoj'ées chacune franco par la poste Pour toute l'union postale, 30 francs On s'abonne à radminislralion de L'ILLUSTRATION HORTICOLE T9, rue "Wîertz, à Bi*ux:elles ainsi que chez les princi'paux libraires de Belgique et de V étranger Envoi franco d'une livraison-spécimen sur demande affranchie accompagnée de 3 francs en timbres-poste. SPECIALITE DE CRISTAUX RICHES ET ORDINAIRES 58, Montagne de la Cour BRUXELLES GRAND ASSORTIMENT DE FANTAISIES ARTICLES DE SAXE Porcelaines et Faïences Françaises, Anglaises, Belges, etc. Services de Table en faience, 77 pièces depuis 35 francs Services de Table en crislal, 62 pièces, depuis 30 francs La Maison se charge de faire exécuter tous les travaux qui lui seront demandés, soit d'après des dessins ou d'autres renseisnements. FLEURS D'ORCHIDÉES Les relations du JOURNAL DES ORCHIDÉES avec les amateurs et cul- tivateurs d'Orchidées qui vendent des fleurs coupées, lui permettent d'indi- quer, en tout temps, aux intéressés oii ils peuvent se les procurer. S'adresser pour la Vente et l'Achat au bureau du Journal qui se fera un plaisir de fournir sans aucune commission, tous les ren- seignements utiles. TERRE FIBREUSE ET SPHAGNUM Prix les plus réduils, défiant foule concurrence Adolphe BRAHY-MÂRGHÂL à CHANLY (Belgique) FOURNISSEUR DE L'HORTICULTURE lî^TERNATIÛNALE à Bruxelles H. D'HONDT Rue des Douze Chambres, 127, Gand CONSTRUCTEUR DE SERRES EN FER GRILLAGES, PONTS, etc. Atelier de construction pour Foyers, Fourneaux et cliauifage en tous genres Prix et renseignements sur demande. MAISON FONDEE EN 18 59 CH. BUSS Rue d'AlckergeiM, 11° 69, GAIVO USINE A VAPEUR POUR LA CONSTRUCTION DE SERRES Iiislallation complète de tous systèmes de Serres, Plans et Devis SERRi:S A VIGNES, A ORCHIDÉES ET A MULTIPLICATION COUCHES A LÉGUMES ET A FLEURS. — ABRIS VITRÉS MOBILES POUR PÊCHERS Claies et lattis roulants de tous modèles et grandeurs 150 1MI<:DAII.LE$^ aux E)XPO.mTIOIVS DV P.4VJÏ) ET nE 1.'ÉTRAMC1ER 1885 — Médaille tl'Aryenl à l'Evposition Universelle d'Anvers — d885 CONSTRUCTION D'APPAREILS DE CHAUFFAGE A EAU CHAUDE ET A VAPEUR POUR SERRES & BATIMENTS Atelier de oonstmction de Ponts et Serres en fer CHAUDRONNERIE EN FER MÉDAILLES OBTENUES A DIVERSES EXPOSITIONS ED. VAN HEDDEGHEM CONSTRUCTEUR Rue Merlens, Faubourcj d'Auvers P. DURIE RUE DU NOYER, BRUXELLES FABRIQUE DE POTERIES SPÉCIALITÉ DE POTS POREUX POUR ORCHIDÉES TERRINES, SOUCOUPES, etc. Prix et échantillons sur demande. GRANDE SPÉCLVLTTÉ D'OUTILS ET INSTRUMENTS AGRICOLES ET HORTICO LES Seringues, Arrosoirs, Coupe-bordures, Echenil- loirs^ Sécateurs de toutes sortes, Serpettes, Grefïbirs, Pelles et Bêches pour jardinage et drainage, Râteaux, Rasettes, Plantoirs, Fau- cheuses, etc. QUINCAILLEPJE GENERALE ARTICLES DE MÉNAGE ET DE CHAUFFAGE Fil de fer galvanisé, Clous, etc., etc. M. LINDEKENS 292, Chaussée de "Wavre, BRUXELLES. n^ l.e Année. P' J U I LLET 1890 Numéro 8. ^f '^ LE JOURNAL DES ORCHIDÉES GUIDE PRATIOIE DE CULTIÎRE ï?, É ID I G- É ET I^ XJ B L I Ê PAR LUCIEN LINDEN Administrateur-Directeur de L'Horticulture Internationale Secrétaire de L'Orchidéenne AVEC LA COLLABORATION DE MM. J. LiiNDEN, Comte du Buysson, de Lansberge, G, Warocqué, R. A. RoLFE, G. MiTEAU, Ém. Rodigas, p. E. de Puydt, N. Funck, E. "Wallaert, P. Gloiner, g. Joris, a. Van I.msghoot, Fr. Desbois, A. Linden, E. S. RA^'D, D'IVAN Cal\velaert,E. Blngeroth,Gh.Vasselr, James O'Brieis, .Iules Hye, R. Martin Cahuzag, [)■■ Capart, Comte de Bousies, Alf. Bleu, J. dv Trieu de Terdonck, A. Lallemand, A. Cognfaux, Max Garnfer, PaulOtlet, Em. Pierret, P. Silyer, J.Moeins, G. Rivois, A.Dalliére, Comte de Moran, O.Ballif, C.Ellner, F.Kegeliain, D.Massange de Louvrex, A. de la Devansaye, Fl. Claes, de Meulenaere, Charles André, elc. Prix de l'Abonnement : 10 francs par an I*ai'ait le l'"'" et le 1^ «le cliaqvie mois AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES DANS TOUS LES BUREAUX DE PnSTK ET CHKZ TOUS LES I.IBRAIRES. A7j^^J^~ GuikI, impr. Eu;:. Yand erli.ieghon. (C;5i_» -^/^j^i LINDENIA lOONOaR^f'IIIB DES O Ï^OHIID l5]E S PUBLICATION MENSUELLE IN-FOLIO Ohaque livraison contient quatre belles planches ricliement coloriées Directeur: J LINDEN Rédacteurs LUCIEN LINDEN, EMILE RODIGAS et R. A. ROLFE Abonnement pour le volume en cours : 60 fr. pour les 12 livraisons payables par anticipation Bureaux : 100, Rue Belliard, à Bruxelles (( Le plus beaUj le plus exact et le meilleur marché des ouvrages de luxe périodiques spéciaux aux Orchidées » COMPOSITION DES LIVRAISONS PARUES Volume Acranlhns Leonis, Aerides maculosuni var. formosum, Aerides odoralum var. Demidodi. Aerides Reielienliachi, Aganisia Iricolor, Catasclum discolor, Catasetuni tigrinum. (iattleya aurea, Catlleya giillala var. leopardina. Cattleya Lawrenceaiia , Callleya Malouana . Caltleya maxima var. Hrubyana. Catlleya noijilior var. Hiigiienyi, Callleya Perci- valiana var. Heicheiil>achi. Callleya Trianae var. alba. Calt- leva Trianae var. Annae. Cleisosloma Giiiberli, Cypripedium Druryi. Cypripedium I^awrenceamim var. Hyeanum, Cypri- pedium œnantlium superbum. Cypripedium selligerum majus. Cypripedium tessellalum var. porphyreum. Dendrobium Fal- coneri. Dendi'obium stratioles, Dendrobium thyrsiflorum, Epidendrum paniculatum Masdevallia Lindeni var. grandi- tlora. Masdevallia Roezli. Oncidium Lanceanum var. super- bum. Oueidinm Limmingiiei, (Jdoiiloglossum Alexandrae. Odonloglossum nevadense, Odontoglossum ramosissimum. Odontoglossum rubescens, Odonloglossum Kuckeriauuni. Odonloglossum vcxillarium var. purpureum, Odonloglossum Wilckeanum albens, Paphinia crislala var. Raudi. Plialae- nopsis Sanderiana, Phalaenopsis Sluarliana var. punclulala. Restrepia anlennif'ei-a. Selenipedium reliculaluni. Spallio- glollis Auguslorum. Ti'icliocenlruni ligrinum var. splendens. Trichopiliasuavis. VandaBoxalli, YandaDennisoniana.Vanda Sanderiana var. labello viridi. Qmo Volume Angraccum Kllisi. An{;nl(ta Hnckeri vai'. média. Anscllia rongoensis. Hollea jmlvinaiis. Iti'assia caudala. C.alandic Regnicri, (ialasclmn Hiingcnillii. C.alascliim j^alciilimi, (lall- l(!ya gigas. Ciattlcya Kimljalliana, ("-atlleya Mcndcli. Ciatllcya SchilhM'iana var. Ainaliana. ('.nelogyiic |iandiu'ala. (',y|(ri(n'- diiim callosiim, (".v|)ii|){Mliiiin niicrocliiliiin. (ly|)i-i|i('diiiin Sallicii. ('iy|)ii|>i'diiini loiikiiiciisc. Dciidi'idjiiiin liraclcnsiiiii. Doiidr'dliiiiiii ii)anditiliii. K|iiIOil.S COLLABORATION DE BOTANISTES ET HORTICULTEURS ÉMINENTS Prix de l'abonnement, payable d'avance : Par volume de 12 livraisons (de janvier à décembre) envoyées chacune fraiico par la poste Pour toute l'union postale, 30 francs On s'abonne à radminislralion de L'ILLUSTRATION HORTICOLE TO, i*ue 'Vi/^îei'tz, à Itmix^elles ainsi que chez les princi'paux libraires de Belgique et de V étranger Envoi franco d'une livraison-spécimen sur demande affranchie accompagnée de 3 francs en timbres-poste. Bon Jardinier, 31 ans. au courant des Orchidées et muni de ti'ès bonnes références, demande place. Adresse au bureau du journal. Case à louer FLEURS D'ORCHIDÉES Les reLations du JOURNAL DES ORCHIDÉES avec les amateurs et cul- tivateurs d'Orchidées qui vendent des fleurs coupées, lui permettent d'indi- quer, en tout temps, aux intéressés où ils peuvent se les procurer. S'adresser pour la Vente et l'Achat au bureau du Journal qui se fera un plaisir de fournir sans aucune coinmission, tous les ren- seignements utiles. TERRE FIBREUSE ET SPHÂGNUM Prix les plus réduits, défiant toute concwrence Adolphe BRAHY-MÂRCHÂL à GHANLY (Belgique) FOURNISSEUR DE L'HORTICULTURE LnTERNATIONALE à Bruxelles H. D'HONDT Paie des Douze Chambres, 127, Gand CONSTRUCTEUR DE SERRES EN FER GRILLAGES, PONTS, etc. Atelier de construction pour Foyers, Fourneaux et chauffage en tous genres Prix et renseignements sur demande. MAISON FONDÉE EN 1859 CH. BUSS Rue cI'AliUergeiM, ii» Gî>, GJAIVO USINE A VAPEUR POUR LA CONSTRUCTION DE SERRES Iiîslallalion complèle de Ions systèmes de Serres, Plans et Devis SERRES A VIGNES, A ORCHIDÉES ET A MULTIPLICATION COUCHES A LÉGUMES ET A FLEURS. — ABRIS VITRÉS MOBILES POUR PÊCHEBS Claies et lattis roulants de tous modèles et grandeurs fSO iMIODAIM^KS Alix KXPO.<$ITIOIVS DV PAYJ^ ET ne li'KTRAIVGER 1885 — SIMaillc d'Aryenl à rKiposilion llimcrscllc d'Anvers — 1885 CONSTRUCTION D'APPAREILS DE CHAUFFAGE A EAU CHAUDE ET A VAPEUR POUR SERRES & BATIMENTS Atelier de construction de Ponts et Serres en fer CHAUDRONNERIE EN FER MÉDAILLES OBTENUES A DIVEBSES EXPOSITIONS ED. VAN HEDDEGHEM CONSTRUCTEUR Rue Merlens, Faubourg d'Anvers P. DURIE RUE DU NOYER, BRUXELLES FABRIQUE DE POTERIES SPÉCIALITÉ DE POTS POREUX POUR ORCHIDÉES TERRINES, SOUCOUPES, etc. Prix et échantillons sur demande. GRANDE SPÉCIALITÉ D'OUTILS ET INSTRUMENTS AGRICOLES ET HORTICO LES Seringues, Arrosoirs, Coupe-bordures, Eclienil- loirs. 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Cognl^ux, Max Garnier, PaulOtlet, Em.Pierret, P. Silver, J.Moens, G. Rivois, A.Dalliére, Comte DE MoRAN, O.Ballif, C.Ellner, F.Kegeljan, D.Massange de Louvrex, A. DE la Devansaye, Fl. Claes, de 3Ieulenaere, Charles André, etc. Prix de TAbonnement : • 10 francs par an Paraît le 1'^'' et le IS de cliaqvie mois AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES DANS TOUS LES BUREAUX DE POSTE ET CHEZ TOUS LES LIBRAIRES. 'o^^r* Gand, inipr. Eug. Vanderhaeglipn. Tçj^jr* y^:^^__^ _ ^ -^/xAriPjVW^- ♦— ^ -"^X ^È) LINDENIA IOONOGm^r»HIE DBS OI^OHIDÉES PUBLICATION MENSUELLE IN-FOLIO Chaque livraison contient quatre belles planches richement coloriées Directeur : J LINDEN Rédacteurs : LUCIEN LINDEN, EMILE RODIQAS et R. A. ROLFE Abonnement pour le volume en cours : 60 fr. pour les 12 livraisons payables par anticipation Bureaux : 100, Rue Belliard, à Bruxelles tt^ (( Le plus beau, le plus exact et le meilleur marché des ouvrages de luxe périodiques spéciaux aux Orchidées » COMPOSITION DES LIVRAISONS PARUES 1er "Volixine Aeraiillms Leonis. Aerldes maculosiini var. t'ormosum, Aeriilcs odoratum var. Demiclofli. Aerides Reichenbachi, Aganisia Iricolor, Calaselum discolor, Catasetum tigriiium. Caltleva aiirea. Cattleya guttala var. leopardina. Caltleya Lawrciu^eana . Cattleya Malouana. Cattleya niaxima var. Hrubyaiia. Caltleya nobilior var. Hiiguenyi, Caltleya Perci- valiana var. Reichenbachi. Cattleya Trianae var. alba. Calt- leva Trianae var. Annae. Cleisostoma Guiberli, Cypripedium Driiryi. Cypripediiim Lawrenceaniim var. Hyeannm. C-ypri- pedium œnanthum superbum. Cypripedium selligeriim majus, Cypiipedium tessellatum vai. porpliyreuni. Deiidrobium Fal- coneii, Dendrobium stratiotes, Dendrobiuni ihyrsillonim, Epidendriiiii paiiiculaluni Masdcvallia Lindeni var. grandi- tlora, Masdevallia Roezii, Oncidium Lanceanum var. super- bum. Oncidiuni Limniinghei, Odontoglossum Alexandrae, Odontoglossum iievadense, Odontoglossum ramosissimum. Odontoglossum rubescens, Odontoglossum Ruckerianum. Odontoglossum vexillarium var. purpureum, Odontoglossum Wilckcanum albens. Paphinia cristata var. Randi. Phalae- nopsis Sanderiana. Plialaenopsis Stuartiana var. punctulata, Restrepia antennifera. Selenipedium reticulatum. Spatho- glottis Augustorum.Trichocentrum tigrinum var. splendens. Trichopilia suavis. Vanda Boxalli, VanaaDeniiisoniana,Vanda Sanderiana var. labello viridi. S"« Volume Angrapcum Ellisi. Anguloa Riickcrl var. média. Ansellia congoensis. Bollea pulvinaris. Biassia caudala. Calaiillie Regnieri, Calaselum Bungcrollii. Calaselum galciiluin, (lalt- leya gigas, Callleya Kimballiaiia, (îallleya Mondeli. (ialticya Schilleriana var. Amaliana, Coclogvitp pandurala, (îypripc- diiim callosum, Cypripedium microcliilum. Cypripedium Sallieri, Cypripedium toiikineiisp. Df-ndrobium brapleosum. Dendruhium inauditum, Epidendruni Handiaiium. (ïaleaiidra Uevoniana var. Delpliina. Galeaiidra tiaveola. Laelia (degans var. Houtteana. Masdevallia Ycildii. Miltonia spectahilis var. lineala, Oncidium lucullatum, Oncidium Jonosianum, Onci- diiim Warsocwiczi. Oilontoglossum Aloxandrao var. Cutse- niianum. Odoiiloglossuni Coradiiici granditlonini, Odonto- {jldssiiin graiiiic. Oduiildgliissum Lurianiaiium. Odonto- fjldssum liiteo-piir|)urciim. ()d()iitogl(j.ssuni Roezii. Odonto- j|lcissiini Sidiillcriamim. l'Iialaciiopsis ainabilis. Phalacnopsis Ijuldcniaiiniaiia. l'Iialaciinpsis Sumalraiia. Pikimna nobilis. S;i(ciilabiuni gi{;aiitf'iim var. illustre, Soleiiipedium (•audatuni gijîaiiloiini. Scb'iiipcdiutii .Scbmderao var. s|)lendens, Spa- tliiigloltis plicata. .Siaiibopea ligriiia. Tri(diocentruin albo- purpiireum var slrialum, Vaiida [^indciii. Vanda siiavis var. Liiidcni, Zygopetaliim rostratum. 3me Volume Aeridcs Fieitlingi. .\eranthes granditlora. Aerides Houlle- liaiiuin. Aganisia cyanea. Aiigraccum Litlirostacbys Sodcni. Anguloa unitlora. Brassavola cuoullata var. cuspidata. Bollxt- phyllum graiidilloruni. Catasetum Bungerotlii var. aureiim, Catasetiim Bungerotlii var. Pottsianuni. C.atasctum decipiens, (jatasetum pulchruiii. Callleya Gilxv.iac (lattlcya lai)iata var. autumnalis, (laltleya virgiiialis. (".Icisostoiiia crassirolium. Cypripedium Arthuriaiium var. palliduiii. Cypripedium Caii- nartiaiuim. Cypripedium (kirtisi. Cvpripedium Harrisiaiumi var. superbum. (^.ypripedium Leeaiium. CypiipeiJium Moensi- anum, Cypripedium praeslans. (ivpripedium Van Houllea- num. Cypripedium villosum, Cypripedium Selenipedium) W.illisi. Dendrohium purpureum var. eandidulum. Dendro- ipium rulrilcrum. Uciidroiiium slreliloceras var. Russianum, Ii)ii()()sis paniculala var. ma\ima, Masilevallia macrura, Masde- vallia spcetrum. Milloni;! speclabilis Moreliana, Oncidium cliciroplniruiii. Oncidium |)a|)ilio vai-. niajus, Oncidium Piia- lafMojisis. Oilontoglossuni <'ilr(ismum vai'. Devansaveanuni. Odonloglossum ci'ispum var. t'aslu(jsuni. Odontoglossum cris- pmn var.Trianac. Odontoglossum cuspidatum, Odontoglossum H.'irryaiium . Odontoglossum odoratum var. baphicantum . Odontoglossum triumplians, Odontoglossum Uro-Skinneri. l'.ipliiuia Lindeniana. Paphinia Modiglianiana. Rodriguezia Huiigprollii. Vanda superba. 4me Volume Aerides quinquevulneruni, Angraecum sesquipedale. Angu- loa Clowesi. Callleya chocoensis var. Miss Niisson. Callleya Mossiae var. Bousiesiana, Callleya Mossiae var. Warocipieana. Cirrliopetalum pulclirum. Compareltia t'alcata. Cypripedium bellatuium. Cypripedium Ellioltianum. <^,ypi-ipedium Harri- sianum var. polychromum. Cypripedium Masiersianum. Cy- pripedium Miteananum. Coelogyne cristata var. alba. Den- drobium Bensoniae. Dendrobium deasillorum. Epidendruni nemorale. Laelia majalis. Lépiotes bicoloi'. Lycasle Skiniieri var. alba, Masdevallia tovarensis, Mi ltonia(Odonl.)XBIeuana. Mesospinidium vulcanicum, Nanodes Medusae, Odonloglos- >um Bleicliriiderianum. Odontoglossum Cervantesi lilacinum, OibjMlojjlossum (ilonerianum. Odontoglossum Halli. Odonlo- î'Jossum Pescator-ei var. Lindeni. Odontoglossum latimacu- hiliini. Odonloglussnm radialum. Odontoglossum Rossi var. Mnnimi, Odontoglossum Warocqueanum. Oncidium Forbesi niaximum, Oncidium iridifolium, Oncidium macranlbum, Pliaius grandil'olius. Polystachia pubescens, Selenipedium (Miidalum var. .\lberlianum. .Soplironitis grandillora. Thunia Maislialli. Vanda coeiulea, Vanda tricolor. Warrea Lin- deniana. "Volume .\da au ranliaca, Aerides Augustianum. Angraecum cilratum, .\ngiaecum eburneum var. superbum. Bil'renaiia Harrisoniae, Bolbophyllum Lobbi. Calanlhe Masuca. Calanlhe Veitilii. Cataselum macrocaipum var.chrysantluim, Callleya Trianae var. purpurala. Cattleya Trianae var. M""" Marlin-Caliuzac, Callleya Trianae var. pallida. Cattleya Trianae var. striala. Callleya maxima va--. Malouana. Cymbidium Mastersi, Cypri- pedium barbalo-VeilcIiianum, Cypripedium nitens. Cvpri- pedium orphanum. Dendrobium crumenalum. Dendiobium inliidibulum. Dendrobium Mirbelianum. Dendrobium Pax- toni. Dendrobium Wardianum var. Lovvi. Epidendrnm pris- malocarpum. Epidendrnm vilellinum. Gongora niaculala, Houlletia Hrockleliurstiana. Laelia anceps var. Hveana. La( lia elegans. Lycasle coslala. Masdevallia ignea. Mdlonia Blunti var. Lubbersiana. Millonia vexillaria var. superba, Oncidium aurosum, Oncidium concolor, Oncidium Mars- liallianum, Oin-idium sarcodes. Odontoglossum Boddaertia- niim. Odontoglossum I)u\ivieiianum. Odontoglossum liasli- hdjiiiÉn. Odontoglossum maxillare. Odontoglossum odoratum var. slrialum. Odontoglossum Sclilesiugerianum . Plialac- niipsis Scliilleriana. Rodriguezia réfracta, Vanda Kimballiana, Zygopelalum intermedium, Zygopetalum Jorisianum. Le prnx des volumes pa7nis de la « LINDENIA » a été fixé comme suit : l^"- Volume, 125 fr.; 2'"'^ Yolume, 100 fr. ; 3""^ Volume, 75 fr. ; 4'"" Volume, 70 fr.; 5""^ Volume, 65 fr. LES CINQ VOLUMES PRIS ENSEMBLE : 400 FRANCS 6 "' Volume (l^*^ livraison paraîtra le 1"' août 1890) : 60 francs a:^ ON PEIJT S'ABONNER POUR CHAQUE YOLUME SÉPARÉMENT. UN NUMERO SPECIMEN : 6 FRANCS SOMMAIRE DU 9"^ NUMÉRO : Pages Revue des Orchidées nouvelles ou peu connues 133 Les Cypripedium 136 Les grandes introduclions nouvelles. — 1 139 L'importation des Orchidées 141 Arrosement des Orchidées 143 Traitement des Orchidées importées 146 Travaux de la seconde quinzaine de juillet 147 L ORCHIDEENNE SOCIÉTÉ D'AMATEURS D'ORCHIDÉES A Présidents d'Honneur : MM. le baron de BLEICHRODER, consul-général de S. M. Britannique, à Berlin, pour l'Allemagne ; J. LINDEN, consul-général honoraire, pour la Belgique; Comte DU BuYssoN, auteur de rOrcliidophile, pour la France; DE LANSBERGE, ancien gouverneur général des Indes Néerlandaises, pour les Pays-Bas. SECRETARIAT : 100. RUE BELLIARD, BRUXELLES Comité Directeur : PrésidetU : M. G. WAROCQUÉ, membre de la Chambre des Représentants de Belgique; Secrétaire : M. LUCIFJN LINDEN, administrateur-directeur de L'Horticulture Internationale. Trésorier : M. J. DU TRIEU DE TERDONCK, propriétaire. Les MEETINGS et EXPOSITIONS MENSUELLES de belles et rares Orchidées ont lieu les deuxièmes Dimanche et Lundi de chaque mois dans le pavillon central de L'Horticulture Internationale^ Parc Léopold, à Bruxelles. LES MEMBRES DU JURY DE L'ORCHIDÉENNE, pour l'année 1890, sont MM. Comte de Bousies, A. Goor, Jules Hye, Kegeljan, Lallemand, Louis Lubbers, Massange de Louvrex, M. Metdepeinningen, g. Miteau, E. Rodigas, A. Van Imschoot et E. Wallaert. Jg;;^=^ XjGs Meetings sont siispendus chaque année pendant les mois d'été de juillet et août. 15 JUILLET 1890 133 REVUE DES ORCHIDÉES NOUVELLES OU PEU CONNUES MASDEV ALLIA LOWI, Rolfe. — Belle petite espèce appartenant à la section des Saccolabiatae, et importée de la Cauca par MM. Hugh Low et C'^. Les sépales sont un peu étroits et resserrés, et le labelle pourpre marron clair, remarquablement charnu. Ces caractères la distinguent nettement des autres espèces du même groupe. Gard. Chron., 5 avril, p. 416. * * ZYGOPETALUM CAULESCENS, Rolfe. — Espèce très intéressante et très remarquable, appartenant à la section Euzygopetalum. Ses fleurs sont plus petites et plus pâles que celles du Z. Mackayi, Hook., dont il est évidem- ment parent; quant à son port, il diffère totalement de celui de toutes les autres espèces que nous connaissons. La tige est caulescente, haute de vingt cinq à soixante centimètres, recouverte par la base engainante d'un grand nombre de vieilles feuilles, et produit les racines à la partie inférieure. Le caractère singulier auquel cette espèce doit son nom indique quelque particu- larité dans son habitat; peut être faut-il croire qu'elle grimpe aux troncs des arbres. Les feuilles sont distiques, longues et un peu étroites. Le Zygopetalum catdescens est natif du Brésil, d'où il a été introduit par MM. F. Sander et C'% de S'-Albans. Il est entré aujourd'hui dans beaucoup de collections privées. Gard. Chron., 3 mai 1890, p. 544. ODONTOGLOSSUM X LEROYANUM, Castle. — Hybride artificiel très intéressant produit par M. Leroy dans les serres de M. le baron Edmond DE Rothschild, à Amandvilliers, près Paris. Il fut obtenu, il y a environ cinq ans et demi, par la fécondation de VO. crispuui à l'aide du pollen de VO. luteo-piLrpureum, et il est exactement intermédiaire entre ces deux espèces. Il offre un intérêt spécial par cette raison qu'il est le premier hybride artificiel d'Odontoglossum ayant fleuri, et en outre à cause de sa parenté 134 LE JOURNAL DES ORCHIDEES avec ÏO. X Wilckeanum. Celui-ci a toujours été considéré comme un hybride naturel entre les deux mêmes espèces, et VO. X Leroyanum, tout en étant peut-être assez distinct au point de vue de l'horticulture pour conserver son nom, est identique avec lui au point de vue botanique. Gard. Chron., y juin, p. 704. * * ZYGOPETALUM JORISIANUM, Rolfe. — Belle espèce très distincte, appartenant à la section Euzygopetalum, mais ayant le labelle trilobé et fimbrié, et les ailes de la colonne également fimbriées. Le labelle est d'un blanc crème, avec les lobes latéraux largement bordés de jaune, et la crête pourpre; les segments sont verts, marqués de larges taches brun pourpré. Le port est à peu près le même que celui du Z. interinedinm, mais les pédi- celles sont beaucoup plus longs. Cette plante, introduite par MM. Linden, de L'Horticulture Interna- tionale, Bruxelles, a été dédiée à M. G. Joris, un des commissaires de cette société. Gard. Chron., 7 juin, p. 704. Lindenia, vol. V, pi. CCXL. * * * CALANTHE X MYLESI, Williams. — Hybride produit par M. Myles, de Ryde (île de Wight), entre le C. vestita tiivalis et le C. X Veitchi. Toutefois il ne porte guère trace de l'influence de ce dernier. Il produit des fleurs d'une blancheur immaculée, de la même grandeur que celles du C. vestita, avec la gorge jaune citron. Warn. et Will. Orchid Album, IX, t. 402. * * * CATTLEYA LABIATA, Lindl. var. WAROCQUEANA, Rolfe. — L'une des nombreuses formes qui, au point de vue botanique, se groupent sous le nom général de C. labiata, Lindl. II est très variable, et son classement par rapport aux autres formes de cette belle section n'est pas encore nettement établi, mais il semble être aussi distinct que les C. Mossiae, Mendeli, Trianae, et autres que les botanistes considèrent comme des variétés géographiques du C. labiata. Il a obtenu un diplôme d'honneur de i'"'' classe au meeting de L'Orchidéenne du 1 1 mai dernier, sous le nom de C. Warocqueana, Linden, et fera probablement beaucoup parler de lui. Il parait qu'il provient d'un district tout à fait nouveau. Gard. Chron., 14 juin, p. 735. (Voir l'article spécial, plus loin.) 15 JUILLET 1890 135 CATTLEYA X INTRICATA, Rchb. f. var. MACULATA, Rolfe. — Charmante variété, qui porte sur les pétales et les sépales des taches rose pourpre, en assez grand nombre. Il a été collecté dans la province de Santa Catarina (Brésil) et se trouve aujourd'hui dans la collection de M. Malcolm CooK, de Kingston Hill. C'est évidemment un hybride naturel entre le C. tnter- media et une forme de C. guttata. Gard. Chron., 21 juin, p. 763. * CYPRIPEDIUM X AYLINGI, Castle. — Très bel hybride produit par M. Ayling, jardinier de M. A. J. Hollimgton, d'Enfield, par la fécondation du C. niveiim avec le pollen du C. ciliolare. Il ressemble beaucoup, comme port, au C. niveum, mais la forme des segments est modifiée dans le genre du C. ciliolare. Le labelle est d'un blanc pur, et les segments blancs avec une foule de taches pourpre clair, disposées sensiblement en lignes. Il a obtenu un certificat de i'^^ classe de la Royal Horticultural Society, le 10 juin, et un certificat botanique de la Royal Botanical Society le lendemain. Joîirn. of Horticulture, 12 juin, p. 480, fig. 74; Gard. Chron., 14 juin, pp. 747, 748; 28 juin, pp. 729, 797, fig. 131. * * * CYPRIPEDIUM X VIPANI, Rolfe. — Encore un très bel hybride, dans le genre du C. X Aylingi, quoique tout-à-fait distinct. Il a été produit dans la collection du capitaine Vipax, dé Wansford, par la fécondation du C. Philip- pinense au moyen du C. niveum. Le labelle est blanc, comme dans ce dernier, mais il est plus replié sur les côtés, et les segments sont plus étroits et blancs. Le sépale dorsal porte onze hgnes longitudinales d'une couleur pourpre écla- tante, et chacun des pétales en a neuf. Les caractères du C. niveum se re- trouvent d'une manière frappante dans cette plante, comme dans tous les hybrides à la production desquels il a contribué. Gard. Chron., 28 juin, p. 792. R. A. Rolfe. 136 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES LES CYPRIPEDIUM Bien que les Cypripedium ne soient pas, au point de vue du coloris, l'un des genres les plus remarquables de la famille des Orchidées, aucun n'a bénéficié plus qu'eux de la faveur du public. Nous sommes donc certains d'intéresser nos lecteurs en consacrant à ces plantes une étude, forcément un peu sommaire, mais dans laquelle nous nous efforcerons d'indiquer leurs caractères généraux, et les causes de la vogue dont ils ont profité. Les caractères généraux des Cypripedium sont aisément reconnaissables et les différencient nettement des autres Orchidées ; il n'est pas possible de s'y méprendre, même quand les fleurs n'ont pas encore fait leur apparition. Les espèces sont nombreuses, mais elles se relient toutes entre elles par certains traits communs que l'on arrive bien vite à distinguer. Cette fixité, bien rare dans les autres Orchidées, a même donné naissance à une hypothèse d'après laquelle l'origine des Cypripedium remonterait à une date beaucoup plus ancienne que celle des autres membres de la famille ; Darwin, dans son ouvrage intitulé : « La fécondation des Orchidées, » confirme et complète cette explication : « Une multitude de formes intermédiaires, dit-il, doivent avoir disparu par extinction. » Il est impossible, en effet, de retrouver dans aucune variété le souvenir de la simplicité originelle. Les Cypripedium possèdent, comme toutes les autres Orchidées, les pétales, les sépales et le labelle, ainsi que la colonne d'étamines et de pistils disposés comme à l'ordinaire, mais au sommet de la colonne, un peu au delà de l'entrée de la lèvre et à la place qu'occupe habituellement l'anthère, se trouve une plaque charnue qui en diffère par la forme et la grandeur; c'est le staminode, qui est considéré généralement comme une étamine dégénérée ou sans fonctions. Au-dessus se trouve une plaque stigmatique qui se projette au devant de la colonne, et par derrière sont deux anthères, une de chaque côté de la colonne. Le sépale dorsal est beaucoup plus élevé et plus voyant que les autres parties de la fleur, et paraît destiné à attirer les insectes; il a d'ordinaire une couleur 15 JUILLET 1890 137 plus brillante et qui se trouve souvent disposée suivant des ligues qui se dirigent vers le labelle, comme pour servir de guide aux visiteurs ailés. La forme du labelle également est exceptionnelle; elle a donné à ces plantes leur nom aussi bien dans la nomenclature scientifique que dans le langage du peuple qui les appelle : « pantoufles de Vénus, » et en Amérique : « fleurs de mocassin. » Le calcéolaire est connu pour présenter la même forme de poche; elle ne se rencontre que dans un très petit nombre de plantes. On ne peut évidemment imaginer l'apparition d'un organe tel que le labelle du Cypripedium que comme le résultat d'une très ample série de transformations. On ne peut, non plus, s'empêcher de se dire que cette forme si bizarre, si artifi- cielle en quelque sorte, doit être adoptée à un but spécial, aux besoins d'une des principales fonctions vitales; et l'on est bientôt amené à penser qu'elle seconde en effet la fonction la plus essentielle, celle de la reproduction. L'utilité du labelle apparaît, en efl"et, dans le mécanisme de la fécondation par les insectes. Il forme une sorte de trappe, qui retient l'insecte une fois entré et ne lui laisse d'issue qu'à la partie postérieure de la fleur, près de la colonne. Il se trouve ainsi forcé de rencontrer la masse pollinique, dont il emporte avec lui la plus grande partie. Remarquons, d'autre part, que quand l'insecte s'introduira dans une autre fleur, il rencontrera le stigmate avant l'étamine, et nous aurons mis en lumière les conséquences singuhères, et d'une si grande importance, qui résultent de cette conformation. Il est évident que dans cette espèce l'auto-fécondation deviendra l'exception — et nous ajouterons : que les fécondations croisées pourront être très fréquentes. Il semble en effet que la nature ait tout disposé en vue de ce résultat; l'auto- fécondation est rare parmi les Cypripedium, et rarement des importateurs ont reçu des spécimens portant des semences. C'est une cause importante d'extinc- tion, car le développement par la croissance est lent, et ne doit, en tous cas, conserver les espèces que dans une aire très limitée. Bien mieux : il existe une variété qui se reproduit beaucoup par semence directe, et sa propre fécondité la met en danger de disparaître. Nous parlons du C. Schlimi, chez lequel on a remarqué la faiblesse des plantes importées et des semis, lorsque ces semis ne proviennent pas du croisement avec une espèce plus forte. Il semble donc que la nature ait mal armé les Cypripedium en vue de la lutte pour la vie; en revanche la culture artificielle les reproduit aisément par semence, et on obtient en abondance une foule de croisements ; le nombre de 138 LE JOURNAL DES ORCHIDEES leurs hybrides est déjà beaucoup plus grand que dans toutes les autres espèces d'Orchidées connues. Les Cypripedium se groupent en deux catégories bien distinctes : 1° Ceux qui ont les tiges courtes, les feuilles disposées par deux, et qui ont les racines ordinaires ; ce sont toutes des espèces des pays chauds et inter- tropicaux, qui sont cultivées en serre; 2° Ceux qui ont des tiges herbacées plus longues et des racines tubercu- leuses; ce sont ceux qu'on trouve dans l'Amérique du nord et l'Europe. Ces derniers demandent nécessairement à être cultivés d'une manière spé- ciale et ont une valeur horticole toute différente. Mais bien que les espèces qui exigent de la chaleur, avec leurs nombreuses variétés et leurs hybrides, soient bien plus nombreuses et beaucoup plus estimées par les amateurs, quelques- unes des espèces rustiques, surtout le C. spectabile, quand il se trouve dans de bonnes conditions, ne sont pas non plus à dédaigner. Quelques Cypripedium ont des feuilles très intéressantes et très belles. Les C. Lawrenceanum et Hookerae ont d'exquises diaprures de vert clair et de vert foncé ; chez d'autres, du type C. concolor, les feuilles sont épaisses comme du cuir, et présentent de gracieux dessins recouverts d'une sorte de vernis trans- parent et cristallin. L'une des particularités les plus précieuses que présentent les Cypripedium est la surprenante durée de leurs fleurs; celles du C. insigne, coupées et mises dans l'eau, durent jusqu'à plus de trois semaines; d'autres espèces sont en fleur presque toute l'année, notamment le C. Sedeni. Ces fleurs, de forme si bizarre, ne se prêtent pas toujours bien à être combi- nées avec d'autres, quoiqu'elles soient beaucoup employées, aujourd'hui, dans la confection des corbeilles et même des bouquets; mais seules, avec un feuillage convenable, elles produiront un très bon effet. Les teintes sombres y dominent, notamment le brun, le vert et le pourpre cramoisi. La couleur rose jette un peu plus d'éclat dans les espèces rustiques comme le C. spectabile, ou dans les espèces de l'Amérique du Sud, comme les Selenipedium, et surtout les hybrides de ce groupe, les C. Sedeni, calurum, Schroederae, cardinale, etc. (Sera continué.) 15 JUILLET 1890 13g LES GRANDES INTRODUCTIONS NOUVELLES I. — CATTLEYA LABIATA lindl. var. WAROCQUEANA n. var. Au Meeting de la Société ro3'ale d'Horticulture de Londres, tenu le 13 mars dernier, M. Lucien Linden, de Bruxelles, exposait un Cattleya nouvellement importé, sous le nom provisoire de C. Warocqueana; mais comme les fleurs ne s'étaient épanouies qu'au cours du voyage de Belgique en Angleterre ('), et surtout que la plante n'était pas encore établie, elle n'était guère en état d'être jugée. Au point de vue botanique, c'est une forme du C. lahiata, en employant le mot « forme » dans son sens le plus large, mais il est difficile de décider quelle est sa relation exacte avec les autres formes existantes. Il paraît qu'elle provient d'une partie de l'Amérique du Sud non encore explorée, quoique je n'aie pas la moindre idée de la partie que cela peut être. C'est M. Bungeroth, célèbre par son Catasetum, qui l'a collectée, et il exprime l'opinion qu'elle représente une nouvelle forme distincte de grande beauté; il a qualité pour en juger, ayant beaucoup voyagé dans les districts des Mossiae, Mendeli et Tnanae. Les échantillons qui nous en sont envoyés par M. Lucien Linden sont consi- dérables; ils se composent de : deux fleurs (sauvages) séchées, une photographie de la plante en fleurs, cinq dessins coloriés, un racème de belles fleurs vivantes, et une plante vivante portant un racème de trois fleurs; la dernière est gracieu- sement offerte à la collection de Kew. Ces échantillons offrent une série assez étendue de variations, et M. Bunge- roth parle d'une douzaine de variétés bien tranchées, dont une blanche. Les fleurs sauvages séchées ont plus de seize centimètres de diamètre, et pré- sentent beaucoup de ressemblance avec le C. labiata originel ; les sépales et les pétales ont une teinte mauve-rosé; le lobe antérieur du labelle est pourpre (i) Ce renseignement n'est pas complet. C'est pendant le voyage d'Amérique en Belgique que les boutons s'étaient formés. 140 LE JOURNAL DES ORCHIDEES cramoisi, et porte à l'arrière une aire bien limitée jaune foncé, s'étendant le long du disque ; les lobes latéraux sont mauve-rosé. Deux des lîeurs figurées sur les dessins coloriés ressemblent beaucoup aux précédentes, mais ont le bord ondulé du labelle beaucoup plus pâle. Une troisième a la même partie très foncée, et ne présente ni le bord pâ^e ni le disque jaune. Une quatrième a le disque jaune bien développé, avec une très petite macule pourpre cramoisi, et le reste du labelle d'un coloris beaucoup plus pâle. La cinquième est presque blanche, à part la petite macule pourpre et le disque jaune très petit. La plante destinée à Kevv avait un racème de trois fleurs, dans lesquelles la disposition des veines du labelle rappelle beaucoup le type chocoensis, mais beaucoup plus foncées de coloris ; elles sont un peu parfumées. Le racème de cinq fleurs est de coloris plus sombre, et le disque jaune n'y apparaît pas. Enfin la photographie montre un racème de quatre fleurs, dont le labelle est très gracieusement ondulé. Les fleurs apparues après l'importation sont beaucoup plus petites que les fleurs séchées, ce qui montre la fatigue résultant d'un long voyage. Telle est cette plante variable, mais très belle, qui peut provisoirement être désignée sous le nom indiqué plus haut, en l'honneur de M. G. Warocqué, président de L'Orchidéenne, de Bruxelles, et l'un des administrateurs de L'Horticulture Internationale. Il est très difficile de déterminer son classe- ment par rapport au C. labiata, à cause de la série de variations qu'elle présente et en l'absence de renseignements sur son habitat ; il faut attendre, pour décider de cette question, que la plante soit complètement établie. R. A. Rolfe. {Gardeners' Chronicle, 14 juin 1890.) * Un de nos amis nous annonce que le C. Warocqiieana aurait été introduit directement en France, ces jours-ci, chez un amateur. Nous sommes convaincus que ce ne peut être cette plante. Notre Cattleya provient de contrées inexplorées, absolument perdues dans l'intérieur, et où aucun Européen n'est établi. Il ne nous appartient pas de divulguer d'où provient cette grande introduction, mais nous pouvons affirmer • que ce n'est pas du Venezuela, et que l'endroit d'où elle est originaire s'en trouve, au contraire, très éloigné. 15 JUILLET 1890 141 L'IMPORTATION DES ORCHIDEES Un déballage à « L'Horticulture Internationale » C'est à l'œuvre qu'il faut juger ces vastes organismes, de même qu'il faut voir la mer pendant la tempête pour saisir sa beauté farouche, de même qu'il faut, pour comprendre la forge, aller voir le marteau-pilon alors qu'il broie la fonte blanche; — ou, si l'on veut me permettre encore cette comparaison, de même que dans les jardins zoologiques on va contempler les grandes fauves au moment de leur repas. Ainsi, pour comprendre la vie de ces grandes maisons d'importation, qui fouillent les recoins du monde, il faut s'y trouver le jour où arrivent les introductions. C'est leur nourriture à elles, ces plantes que des collecteurs érudits, infatigables, et cuirassés d'un triple airain, vont recueillir au-delà des mers, par centaines ou par milliers, et qui sont bientôt absorbées, englouties sans qu'il en reste guère de trace. Lorsqu'un de ces envois énormes est annoncé, le visiteur distinguerait dans la ruche une agitation, toujours parfaitement réglée, mais qui contraste avec les habitudes. Comme les fourmis, lorsqu'un intrus se présente dans la fourmi- lière, parcourent les galeries en tous sens, vont et viennent, échangent en se croisant des signes d'inteUigence, puis courent à d'autres occupations, ainsi tout ce personnel, grave et absorbé dans sa continuelle activité, montre ce jour-là, à des signes imperceptibles, l'attente inquiète d'un grand événement. Enfin les camions arrivent, portant les précieux colis. En un clin d'œil ils sont déchargés ; d'une porte sortent en toute hâte dix, quinze, vingt jardiniers et ouvriers; les caisses sont descendues, emportées, déposées dans la longue galerie du travail, où l'outil les attaque aussitôt. Avant que j'aie le temps de pénétrer dans la salle, elles sont déjà ouvertes et laissent voir les plantes entas- sées dans leurs flancs, que dix mains saisissent aussitôt pour les étaler sur les tablettes voisines. MM. Linden sont là au premier rang, qui vont de l'une à l'autre, surveillent le déballage des plantes, examinent en connaisseurs les plus remarquables, et souvent mettent, eux aussi, la main à la besogne. 142 LE JOURNAL DES ORCHIDEES C'est que ces arrivages ont, dans une exploitation de ce genre^ une impor- tance capitale, bien supérieure encore à celle de la culture, si compliquée pour- tant et si féconde en miracles; c'est que des intérêts considérables de divers ordres sont en jeu et vont être tranchés par cet examen : d'une part, l'intérêt commercial, la récupération des capitaux très importants engagés dans ces vastes entreprises; d'autre part, celui de la science et de l'art horticole, qui peuvent trouver dans chacun de ces envois l'occasion de conquêtes nouvelles et de précieuses acquisitions. Parmi ces plantes récoltées au loin, dans des régions presque toujours inexplorées, il se trouvera certainement des spécimens d'espèces rares, ou même inconnues jusque là, qui enrichiront notablement les serres d'amateurs et les herbiers des savants. • Aussi de telles entreprises peuvent-elles rendre de grands services; mais ce n'est qu'à la condition d'être conduites avec une expérience très sûre, et une connaissance approfondie des' climats et des conditions de la vie des diverses plantes, comme elles le sont par MM. Linden. Chacune de ces conquêtes repré- sente une somme considérable d'efforts, de fatigues, de sacrifices accomplis avec persévérance par des hommes qui maintes fois risquent leur existence dans ces contrées lointaines; mais tous ces efforts, toutes ces dépenses resteraient infructueux si la saison et le lieu de l'exploration n'étaient pas bien choisis et déterminés d'avance par ceux qui ont dû prévoir les résultats et les incidents même de ces voyages, en bâtir entièrement le plan, et qui les dirigent en réalité de leur cabinet. Dans ces découvertes, comme dans presque toutes, le hasard ne joue qu'un rôle bien secondaire. Ce qui peut causer des déboires, ce qui explique surtout l'impatiente curiosité et l'émotion de tout ce monde à l'arrivée des plantes, ce sont les risques consi- dérables auxquels elles sont exposées dans le voyage. Les plantes une fois recueillies, il faut encore les transporter dans le port voisin, non sans peine, et de là les envoyer en Europe; et pendant ce long trajet, malgré les soins extrêmes qui président à l'emballage, le manque d'air ou de lumière, l'excès du froid, ou la sécheresse, ou la moisissure, ou même les dégâts commis par les insectes en font fréquemment périr un certain nombre. Il peut donc se produire de grandes déceptions à l'ouverture des précieux colis. Le jour de ma visite, une cinquantaine de caisses étaient là; chacune ayant un mètre cube à peu près, cela représente un joli total. Sur ce nombre énorme de plantes qui avaient fait un voyage de près de deux mois, une couple de cents à peine étaient mortes ou gravement endommagées. Le reste offrait le coup 15 JUILET 1890 143 d'œil le plus satisfaisant ; un certain nombre avaient produit des boutons, deux ou trois même avaient fleuri dans les caisses. Le premier aspect, néanmoins, n'est pas de nature à flatter beaucoup la vue des personnes inexpérimentés. .Les plantes, qui sont forcément froissées et dérangées de leur port naturel, se présentent mal, avec leurs racines coupées ou desséchées. Mais il ne faut pas bien longtemps pour les remettre. Le lende- main elles sont toutes nettoyées, prêtes à être placées, après quelques jours de convalescence, dans leur pot ou leur corbeille. Elles ne tardent pas à prendre racine, un peu plus ou moins rapidement, selon les espèces. Dans le courant d'une année, elles auront fleuri et repris leur apparence de santé parfaite, comme d'anciennes acquisitions ; mais aussi bien il n'en restera plus guère, car elles seront dispersées dans les serres des collectionneurs à tous les coins de l'Europe et du monde. Max Garnier. ARROSEMENT DES ORCHIDEES L'arrosement est un point d'une importance capitale dans la culture des Orchidées. Il arrive fréquemment que des plantes dépérissent, puis meurent, par suite d'arrosements excessifs, ou au contraire défectueux; malheureuse- ment les symptômes morbides n'apparaissent que peu à peu, lentement, et comme il reste en somme beaucoup d'inconnu dans l'existence et les besoins des Orchidées, on ne discerne pas ces fâcheux indices, ou l'on se trompe sur leur origine. La partie directement intéressée dans cette question, ce sont les racines. Ce sont elles qui restent privées de nourriture si l'eau manque, et qui pour- rissent et sont asphyxiées si elle est en excès et ne trouve pas à s'écouler. C'est donc sur l'état et la force des racines qu'il convient de se régler. Sont-elles peu nombreuses, comme dans les plantes importées, par exemple, ou bien sont-elles faibles et maladives, il ne faut donner l'eau qu'avec beau- coup de prudence. Il n'est pas toujours facile de vérifier l'état des racines; mais comme l'excès est plus funeste que la privation, on peut prendre pour principe que les plantes en végétation devront toujours être humides, mais non pas baignées. C'est une règle qui s'applique d'une façon générale, en dehors de toute distinction d'espèce, de climat ou de météorologie. 144 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Ce qui varie davantage, c'est la quantité d'humidité atmosphérique néces- saire; le cultivateur doit la maintenir en aspergeant régulièrement les sentiers et les tablettes. Il faut aussi remplacer par des seringages l'eau perdue par évaporation, et qui est nécessaire à la croissance des plantes; toutefois à l'époque où elles produisent de jeunes pousses, il ne faut procéder à cette opération qu'avec beaucoup de réserve, surtout pour certaines espèces, dont les feuilles tendres seraient exposées à se pourrir, dans les temps frais ou sombres. Une fois que les jeunes bulbes ont atteint à peu près la moitié de leur développement, on peut arroser plus abondamment. La nature du compost a aussi, naturellement, une grande importance au point de vue de la fixation de la quantité d'eau nécessaire. Lorsque les maté- riaux sont, comme ils doivent être en général, de substance assez grosse pour que l'eau puisse facilement s'écouler au travers, on peut arroser largement, sans crainte d'excès; il convient même de mouiller fréquemment en été, non seulement la surface, mais aussi la base du pot. Si au contraire les matériaux sont fins et livrent difficilement passage à l'eau, il est bon de ne la dispenser qu'avec modération, car en séjournant autour des racines, elles les ferait pourrir rapidement. Mais il est plus prudent d'employer en général un com- post moins fin et de ne pas le comprimer trop fortement. Les plantes en corbeille ou sur bloc demandent des soins spéciaux, surtout en été. Il est nécessaire de les plonger dans l'eau, environ deux ou trois fois par semaine, selon les cas. Lorsqu'elles sont exposées aux rayons du soleil, il est bon de les seringuer, mais avec quelques précautions et en évitant toujours l'excès, qui entraînerait promptement des conséquences funestes. Il est utile aussi, pour écarter tout risque de ce genre, de sécher un peu les serres en pratiquant la ventilation une fois par jour. Il est vrai que les Orchi- dées sont exposées, dans leur pays natal, à une humidité très abondante et très longtemps prolongée pendant la saison des pluies; mais elles ne peuvent se comporter dans nos serres absolument de la même façon qu'à l'état de nature; l'assimilation complète est impossible en raison des changements de milieu considérables, et il faut tenir compte notamment de ce fait, que dans un endroit clos l'évaporation est très lente et très incomplète. Nous partageons entièrement la manière de voir de notre collaborateur, le comte DE MoRAN, sur la nécessité de laisser se dessécher le compost pendant deux à trois jours toutes les deux semaines environ, et même à l'époque de la grande végétation. Pour être saines, les racines doivent être blanches et 15 JUILLET 1890 145 fermes; celles qui sont vertes et tendres sont déjà à moitié pourries. En tenant la plante sèche pendant ces quelques jours on leur permet de mûrir, ou plutôt de durcir leur épiderme. La couleur des racines fournit toujours des indications précieuses sur la quantité d'eau nécessaire à chaque plante, et qu'il est extrêmement difficile d'apprécier autrement. Tant que les racines ne verdissent pas ou ne se piquent pas, on peut être certain que l'eau n'est pas en excès. Il est bien entendu que nous ne parlons pas de la tête des racines, qui est toujours verte. Pour l'arrosement des Orchidées, il faut employer l'arrosoir à bec, et jamais la pomme, et l'on devra donner l'eau aux plantes une à une. Nous avons déjà dit que la meilleure eau qu'on puisse employer est l'eau de pluie. Il est donc à peu près indispensable d'avoir dans chaque serre un bassin pour la recueillir. L'installation en est d'ailleurs peu coûteuse; il ne faut que quelques briques et du ciment. L'eau d'arrosage doit être amenée exactement à la même tempé- rature que la serre; aussi pourra-t-il être utile, dans la serre chaude, de faire passer un tuyau de chauffage à travers le bassin. En tout cas, on ne peut se servir de l'eau que vingt-quatre heures au moins après qu'elle y a été amenée. C'est une règle d'une très grave importance, et dont l'inobservation a seule causé une grande partie des déceptions des débutants. Il n'est pas possible d'éviter que la provision d'eau de pluie n'arrive parfois à s'épuiser. Dans ce cas, on se procurera autant que possible de l'eau de rivière pour y suppléer. L'eau de source est la plus mauvaise de toutes, car elle est presque toujours ferrugineuse et calcaire, et elle laisse sur les feuilles en s'évaporant d'affreux dépôts blancs, très difficiles à enlever, et qui sont cer- , tainement nuisibles à la santé de la plante; il n'est pas douteux qu'elle fait également du tort aux racines. Certaines personnes ont cru devoir la recom- mander pour l'arrosement des Cypripedium; nous ne saurions approuver une pareille théorie, quel que soit le genre dont il s'agit. En principe, et toutes les fois que c'est possible, on doit employer de l'eau de pluie; et si la provision diminue et approche de sa fin, le mieux sera de la mélanger avec de l'eau de rivière, ou de l'eau de source si l'on ne peut pas en avoir d'autre. Quant aux tablettes et aux sentiers, il va de soi qu'on pourra les arroser sans inconvénient avec de l'eau claire de n'importe quelle espèce. 146 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES TRAITEMENT DES ORCHIDÉES IMPORTÉES Lorsqu'un amateur se propose d'entreprendre la culture des Orchidées d'une façon active et instructive, en mettant lui-même la main à la pâte, il a avan- tage, après avoir franchi les premiers pas et fait sa première école, à se pro- curer des importations nouvelles. Il y trouve d'abord une économie notable, et la satisfaction de voir éclore la plante, en quelque sorte, entre ses mains, ce qui doublera plus tard la jouissance qu'il éprouvera à la contempler dans sa splendeur; de plus, il court la chance de trouver, parmi les individus qu'il achète, une variété ou tout au moins une forme nouvelle et particulièrement remarquable. Je. dirais même que cette attente et cette espérance ajoutent un intérêt passionnant au plaisir de la culture. Toutefois les Orchidées d'importation réclament quelques soins spéciaux sur lesquels nous allons donner des indications générales. Après un voyage qui est toujours d'une assez longue durée, les plantes présentent toujours quelques parties malades ou mortes; les racines sont des- séchées, et parfois les insectes ont causé, malgré toutes les précautions prises, des ravages assez importants. Il faut, dès qu'on reçoit les plantes, retrancher tout ce qui est mauvais, supprimer des racines les parties irrémédiablement perdues, enfin ne conserver qu'une plante parfaitement saine. Les sections des racines devront être faites avec un couteau bien aiguisé, afin que les plaies soient nettes et sans déchirure, et se cicatrisent promptement. On lavera également les plantes, afin de les débarrasser de tous les insectes qui pourraient y rester attachés; puis on recouvrira toutes les parties coupées de poussière de charbon de bois, qui absorbera et séchera l'écoulement de la sève et aidera à refermer promptement la blessure. On déposera ensuite les importations dans une serre obscure, étalées sur des tablettes, sans trop de chaleur ni d'humidité. Quelques personnes recom- mandent de les placer sur une couche de sphagnum. Cette précaution ne peut qu'être utile, mais elle n'est nullement indispensable. Une fois que les plantes seront séchées, on leur donnera peu à peu une quantité croissante d'humidité, afin de les amener progressivement à l'état 15 JUILLET 1890 147 de végétation; on pourra également laisser pénétrer plus de lumière. Il faut que la transition du repos à la pleine activité soit ménagée graduellement; un changement brusque serait assurément funeste. Après un temps très court, qui varie selon les saisons, mais qui ne dépasse pas huit jours, les bulbes commencent à se regonfler, les plantes reviennent à la vie active, parfois même des racines commencent à faire leur apparition. Il faut alors les mettre en pots ou en paniers sans retard; si l'on attendait que les racines fussent assez nombreuses, on risquerait de les briser dans l'opération de rempotage, et de telles pertes affaiblissent toujours sensiblement les végétaux. On peut employer immédiatement, pour ce premier empotage, les mêmes matériaux que pour les plantes établies. La plante réclamera dès lors beaucoup d'humidité; pendant la première année elle pourra, dans de bonnes conditions de culture, former un ou même deux petits bulbes, et elle pourra fleurir dès l'année suivante. Il est bon de renouveler la surface du compost , chaque fois que cette opération sera jugée nécessaire. La première période d'établissement donne lieu à des déceptions et à des pertes assez fréquentes. Aussi est-il peut-être plus prudent de n'acquérir que des plantes à demi établies. Il est nécessaire de ne s'adresser, pour en acheter, qu'à des maisons dignes de toute confiance, car les plantes vendues aux enchères publiques sont presque toujours des rebuts. TRAVAUX DE LA SECONDE QUINZAINE DE JUILLET Serre chaude. — Le temps incertain qui règne encore actuellement exige la plus grande surveillance dans les serres chaudes au point de vue du chauf- fage. Si les feux ont été éteints il faut se tenir prêt à les rallumer prompte- ment dans le cas où cela deviendrait nécessaire. Divers Dendrobium, comme les D. stratiotes, Mirbelianum, strebloceras, Bensoniae, bigibbum, Dearei, etc., qui ont été tenus secs pendant l'hiver, réclament une humidité abondante et une température élevée pour terminer leur croissance. Le Dendrobium Cain- bridgeanum, qui a presque fini sa végétation, devra être transporté dans un endroit plus frais, et recevoir moins d'eau aux racines pour que la maturation 148 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES des bulbes s'effectue régulièrement. Les Cyrtopodium et les Galeandra, qui sont en croissance ou en fleur, demandent beaucoup d'eau et une exposition chaude, ensoleillée, jusqu'à ce que le développement des bulbes soit achevé et les feuilles bien mûries; ensuite on leur donnera de l'eau, à intervalles espacés, jusqu'au retour de la végétation. Serre tempérée. — Les Cattleya Gaskelliana et les différentes formes de C. gigas sont en fleur; il est bon de les placer dans la partie la plus fraîche de la serre pour prolonger la durée de leurs fleurs. Les C. citrina entrent en activité ; il faudra les suspendre dans l'endroit le plus éclairé, et les arroser abondamment tous les jours, mais seulement pendant la partie la plus chaude de la journée, car les jeunes pousses pourrissent aisément. Le meilleur moment pour rempoter les Odontoglossum vexillarium est celui qui suit l'apparition des jeunes pousses. Une fois les plantes rempotées, il convient de les tenir davan- tage à l'ombre, et de leur donner une atmosphère un peu plus humide. Mais ne pas les arroser trop abondamment jusqu'à ce qu'elles aient terminé leur repos. Il faut aussi veiller avec soin à écarter les insectes par des lavages d'une solution légère de nicotine. Serre froide. — Il faut veiller particulièrement à l'arrosage et à l'ombrage; toutefois ne pas trop tenir les plantes dans l'obscurité, ce qui affaiblirait les jeunes pousses. Parmi le sphagnum en bon état de croissance, il se trouve souvent des tiges de Polypodium, qui poussent des feuilles; il est bon de les enlever. On peut aussi, de temps en temps, couper les têtes du sphagnum que l'on utilisera pour orner d'autres pots. Les feuilles de Fougères devront être enlevées autant que possible, car lorsqu'elles sont trop touffues les jeunes pousses des Orchidées en sont affaiblies. Il faut soigner, à cette époque de l'année, le surfaçage de toutes les plantes, et nettoyer en même temps celles qui pourraient en avoir besoin, ainsi que les pots et les tablettes. * Fumigations. — Un abonné nous demande à quel moment il faut arrêter les fumigations, et quelle densité il faut atteindre. Nous ne sommes pas partisans de la destruction des insectes par des fumi- gations consistant à brûler du tabac dans les serres. Nous en avons vu tant de conséquences funestes que nous ne pouvons que les déconseiller absolument. Nous avons indiqué, dans notre deuxième numéro, page 27, un excellent procédé à leur substituer. Nous y renvoyons nos lecteurs. SOCIÉTÉ ANONYME L'HORTICOLTORE liTlRNlTIOIALl 1 PARC LÉOPOLD A BRU XELLES Adresse (élégrapliiqiic : LlNDElMA, Bruxelles Administrateur^Directeiir : LUCIEN LINDEN > ^«^ < MISE AU COMMERCE Depuis le 1" Juin 1890 de la plus klle Orchidée Introduite pendant ces dernières années Caltleya Warocqiieana ukd. DIPLOME D'HONNEUR de 7" classe, décerné à ^' l'unanimité » comme Orchidée nouvelle, au Meeting du 11 Mai dernier de L'ORCHIDÉENNE, la Société d'amateurs d'Orchidées établie à Bruxelles. Le Cattleya Warocqueana est un type de Cattleya, formant une section spéciale comme les Cattleya Mossiae, Trianae , etc., parmi laquelle un grand nombre de variétés se sont déjà déclarées. C'est une brillante introduction, entre toutes, qui provient d'une localité de l'Amérique Méridionale, complètement inexplorée jusqu'ici, où Ton ne soupçonnait guère que des Cattleya pourraient être rencontrés. Sa station naturelle est à une énorme distance de celles d'oii proviennent les Cattleya connus. Notre collecteur, M. Bungeeoth, qui a été envoyé dans ces parages par M. J. Linden, écrit au sujet de cette grande introduction : « Je suis émerveillé par la beauté de ce Cattleya. Je n'ai rien vu d'aussi beau ni en « Colombie, ni au Venezuela, parmi les Cattleya Mendeli, Trianae et Mossiae. L'épi floral est « énorme, beaucoup plus grand que chez ces derniers^ et le coloris est d'un éclat incomparable « J'ai vu de nombreuses variétés, plus brillantes les unes que les autres. On m'assure ici qu'il '^ y a beaucoup de variétés à fleurs blanches parmi ces Cattleya. Cest une espèce d'une fioribondité « extraordinaire et portant cinq à six fleurs par hampe. » Les plantes sont arrivées en Europe le 18 avril dernier en excellentes conditions. Celles qui ont fleuri avaient formé leurs boutons dans les caisses pendant un voyage de près de deux mois, et malgré cela elles ont émerveillé tous ceux qui ont pu les voir jusqu'ici! C'est une espèce d'une grande robusticité. Feuilles très épaisses. Ce Cattleya sera d'une culture particulièrement aisée. Les plantes, introduites il y a à peine un mois, sont déjà parfaitement enracinées et en pleine végétation. Imitant en cela les Anglais, (]ui ont dédié les Cattleya Lawrenceana, Gaskelliana, Per- civalliana, etc. à leurs grands amateurs, nous avons été heureux de dédier cette grande nouveauté au principal amateur belge, M. G. Waeocqtjé, président de L'ûrchidéenne et l'un des admi- nistrateurs de notre Société. A en juger d'après les échantillons secs envoyés par M. Bungeroth, les fleurs de ce Cattleya sont très grandes, beaucoup plus grandes que celles des C. Mossiae et Mendeli, dit-il. Les pétales et sépales sont d'un beau rose violacé, tendre ou foncé suivant les variétés. Le labelle, presque toujours allongé, très frangé, est chez telle variété magenta velouté pur, ou bordé de blanc, ou marqué à son sommet par deux yeux jaunes ou blancs, variant suivant les sujets, mais admirables toujours. Nous engageons beaucoup les amateurs et cultivateurs d'Orchidées à acquérir plusieurs pieds de cette grande nouveauté ; elle leur procurera d'agréables surprises. Des variétés magnifiques et de grande valeur seront trouvées, nous n'en doutons pas, parmi ces Cattleya Warocqueana ! Nous avons voulu mettre, d'emblée, cette admirable nouveauté à la portée de tous les amateurs en l'offrant à des prix très modérés. Nous les offrons en bonnes plantes d'introduction, en excellent état, enracinées et en végétation, aux conditions suivantes : BONNE PLANTE 25 francs. » » les 3 70 » » » les 0- 125 » » » h's 1-J 230 » TRÈS BONNE PLANTE, beaucoup plus forte. ... 50 » » » » » M les 3. . 135 M M » . » » » les 6. . 210 » » ), » » » les 12 . 375 » PLANTE CHOISIE parmi les plus fortes 100 » » » » .) les 3. . . 275 » ,) » » » les 6. . . 500 » L ILLUSTRATION HORTICOLE REVUE MENSUELLE DES PLANTES LES PLUS REMARQUABLES DES INTRODUCTIONS NOUVELLES ET DES FAITS LES PLUS INTÉRESSANTS DE UHORTICULTURE Difeeteui* : «f. I^irVDE^IV ADMINISTRATEUK j RÉDACTEUR LUCIEIV I^IMDEIV ÉMILK ItOI>IOil.S COLLABORATION DE BOTANISTES ET HORTICULTEURS ÉMINENTS Prix de l'abonnement, payable d'avance : Par volume de 12 livraisons (de janvier à décembre) envovées chacune franco par la poste Pour toute l'union postale, 30 francs On s'abonne à Fadminislration de L'ILLUSTRATION HORTICOLE 79, rue Wîertz, à Bi*ux^ elles ainsi que chez les pri^icipcm.v libraires de Belgique et de Vétranger Envoi franco d'une livraison-spécimen sur demande affranchie accompagnée de 3 francs en timbres-poste. Bon Jardinier, 31 ans, au courant des Orchidées et muni de très bonnes références, demande place. Adresse au bureau du journal. Case à louer FLEURS D'ORCHIDÉES Les relations du JOURNAL DES ORCHIDÉES avec les amateurs et cul- tivateurs d'Orchidées qui vendent des fleurs coupées, lui permettent d'indi- quer, en tout temps, aux intéressés où ils peuvent se les procurer. 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Cognlxux, Max Garnier, PaulOtlet, E.m. Pierret, P. Silver, .I.Moens, G. Rivois, A.Dallière, F. Kegeuan, 0. Rallie, C. Ellner, D. Massange de Louvrex, P. Gossart, A. DE LA Devansaye, Fl. Claes, de Meulenaere, Charles André, etc. Prix de l'Abonnement : 10 francs par an ï*a,i*aît le l^" et le IS COMPOSITION DES LIVRAISONS PARUES 1er Volume Aeranthus Leonis. Aerides maculosum var. l'ormosum, Aorides odoralum var. Demidofli. Aerides Reichenljachi. Aganisia Iricolor, Catasetiim diseolor, Cataselum tigrinum, Cattleva aurea. Caltleya giUtala var. leopardina. Callleya Lawrenceana , Cattleya Malouaiia. (lallleya maxima var. Hrubyaiia, Cattleya nobiliur var. Hiigiienyi, Caltleya Pcrci- valiana var. Reichenbachi. Cattleya Trianae var. alba, Catt- leya Trianae var. Annae, Cleisostoma Guiberli, Cypripedium Drui'yi. Cypripedium Lawrenceamim var, Hyeanum. Cypri- pedium œnantliumsuperbum, Cypripedium selligerum majus, Cypripedium tessellatum vai . porphyi'eum. Deiidroi)ium Fal- eoneri, Dendrobium stratiotes, Deudrobium thyrsillorum. Epidendruni paiiiculatum, Masdevallia Lindeni var. grandi- llora. Masdevallia Roezii. Oneidium Lanceanum var. super- bum. Oneidium Limminghei. Odontoglossum Alexandrae, Odoiiloglossum nevadense, Odontoglossum ramosissimum. Odontoglossum rubcseens, Odontoglossum Ruekerianum. Odontoglossum vexillarium var. purpureum, Odontoglossum Wilekeanum albens, Papliiuia cristata var. Randi. Phalae- nopsls Sanderiana. Phalaenopsis Stuartiana var. punctulata, Restrepia antennifera. Selenlpedium reliculatum, Spatho- giollis Auguslorum. Trlchocentrum tigrinum var. splendens. Trichopilia suavis. Vanda Boxalli, VandaDennisoniana.Vanda Sanderiana vai-. labello viridi. Qmc Volume Angraeeum Ellisi. Anguloa Ruckeri var. média. Ansi-llia congoensis, Boliea pulvinaris. Brassia caudata, Calaiilhe Regnieri, Catasetum Rungerothi. Cataselum galeritum. Catt- leya gigas, Caltleya Kimballiana, (cattleya Mendeli. Cattleya Scbilleriana var. Amaliana. Coelogyne pandurata. C-ypripe- dium callosum, Cypripedium microchilum. Cypripedium Sallieri, Cypripedium tonkinensc;. Dendrobium bracleosum, Dendrobium inauditum. Epidendruni Randianum. Galeandra Devoniana var. Delpliina. (Jaleandra llaveola. Laelia elegans var. Houlleana. Masdevallia Veilelii. Millonia speclabilis var. lineata. Oneidium eueullatum, Oneidium Jonesianum. Onei- dium Warseewiezi, Odontoglossum Alexandrae var. Culse- mianum, Odontoglossum Coradinei granditloium, Odonto- glossum grande. Odontoglossum Lueianianum. Odonto- glossum Iuleo-purpureum. Odontoglossum Roezii, Odonto- glossum Sebillerianum. Pbalaenopsis amabilis. Phalaenopsis Luddemanniana. Phalaenopsis Sumatrana. Pilumna nobilis. Saceolabium giganteum var. illustre. Selenipedium eaudatum giganteum. Selenipedium Selirôderae var. splendens. Spa- ihoglottis plicala, Sianhopea ligrina. Triehoeentrum albo- purpureum var striatum. Vanda Lindeni. Vanda suavis var. Lindeni, Zygopelalum roslratum. ^m" Volvime Acridos Fioldingi. Aoraiillios graiididorn. Aci'idos Hoiillo- liaiuiin. Aganisia ('yanca. Angiaccum I,itlirosIacliys Scdcni. Anguloa iinilloia. lîrassavdla cticullala var. ciispidala. IJollxi- phylluni giaiidilldiuni. (.alasoliim lUingorollii var. aiircum. ('iaiascliim IJimocnillii vac. l'oUsiaiiuiii. Calascliini dccipiciis, Cula.scliiiii iMiIcliiiiin, Catticya (libe/.iac. Calllcsa laliiala vai . autuiiinalis, Cattloya viigiiialis. Cloisostoma crnssifoliiim. Cypri|i('iliiiiii Arlliuiiaiuim var. pallidimi. (',y|)ri|)i'iliiiiii (lan- nartiaiiiiin. (',v|iii|)C(liiiiii (airlisi. Cypripcdiiuii Hai i-i>iaiHim var. supei'Inim. ('.ypiipodiiiin l^ocannm. (lypripodiimi Mocii.si- anuni, Gypripcdiuni piaoslaiis. (lyiJiipodium Van Houllca- niim. Cypripodiiini villnstiiii. (lypiipcdiuiii Sclcnipodium) Wallisi, Deiidioliiiini piirptiioiini var. candidulum. Dendro- l)iiiin riitriforum. Ucinli'obium strchlorcras var. Hossiauum. Iiiiiopsis pani(uila(a var. maxima. Masdcvallia niacriii-a, Masdo- v.illia sppctrum. Milluiiia s|)('ctal)ilis Morcliaiia. Oiicidiiim clirirophoi'iim. Oncidiimi papilio var. iiiajiis. Oiicidiiim Plia- I.Miiiipsis. ()''- Mosospinidiiim vnicanirum. Nanoib-s Modiisao, Odontdgbis- SUI11 Itloiciinidcriaiiiim. Odonlogbtssum (^/Crvanlcsi lilacinum, Odontoglossum Gb>iieriaiuim. Odontoglossum Haili. Odonlo- î;ii)>suni Poscalorei var. Liiideiii. Odontogbjssum latimacu- latiini. Odontogbjssum rari- pedium orphanum. Dendrobium crumenatum. Dendiobium inl'udibulum, Dcndrobîum Mirbclianum, Dendiobium Pax- toni, Dendrobium Wardianum var. Lovvi, Epidendrum pris- maloiarpum, Epidendrum vitellinum. Gongora maculala, Houlletia Brocklehurstiana, Laeiia auceps var. Hyeana, Laelia elegans, Lycasle costala. Masdcvallia ignea, Miltonia Blunti var. Lubbcrsiana. Miltonia vcxillaria var. superba, Oncidiuni aurosum. Oncidium concolor, Oncidium Mai's- liallianum. Oncidium sarcodcs. Odontoglossum Boddaertia- nani. Odontoglossum Duvivierianum. Odontoglossum liasli- labium, Odontoglossum maxillarc, Odontoglossum odoratum var. striatum. Odontoglossum Schlesingerianum . Plialae- iiojisis Scliilleriana. Rodriguezia rétracta, Vanda Kimballiana, Zygopelalum intermcdium, Zygopetalum Jorisianum. Orne Volvmxe (une livi'aison parue) Coelogyne ocellata var. maxima. Coryanthes Bungerothi, Dendrobium Galliccanum, Selenipedium grande. Le prix des volumes parus de la « LINDENIA » a été fixé comme suit : {'' Volume, 125 fr. ; 2'"^ Volume, 100 fr. ; 3'"^ Volume, 75 fr. ; 4'"'^ Volume, 70 fr. ; 5'"*^ Volume, 65 fr. LES CINQ VOLUMES PRIS ENSEMBLE : 400 FRANCS gnie Volume (en cours de publication) : 60 francs ON PEUT S'ABONNER POUR CHAQUE VOLUME SÉPARÉMENT. UN NUMÉRO SPECIMEN = 6 FRANCS. SOMMAIRE DU lO'"^ NUMÉRO : Pages Chronique Orchidéenne mensuelle 149 Les Cypripedium 152 Los Orchidées en appartement. — II I55 La culture des Masdevallia 158 I^es fleurs d'Oi'chidées pour fleuristes ^ ItiO Serres en fer ou en bois? 162 Travaux de la première quinzaine d'août 1(53 Petite correspondance 164 L'ORCHIDEENNE SOCIÉTÉ D'AMATEURS D'ORCHIDÉES B R u :x^ e: L L. e: s Présidents d'Honneur : IMM. le baron de BLEICHRODER, consul-général do S. M. Brilanniquo, à Berlin, pour rAllemagne ; J. LINDEN, consul-général honoraire, pour la Belgique; Comte DU BuYSSON, auteur de l'OrcliidophUe, pour la France; DE LANSBERGE, ancien gouverneur général dos Indes Néerlandaises, pour les Pays-Bas. SECRETARIAT : 100, RUE BELLIARD, BRUXELLES Comité Directeur : Président : M. G, WAROCQUÉ, membre de la Chambre des Représentants de Belgique; Secrétaire : M. LUCIEN LINDEN, administrateur-directeur de L'Horticulture Internationale. Trésorier : M. J. DU TRIEU DE TERDONCK, propriétaire. Les MEETINGS et EXPOSITIONS MENSUELLES de belles et rares Orchidées ont lieu les deuxièmes Dimanche et Lundi de chaque mois dans le pavillon central de L'Horticulture Internationale, Parc Léopold, à Bruxelles. LES MEMBRES DU JURY DE L'ORCHIDÉENNE, pour l'année 1890, sont MM. Comte de Bousies, A. Goor, Jules Hye, Kegeljan, Lallemaind, Louis Lubbers, Massange de Louvrex, m. Metdepenningen, g. Miteau, E. Rodigas, A. Van Imschoot et E. Wallaert. ^;g=^ JjGs Meetings sont suspendus chaque année pendant les inois d'été de juillet et août. l" AOUT 1890 149 CHRONIQUE ORCHIDÉENNE MENSUELLE UNE ORCHIDÉE SENSITIVE. C'est le Masdevallia muscosa, importé de la Nouvelle Grenade vers 1875, et dont Reichenbach fit la description la même année. La curieuse particularité qu'elle présente, et qu'on n'observe guère que dans deux ou trois autres genres, montre une fois de plus l'extrême variété des ressources que la nature sait mettre en œuvre pour assurer la reproduction des espèces. Le labelle de cette fleur est pourvu d'une crête dans laquelle réside le siège de sa sensibilité : le moindre contact suffit pour le mettre en mouvement, et lorsque ce contact est prolongé, le labelle s'élève vivement et se projette contre la colonne. Si donc un insecte vient à se poser sur la fleur et à toucher la crête du labelle, il est aussitôt emporté et enfermé dans la prison formée par le labelle appliqué contre la fleur. Il ne peut s'échapper que par une étroite ouverture située près de l'anthère et il emporte avec lui les masses polliniques, qu'il ira déposer sur une autre fleur. Il est à noter, d'autre part, que les ovaires et la hampe florale sont recouverts de cils abondants qui servent évidemment à empêcher les insectes rampants de pénétrer dans la fleur. * * LE MANUAL OF ORCHIDACEOUS PLANTS, l'intéressante publication de MM. Veitch, vient de s'augmenter de la sixième partie, qui a paru le mois dernier. Le nouveau fascicule est consacré aux genres suivants : Arundina, Bletia, Broughtonia, Calanthe, Coelogyne, Chysis, Diacrium, Epidendrum, Ipsea, Nanodes, Pachystoma, Phaius, Phaiocalanthe, Pleione, Spathoglottis, Thunia et Trichosma. * * * UN CATALOGUE D'ORCHIDÉES vient d'être publié par notre collabo- rateur, M. Alf. Van Imschoot, de Mont-S'-Amand, près Gand. Il comprend les espèces cultivées actuellement chez cet amateur éclairé, et se compose de seize pages. 150 LE JOURNAL DES ORCHIDEES UN CATTLEYA MOSSIAE ALBA, vendu récemment à Londres aux enchères publiques, a atteint le prix de 3,250 francs. On voit que les Orchidées, surtout à coloris blanc, sont toujours hautement appréciées par nos voisins d'outre-Manche. Les Cattleya, plus que tout autre genre peut-être, méritent bien cette faveur par la beauté de leurs formes et de leurs couleurs. Ils nous réservent encore bien de merveilleuses surprises. * * DES PRIX ÉLEVÉS ont été payés également pour diverses Orchidées à une vente récente, salle Protheroe et Morris. Nous relevons notam- ment : un Cypripedium porphyrochlamis de 3 pousses, vendu 1450 francs; un Cattleya Gaskelliana, 12 10 francs; un Cypripedium Tautzianum, 2 fortes pousses, 1185 francs; un Cypripedium villosum aureum, var. Studley House, iioo francs; un CypyipediwnMarshallianum, i pousse, 950 francs; un Odontoglossiim Edwardi, 825 francs; un Cypripedium leucorrhodum, 735 francs, etc. Dans cette vente seule, 71 plantes ont dépassé le chiffre de 250 francs chacune. * * * UNE COLLECTION D'AQUARELLES D'ORCHIDÉES par Durham a été mise en vente, toujours en Angleterre, au mois de juin dernier. Elle se compo- sait de 286 figures de grandeur naturelle, réunies en 22 volumes; elle a réalisé le chiffre de 8,750 fr. * UN DISA GRANDIFLORA (ou UNIFLORA) se trouvait en fleurs derniè- rement chez M. le Comte de Germiny, près de Rouen. Il portait plusieurs centaines de fleurs d'un effet admirable. Cette plante est cultivée en serre tem- pérée et reçoit une ventilation abondante jour et nuit. D'autres Disa viennent également de fleurir le mois dernier, notamment le D. tripetala, petite espèce très élégante, quoique moins belle que la précé- dente, et le D. racemosa, qui, dans son port, ressemble beaucoup au D. tripetala. Ses fleurs sont d'un blanc crème, tacheté de rose vif. * * * LES MEETINGS DE L'ORCHIDÉENNE, la société d'amateurs bien connue de Bruxelles, sont momentanément suspendus. La plus grande partie de leur brillante clientèle se trouvant aux bains de mer ou à l'étranger pendant l'été, le i^*" AOUT i8go 151 comité directeur a décidé de supprimer, chaque année, les expositions de juillet et d'août. La réouverture aura lieu les 14 et 15 septembre. Espérons que les amateurs auront bien employé ce repos, et que la rentrée nous ménagera une exposition aussi remarquable que celles des mois d'avril, mai et juin derniers. * * LE LAVAGE DES POTS, sur lequel nous consultent plusieurs de nos lecteurs, doit être fait fréquemment avec le plus grand soin. Ce n'est pas seulement un luxe de propreté, mais aussi et surtout une précaution hygiénique indispensable, car les algues verdâtres et la vase qui prennent naissance sur les parois et les recouvrent sont un véritable poison pour les racines. Certains cultivateurs croient pouvoir échapper à ces inconvénients ou rendre les lavages plus faciles en employant des pots vernissés; ce système est égale- ment mauvais ; le vernis ferme les pores du pot, et dès lors l'air ne circule plus, l'évaporation est supprimée; le remède est donc pire que le mal. Il faut, au contraire, que les pots soient très poreux. * * * M'^ B. S. WILLIAMS, qui vient de mourir dans les derniers jours de juin, à l'âge de soixante huit ans, était connu de tous les amateurs d'Orchidées comme un excellent cultivateur de ces plantes, et surtout comme l'auteur d'ou- vrages remarquables sur leur culture. Il a notamment publié l'Orchid Growers' Manual, dont le succès fut très grand, et l'Orchid Album; il a également rédigé le texte dans la publication illustrée de M. Warner, Select Orchi- daceoiis Plants. Il sera vivement regretté par tous ceux qui le connaissaient, et qui rendaient hommage à la loyauté et à la grandeur de son caractère en même temps qu'à sa haute compétence pratique. Pour honorer la mémoire de M. Willianis, un Comité vient de se former à Londres, avec mission de formuler un projet de nature à satisfaire au vœu de ses nombreux admirateurs. Telle était la sympathie qu'avait su se conciher cet excellent homme, que le principe de cette manifestation a été arrêté unanimement dans la semaine qui a suivi son décès. Il est question de fonder un prix sous la forme d'une médaille qui serait décernée au nom du défunt. 152 LE JOURNAL DES ORCHIDEES LES CYPRIPEDIUM (Suite et fin, voir no 9.) On rencontre les Cypripedium répandus depuis les contrées chaudes et humides de Bornéo jusqu'aux climats froids et secs des États Unis du nord et de l'Europe. Nulle part ils ne sont en grande quantité; mais on les trouve surtout dans la partie intertropicale de l'Asie orientale, y compris les Phihppines et la Malaisie, jusqu'au Burmah et au Népaul d'un côté, et jusqu'à Hong Kong de l'autre. Presque toutes les espèces qui viennent.de cette région réclament une température élevée et beaucoup d'humidité. Elles n'ont pas de saison de repos, parce qu'elles n'ont pas de pseudo-bulbes et n'ont pas besoin par conséquent d'une certaine période pour les mûrir. Deux espèces venant de Bornéo méritent une mention spéciale : le C. Stonei platytaeniiim à cause de sa beauté et de sa grande rareté, et le C. Lawrenceanwn pour sa robusticité et son utilité. La première fut importée de Sarawak en 1863, en un seul exemplaire; aucun autre n'a été découvert depuis, et c'est de cet unique échantillon que proviennent tous ceux qui figurent dans les collections. Il est peu probable cependant que la plante ainsi obtenue accidentellement provienne d'une variation exceptionnelle de semis; néanmoins ce n'est pas absolument impossible. Le C. Lawrenceanum a été trouvé par M. F. W. Burbidge, au nord de Bornéo, en 1878. Il n'existe donc en Europe que depuis une dizaine d'années; mais il s'y est répandu très rapidement, grâce à la belle apparence de ses fleurs. Il existe encore deux autres espèces de l'ancien monde, toutes deux fort belles, qui n'ont été découvertes qu'une seule fois à l'état sauvage; tous les exemplaires qui les représentent dans les collections proviennent de la première importation. Ce sont le C. Fairieanum, introduit par M. J. Linden, et le C. superbiens (C. Veitchi), introduits tous deux il y a trente ans environ, recherchés depuis lors sans succès, et qui doivent avoir à peu près disparu à l'état sauvage. Le premier, un peu délicat, est beaucoup plus rare dans les cultures que le second. Ses fleurs ont un gracieux coloris; le sépale dorsal, veiné et réticulé de pourpre, se détache vivement sur le fond clair. Quant au C. superbiens, il a i" AOUT i8go 153 une fleur d'une élégance remarquable; les sépales en sont rayés de vert; les pétales présentent de nombreuses taches foncées. Un groupe originaire de l'Asie, et qui comprend plusieurs variétés inté- ressantes, est celui qui va du C. concolor au C. niveum, en passant par une gradation dont les C. Godefroyi et bellatuhim marquent les étapes. Chose curieuse, leur disposition climatérique offre également cette gradation ; le C. concolor vient du nord et le C. niveum du sud de la péninsule Malaise, tandis que le C. Godefroyi et probablement aussi le C. bellaUilum occupent la région intermédiaire. Entre le jaune C. concolor et le blanc C. niveum, de nombreuses espèces ont été introduites, qui présentent aux yeux d'une façon saisissante la transition d'une espèce à l'autre; il y a là un sujet d'étude des plus intéressants, en dehors même de la valeur horticole des plantes en question. Dans la plupart des Cypripedium de l'ancien monde, les pétales dépassent les sépales d'une longueur de trois ou quatre pouces au plus; ils présentent néanmoins un allongement considérable dans le C. Parishi, le C. laevigatum, et surtout le C. Sanderianum. Ces trois espèces se rapprochent sensiblement du groupe des Selenipedium, très éloignés géographiquement. Elles forment la base d'une sorte de transition entre l'ancien et le nouveau monde. Le groupe des Selenipedium, que plusieurs autorités ont considéré, avec raison, comme une section distincte ('), se trouve principalement au nord et à l'ouest de l'Amérique du sud. Il se distingue surtout des Cypripedium de l'ancien monde par la disposition des ovaires, qui ont trois loges, et dans lesquels les graines se trouvent au centre au lieu d'être sur la paroi. Le plus connu est le 5. caiidatum, qui a des pétales longs et étroits, atteignant jusqu'à soixante-quinze centimètres, et qui, après l'épanouissement de la fleur, gran- dissent parfois à raison de quatre ou cinq centimètres par jour jusqu'à leur complet développement. Le S. caricinum et le curieux Uropedium Lindeni présentent des particularités analogues. Ce dernier, qui avait d'abord été consi- déré comme un genre, distinct, est aujourd'hui classé comme une variété de S. caudatum, dans laquelle le labelle, au lieu de présenter la forme de poche, est étroit et allongé comme les pétales de ce dernier. En outre, il possède trois anthères sur la colonne. (i) Voir l'article Selenipedium grande, de notre collaborateur M. RoLFE, dans la Lindenia, ^me vol., ire livraison. 154 LE JOURNAL DES ORCHIDEES Nous citerons encore parmi les Selenipedium, les 5. Schlimi, longifolium et Lindleyanum. Les espèces herbacées terrestres, aux racines tuberculeuses, viennent presque toutes de l'Amérique du nord; toutefois on en rencontre quelques-unes au Japon et l'une d'elles, le gracieux C. calceolus, décrit autrefois comme Calceohcs Mariac, se trouve même dans plusieurs parties de l'Europe. Il est devenu très rare en Angleterre, et plusieurs auteurs de ce pays le donnent comme disparu. Au point de vue de l'habitat, les Cypripedium présentent des variations nom- breuses; on en rencontre sur les arbres, sur les rochers calcaires, et même dans les marais ou sur leurs bords. Aucune espèce ne paraît appropriée à la culture sur bloc adoptée pour les Orchidées épiphytes ; la terre fibreuse et le sphagnum, et pour quelques unes un peu de pierre calcaire, sont les milieux qui leur conviennent le mieux. Les espèces terrestres préfèrent un léger compost de terreau de feuilles et de terre glaise, avec un peu de pierre calcaire. Quant au C. calceolus, il demande une exposition plus sèche. Hybrides. — Nous ne dirons que quelques mots des hybrides ; la matière est trop abondante, et cet article en serait démesurément augmenté. Indiquons seulement que quelques-uns des plus beaux et des plus précieux d'entre eux ont été obtenus par la fécondation artificielle croisée. Ces croisements ont été facilement obtenus entre les espèces de l'ancien monde, ainsi qu'entre les Selenipedium, mais ils ont présenté jusqu'ici plus de difficulté d'un groupe à l'autre. On a obtenu de la semence, on a pu élever les plantes qui en provenaient; mais aucune d'elles n'ayant produit de fleurs jusqu'ici, il est impossible de juger s'il y a eu véritablement hybridation. Pour une étude complète des hybrides, nous croyons devoir conseiller à nos lecteurs de consulter l'excellent ouvrage de MM. Veitch, qui contient, avec des notes descriptives et historiques, le compte rendu de leurs expériences en hybridation. Nous leur rappelons également la liste publiée dans le numéro 4 du Journal des Orchidées (p. 58) à la suite du Plébiscite sur les Cypripedium; ils y trouveront le choix des cinquante plus belles espèces, parmi lesquelles un certain nombre d'hybrides figurent dans les premiers rangs. i" AOUT i8go 155 LES ORCHIDEES EN APPARTEMENT II. — Les fleurs d'Orchidées dans les salons Chaque fois que nous parcourons nos serres à Orchidées en oubhant un peu nos préoccupations pour nous laisser aller, comme les profanes, au plaisir d'admirer les fleurs, nous ne pouvons nous empêcher de penser que leur utilité et leur charme ne sont pas bien compris. Nous nous arrêtons à considérer chacune isolément, uniquement, nous nous perdons dans sa contemplation en oubliant le reste de la serre et le milieu où elle se trouve; et, ne voyant plus en elle, à vrai dire, une plante, mais un objet d'art d'une délicatesse infinie, nous nous disons que sa place ne serait pas dans ce cadre grossier, mais au milieu des draperies et des ornements les plus luxueux, et sur une sorte de piédestal. Les fleurs d'Orchidées semblent, par l'élégance et la pureté de leurs formes, leur coloris varié et magnifiquement nuancé, l'extrême fraîcheur et la délicatesse de leur structure, être faites pour apporter, dans l'architecture un peu froide et sombre, une note claire et gaie sans être papillotante et tapageuse. Placez-y d'autres fleurs, si belles qu'elles soient, vous aurez peut-être l'éclat des cou- leurs et même le parfum, mais toujours avec un peu de lourdeur et trop de correction dans les formes. Mettez-y au contraire des Orchidées, le coup d'œil sera admirable, d'une sobriété, d'un chiffonné gracieux ou d'une perfection de lignes qui concordera complètement avec l'aspect luxueux de l'ensemble, et d'un cachet artistique exquis. Il y a, à notre avis, la même différence entre ces deux décorations qu'entre un beau bronze ou un marbre de prix, la Vénus de Milo, le Penseroso ou le Moïse de Michel Ange, et les bibelots chinois, les petits bonzes ou les sta- tuettes de Saxe dont on couvre des étagères, et dont le fouillis ou la grimace amuse, mais sans pouvoir prétendre à produire un effet ornemental. Les Orchidées offriraient pour l'arrangement des appartements des ressources inépuisables, et pourraient fournir des combinaisons exquises pour une concep- tion supérieure de l'art de la décoration. 156 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES Ainsi la grappe élégante des Odontoglossinn crispum ou Pescatorei, d'un blanc si délicat, adoucit gracieusement les lignes droites et les angles des salons, le panache exquis des Cattleya les remplit de sa majesté souveraine, les fleurs des Vanda, d'une forme si décorative, cadrent merveilleusement, par leurs teintes un peu amorties et d'un délicieux- contraste, avec les peintures des boiseries et des meubles. Tel, comme le Dendrohiuui thyrsiflorum, semble exactement inventé pour s'harmoniser avec les appartements blanc et or de l'époque du Roi Soleil; tel autre, comme le Vanda cocrulea, est destiné de préférence à se mêler aux couleurs poétiques des boudoirs de jeunes filles. Quelques-uns, comme les Angraecum, les Anguloa, les Lycaste, d'une allure plus sérieuse et plus impeccable encore, semblent avoir leur place naturelle dans une pièce plus sombre et plus grave, dans un cabinet de travail par exemple, où leur contraste donnera plus de valeur aux vieilles boiseries et aux bronzes. L'extrême variété des Orchidées permettrait d'ailleurs de suivre aisément les caprices de la mode, et de diversifier, mais en même temps elles pourraient, grâce à leur durée, être conservées en place assez longtemps, ce qui n'est pas un faible avantage ; car il n'est rien de fâcheux comme de voir disparaître et s'effeuiller si tôt ces pauvres fleurs auxquelles nous commencions à nous attacher, et qui, au lieu de la gaieté et de l'enchantement de la vie, ne nous représentent plus que la mort inévitable. En exposant nos impressions, nous craignons que l'on nous arrête au premier mot avec ce reproche si fréquemment entendu : « Ce n'est plus la nature. Il faut voir les fleurs à leur place; et vous les abaissez en en faisant un décor. » Nous croyons que ce reproche ne serait pas fondé. Nous sommes absolument d'accord avec nos contradicteurs sur ce point, que chaque chose doit être vue dans son cadre et à sa place. Les Roses, les Œillets, les Camellias, etc. nous semblent admirables dans un jardin; mais peut-on y mettre les Orchidées? Outre que leur santé ne le permet pas, nous sommes convaincu qu'elles y seraient déplacées, perdues au milieu du fouilHs des autres fleurs plus touffues, plus épaisses, plus tapageuses et qui sont faites, elles, pour régner en plein air. Mais les Orchidées ne sont pas créées pour ce milieu; en les contemplant on ne pense pas à une chose cultivée dans la terre, arrosée à coups d'arro- soirs, exposée à tous les vents ; on sent nettement qu'on est en présence d'une essence supérieure, plus délicate et plus élevée, plus artistique enfin. Les professeurs de rhétorique nous enseignent qu'il existe dans les arts I" AOUT 1890 157 plastiques plusieurs degrés; il y a d'abord la sculpture et la peinture, puis l'architecture, et enfin l'art des jardins. En plaçant les Orchidées dans une autre catégorie que les plantes banales de nos climats, en les associant à l'architecture, nous les élevons donc à une dignité plus haute, et nous ne pouvons être soupçonné de méconnaître la nature en lui attribuant des qualités artistiques égales à celles que l'homme s'efforce de produire avec son génie. Nous croyons, quant à nous, que cette conception permettrait de donner aux appartements un charme, un éclat et une splendeur incomparables. Au point de vue du parfum même, elle aurait des avantages; car l'émanation des Orchi- dées, généralement si douce et si discrète en comparaison des autres fleurs, n'est pas encombrante et fatigante comme les leurs; il semble, quand on traverse une serre de Cattleya, par exemple, que l'on aspire l'air pur des hautes montagnes. Ce système aurait en outre l'avantage de rendre éminemment utiles des fleurs qui sont, il me semble, un peu inutilisées actuellement. La plupart des collectionneurs ne les coupent pas, et laissent leurs plantes dans les serres, où ils ne profitent pas pleinement (à supposer même qu'ils les visitent souvent) de ce magnifique coup-d'œil. Ils auraient avantage à les transporter dans leurs appartements au moment de la floraison, et, celle-ci passée, à les remplacer par d'autres. Ils en jouiraient ainsi plus déhcatement et plus longtemps, et en feraient partager l'agrément à un plus grand nombre de personnes, car le nombre des visiteurs et des amis que l'on conduit dans ses serres est toujours assez restreint. Cela se comprend aisément, du reste. Les dames éprouveront toujours un peu de répugnance ou d'effroi en pénétrant dans des serres forcément étroites et basses, où la température est trop haute, où l'atmosphère est chargée d'humidité; et si elles admirent les fleurs, elles seront moins charmées par les plantes qui n'en ont pas. Cela prouve qu'il faut voir chaque chose à sa place, et les fleurs d'Orchidées dans un cadre élégant et artistique. Leur possesseur, d'ailleurs, en profitera ainsi davantage, car elles se conser- veront beaucoup plus longtemps dans l'air sec et frais d'un salon que dans l'atmosphère humide de la serre. Telle fleur de Cattleya, par exemple, qui, sur sa tablette, se couvre de piqûres et noircit au bout de quelques jours, dure trois à quatre semaines dans la serre des Odontoglossum ; elle gardera sa fraîcheur plus longtemps encore quand elle se trouvera dans un appartement. 158 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES LA CULTURE DES MASDEVALLIA Les Masdevallia sont des plantes alpines; ils se cultivent en serre froide, avec les Odontoglossum et les Oncidium. Dans leurs contrées d'origine, au Pérou, au Brésil et dans la région septen- trionale de l'Amérique du Sud, ils croissent dans des endroits très variés, dans les crevasses des montagnes, sur les arbres, sur les toits des constructions, partout sans grande quantité de matière végétale. Il faut par conséquent les traiter en épiphytes et leur donner un excellent drainage, s'élevant à la moitié ou aux deux tiers du pot. Il convient de laver très soigneusement les tessons ou d'en emplo5^er de neufs, afin d'éviter la présence de poussières, ou de toute autre matière étrangère qui pourrait nuire aux racines. En outre, il est bon de disposer une couche de sphagnum au dessus du drainage, pour empêcher le compost de l'obstruer et d'arrêter l'écoulement de l'eau. Le compost sera d'un tiers de sphagnum, et de deux tiers de terre fibreuse, soigneusement nettoyée et débarrassée des rhizomes de fougères. Quelques cultivateurs croient utile d'employer pour ces plantes des pots de grande dimension; nous estimons ce système dangereux en raison de la stagna- tion de l'eau, qui risque de faire pourrir les racines. Nous procédons au rempotage, soit en hiver, de janvier à février, soit en automne, dans le courant d'octobre. Il est à remarquer d'ailleurs que les Masdevallia, dans leur patrie d'origine, n'ont pas de saison de repos. De cette particularité découlent des consé- quences importantes au point de vue de l'arrosage, qui ne devra jamais être complètement interrompu. Il suffira de le diminuer légèrement d'octobre en avril, pendant la période où cesse la végétation. Nous conseillerons d'arroser, en été, tous les deux jours ou tous les jours, et en hiver, tous les quatre ou cinq jours. L'eau de pluie nous paraît toujours préférable à toute autre pour cet usage, ainsi que le journal l'a dit pour toutes les Orchidées en général. En outre, l'on devra humecter abondamment, et plusieurs fois par jour, les sentiers ainsi que les tablettes sur lesquelles sont disposés les pots. Par I" AOUT 1890 159 ce procédé, et au moyen d'une ventilation abondante, l'on arrivera à établir en été dans la serre une température un peu inférieure à celle de l'extérieur. En hiver, la température doit être maintenue entre 8° et 12° centigrades; on peut aérer dès qu'elle s'élève au dessus de 12° à l'intérieur ou de 6° à l'extérieur. Il convient également d'abriter les serres dès que les rayons du soleil com- mencent à chauffer, c'est-à-dire du mois de mars jusqu'à la fin d'octobre. Toutefois, la plupart des Masdevallia recherchent la lumière. Il sera bon de rapprocher du vitrage toutes les plantes de faible dimension, qui peuvent être déplacées aisément. La culture en panier leur convient d'ailleurs parfaitement; on peut la recom- mander pour la plupart des espèces, et particulièrement pour les M. hella, Wallisi, chimaera, sceptrum, Hoiitteana, Backhouseana, Benedicti. Une des grandes difficultés de la culture des Masdevallia est la destruction des thrips et des autres insectes qui s'attaquent à ces plantes avec un acharne- ment particuher. Quelques cultivateurs s'en débarrassent au moyen de lavages au savon noir. Nous avons obtenu les meilleurs résultats de la méthode signalée dans le deuxième numéro du Journal des Orchidées, c'est-à-dire de l'intoxica- tion de l'air des serres par le tabac. Elle permettra de préserver les plantes de toute atteinte. Signalons en terminant la disposition spéciale de l'inflorescence dans la section des chimaera etc., qui produisent leur tige florale à la partie inférieure, comme les Stanhopea. Il convient d'employer pour ces plantes des paniers dont les lattes soient assez espacées pour pouvoir livrer passage à la fleur. Ces dernières espèces se trouvent en général à des régions un peu moins élevées, et partant un peu plus chaudes que les autres du genre. On pourra, au besoin, leur réserver pendant l'hiver une place plus tempérée dans la serre, ou même les mettre dans la partie la plus fraîche de la serre des Cattleya, en ayant soin toutefois de leur fournir toujours beaucoup de lumière et d'air. Les Masdevallia ont été longtemps considérés comme étant d'une culture difficile; on les rendait, comme il arrive souvent, responsables des mécomptes provenant uniquement de soins mal entendus. Sous prétexte qu'ils provenaient de l'Amérique tropicale, on leur donnait une chaleur excessive; une fois soumis au même traitement que les Odontoglossum, ils ont parfaitement prospéré. Bien cultivés, ils donnent des fleurs en abondance, et fleurissent même deux fois par an. l6o LE JOURNAL DES ORCHIDÉES Les espèces les plus remarquables au point de vue de la floraison sont les M. Harryanci et ses variétés ; les M. Veitchiana, et M. Lindeni, auprès des- quelles se rangent un grand nombre de formes voisines dont le classement n'a pas encore toute la clarté et la netteté désirables. C. Ellner. LES FLEURS D ORCHIDEES POUR FLEURISTES Il y a peu d'années que les fleurs d'Orchidées sont offertes en vente en quan- tités importantes ; le goût du public acheteur varie peu, et n'accueille en général les nouveautés qu'avec une extrême prudence; aussi, malgré les qualités d'élé- gance, de couleur, de durée, parfois même de parfum que possèdent celles-ci, il se passa longtemps avant qu'elles pussent sortir d'un cercle très restreint d'acheteurs raffinés. Beaucoup de personnes leur préféraient, en hiver, les Roses, les Gardénia, les Camellia, qu'elles avaient toujours connus. Les Orchidées ont fini par s'imposer au goût du public, comme toutes les choses réellement belles ; on ne conçoit plus aujourd'hui de bouquets vraiment élégants et riches sans qu'il s'y trouve quelques fleurs d'Odontoglossum Alexan- drac ou Pescatovei, de Phalaenopsis, de Cattleya, etc. Mais le nombre des espèces qui ont conquis droit de cité est encore singulièrement restreint, par rapport à l'immense variété des plantes cultivées. C'est qu'elles ne sont pas assez connues. Il reste beaucoup à faire de ce côté, et nous croyons qu'on pourrait citer un grand nombre d'espèces qui se prêtent admirablement à cette utihsation, et que les producteurs auraient avantagea offrir au public; elles seraient bientôt en faveur, et nous ne doutons pas que les cultivateurs seraient amplement récom- pensés de leur peine. Il serait facile et fructueux, par exemple, d'avoir plusieurs serres remplies uniquement d'Odontoglossum de serre froide, qui demandent peu de soins, peu de chauffage, et sont assurés de trouver toujours un excellent accueil auprès du public. Les 0. Alexandrae, Pescatorei, citrosiniim, grande, Rossi majus fleurissent presque toute l'année abondamment, et malgré les coupes pratiquées tous les jours, l'aspect des serres, avec leurs centaines de grappes recourbées, présentant les dispositions les plus variées et tous les degrés de développement, sera extrêmement gracieux et séduisant. I^"" AOUT 1890 161 Les Cattleya, par leur éclat et leur grandeur, méritent une mention spéciale, surtout ceux à floraison hivernale; ils pourront être cultivés en grandes masses ; leurs fleurs sont à juste titre très recherchées surtout à l'époque des étrennes. Parmi les Orchidées fleurissant également en hiver, il faut citer les Dendro- bium Wardianum, nobile, Dearei et Jamesianum, et les Calanthe Veitchi, vestita, V. oculata gigantea, Fournieri, etc. On peut recommander encore les Laelia purpurata, anceps, Perrini, aidumnalis et albida, les Coelogyne ocellata et cristafa, qui donnent un grand nombre de belles fleurs blanches, les Oncidium, précieux pour la longue durée de leurs fleurs et parmi lesquels beaucoup d'espèces peuvent être choisies, les 0. sar- codes, varicosum, tigrinum, Jonesianum, Forbesi, Marshallianum, etc. D'autres genres d'Orchidées méritent d'être signalés aussi dans cette énumération des plantes décoratives. Ce sont d'abord les Phalaenopsis amabilis, Stuartiana, grandiflora, Schilleriana, très beaux et très recherchés, qui peuvent être cultivés en grand nombre dans une petite serre chaude, placés sur les tablettes ou accrochés au vitrage de la serre, les Lycaste et surtout les Lycaste Skinneri, ertfin les Cypripedium, dont le Journal des Orchidées a déjà opéré le classement à ce point de vue. Rappelons que les plus appréciés dans le plébiscite, pour la fleur coupée, étaient les C. insigne, barbatum, Lawrenceanum, Leeanunii villosuni, Spicerianum, nitens, Harrisianum, callosum, Sedeni, Daiithieri et Boxalli. Cette liste ne comprend que des noms d'espèces dignes de figurer dans la décoration des appartements et des tables. Elle est assez longue pour fournir un aliment suffisant à l'activité d'un cultivateur installé grandement. Pour nous, nous ne cesserons pas de croire qu'un fleuriste pourrait, en se faisant une spéciahté des Orchidées, réaliser d'importants bénéfices. Nous avons eu déjà, dans ce journal, l'occasion de signaler aux cultivateurs les progrès considérables qui restaient encore à faire. Nous faisons des vœux pour que les articles spéciaux que nous publions à ce point de vue atteignent le but que nous nous sommes proposé, et pour que l'Orchidée, si rare encore chez les fleuristes, y soit à l'avenir représentée comme elle mérite de l'être. C'est l'intérêt des cultivateurs, car, il faut le rappeler souvent, l'Orchidée est la reine des fleurs et celle dont la culture est le plus profitable. l62 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES SERRES EN FER OU EN BOIS? Un de nos abonnés nous demande s'il est préférable de construire les serres d'Orchidées en fer ou en bois. Cette question nous ayant été déjà posée à plusieurs reprises, nous croyons utile d'y répondre dans nos colonnes pour tous nos lecteurs. Nous sommes convaincus que le bois est de beaucoup préférable au fer, et voici pourquoi : le fer est très bon conducteur de la chaleur, tandis que le bois ne l'est sensiblement pas. Il en résulte que le fer refroidit notablement l'atmosphère en hiver et l'échauffé trop en été, inconvénients que ne possède pas le bois. En second lieu, par le même motif, la vapeur d'eau contenue dans l'atmos- phère des serres se condense abondamment, en hiver, sur les mernbrures de fer froides, et elle retombe sur les plantes en gouttes glacées qui font beaucoup de tort aux plantes. De plus, dans les serres de fer, il est à peu près impossible d'éviter la rouille. Les gouttes d'eau déposées aux endroits rouilles seront chargées d'oxyde, et produiront des taches affreuses sur les feuilles. Cette rouille ne tardera pas aussi à compromettre la solidité des charpentes, qui s'écarteront et se disjoindront rapidement. Pour éviter cet inconvénient, il faudra les faire peindre au moins une fois l'an; et cette opération est désa- gréable à cause des dérangements, de la malpropreté et de la mauvaise odeur qu'elle entraîne. Elle ne suffit pas, d'ailleurs, à empêcher absolument toute oxydation. La serre en bois n'a qu'un défaut, c'est d'être un peu plus coûteuse que la serre en fer. Mais cette différence, répartie sur un aussi grand nombre d'années, n'est guère importante. Et peut-être, bien entretenue, dure-t-elle aussi long- temps que l'autre. Les bois de chêne et surtout de pitchpin sont les plus recommandables pour la construction des serres. l" AOUT 1890 163 TRAVAUX DE LA PREMIÈRE QUINZAINE D'AOUT Serre froide. — Il faudra, comme pendant les mois précédents, veiller à l'arrosage, à l'ombrage et à la ventilation. Si quelques plantes paraissent dépérir à cause du drainage défectueux ou par d'autres raisons analogues, on les rempotera sans tarder et on leur donnera les soins convenables. Avoir soin d'arroser les importations récentes qui poussent, et de les pré- server contre les attaques des insectes, mais éviter les excès d'arrosage. Si le temps se mettait au beau et que la température s'élevât d'une façon durable, il faudrait arroser abondamment les sentiers et les tablettes. Serre tempérée. — Les Cattleya gigas et autres, dont la floraison est ter- minée, doivent être rempotés actuellement s'il est nécessaire, et placés dans un endroit bien éclairé. Les C. aurea et Dowiana, qui sont en fleurs, devront être surveillés de près, car ils font généralement leurs jeunes racines après la floraison. Les Laelia purpurata, une fois leur floraison terminée, seront mis en repos pendant quelque temps. Les Cattleya Trianae et Mossiae achèvent leur croissance, il faudra éviter de les laisser se dessécher aux racines. Les Onciditmi Jonesianum étaient primitivement cultivés sur bloc ; il est reconnu aujourd'hui que ce traitement ne leur convient pas. Ils réussiront bien, cultivés en paniers avec un drainage abondant. Serre chaude. — Si la température reste basse, il faudra donner très peu d'eau dans les sentiers ; pour régler les soins nécessaires de ce côté, il est indispensable de se guider d'après le temps. Le chauffage ne peut pas être entièrement supprimé dans cette serre. L'air y est souvent très froid le matin; en faisant un peu de feu, l'on peut sauver la vie à une plante de valeur, et c'est une compensation suffisante à la faible dépense que ces soins nécessitent. Un certain nombre de beaux Cypripedium nouveaux de la section praestans ont fait leur apparition depuis quelque temps ; les plantes sont aujourd'hui bien établies, et l'on peut constater dès maintenant qu'elles sont de culture facile, très florifères et très recommandables. 164 LE JOURNAL DES ORCHIDÉES Les Agatiisia cyanea, actuellement en fleur, doivent être cultivés en paniers, avec un faible compost de sphagnum et de terre fibreuse, et suspendus près du vitrage, de façon à avoir assez de lumière, mais sans être exposés aux rayons les plus chauds du soleil. Les fleurs sont très grandes relativement aux dimensions de la plante, et elles sont de longue durée. Les Dendrobium à feuillage annuel, qui auront bientôt terminé leur crois- sance, devront être placés dans un endroit plus frais et plus sec; les autres, comme les D. densiflorum et thyrsiflonim, se trouveront bien également de ce traitement quand leur végétation sera achevée; mais ces derniers réclament plus d'eau que les précédents. Il est bon de remarquer que l'on ne doit pas laisser le compost se dessécher entièrement. Il faut donner un peu d'eau aux plantes de temps en temps pour maintenir les pseudo-bulbes pleins et gonflés, car s'ils se ridaient, la croissance des pousses s'en ressentirait l'année suivante. PETITE CORRESPONDANCE M"" G. E., à Wasmes. — 1° Ne disposant que d'une serre tempérée froide (8° à 12°), peut-on cultiver avec succès, sans l'intermédiaire d'une serre chaude, les Cattkya Mossiae et Trianae? Réponse : Il faudrait assurer un minimum de 10° la nuit et de 13° à 14° le jour pendant l'hiver. L'été la température sera toujours assez haute. 2° Les Orchidées bien établies, placées dans un milieu convenable et traitées avec tous les soins désirables, doivent-elles fleurir chaque année ? Réponse : Oui en principe, mais il ne faut pas trop s'étonner si quelqu'une commet des infractions à cette règle. Il arrive parfois qu'une végétation trop puissante épuise momentanément la vitalité de la plante et empêche la pro- duction de fleurs; il arrive aussi qu'une Orchidée ayant abondamment fleuri une année, semble avoir perdu la force de fleurir l'année suivante. Il ne faut pas être trop exigeant; mais pour les plantes les plus rustiques, on peut répondre affirmativement à votre question. Par contre, certaines plantes fleuri- ront deux et même plusieurs fois par an. SOCIÉTÉ ANONYME L'HORTICULTURE INTERNATIOMLI E PARC LÉOPOLD A BRUXELLES Adresse lélégraphique : LINDENIA, Bruxelles Administrateur-Directeur : LUCIEN LINDEN COLLECTIONS D'ORCHIDÉES A PRIX RÉDUITS Ces collections ne renferment que de bonnes plantes de force à fleurir; elles s^adressent spécialement aux amateurs commen- çants, à ceux qui veulent s^essayer dans la CULTURE DES OECHIDÉES. Elles sont destinées à propager le goût de la culture de ces admirables plantes. Première Collection Deuxième Collection Troisième Collection 10 espèces de serre froide et de serre tempérée pour 70 et 125 francs. Cattleya citrina. » Mossiae. Epidendrum vitellinum. Laelia anceps. Masdevallia Harryana. Odontoglossum crispum. » Pescatorei. » Rossi majus. Oncidium Schlieperianum. Sophronitis grandiflora. 10 espèces de serre tempérée et de serre chaude pour 75 et 130 francs. Aei'ides affine. Calanthe Regnieri. Cattleya Percivaliana. Cypripedium Lawreiiceanum, » barbatum grandiflo- rum. Dendrobium thyrsiflorum. 1) nobile. Lycaste aromatica. Laelia autumnalis. Oncidium varicosum Rogersi. 10 espèces de serre froide et de serre tempérée pour 100 et 150 francs. Anguloa Ruckeri. Catasetum species. Laelia cinnabarina. » purpurata. Masdevallia amabilis. Cypripedium callosum. » villosum. Cattleya Mendeli. Odontoglossum vexillarium. Oncidium cucullatum. Les premiers prix indiqués se rapportent à de bonnes plantes ; les seconds à des exemplaires plus forts Lies trois collections prises ensemble : S30 et 3SO francs. Quatrième Colleclioii 10 espèces de serre tempérée et de serre ehaude pour lOO et 20(i francs. Bioughtonia saiiguinea. C.itasetum macrocarpum. Cypripedium Hairisianum. » Boxalli. Dcndrobium densiflorum. » secundum. Cattleya Eldorado. Oncidum eoncolor. Stanhopea species. Oncidium ampliatum majus. Cinquième Collection 1 espèces de serre froide et de serre tempérée pour 100 et 200 francs. Aiiguloa Clowesi. Odontoglossum coronarium. » odoratuni. » Pescatorei. Laelia purpurata. Cattleya Mendeli. » gigas. Masdevallia Yeitchi. Oncidium eoncolor. Zygopetalum intermedium. Sixième CoUeclion 10 espèces de serre tempérée et de serre chaude pour 100 et 200 francs. Aerides odoratum. Cattleya P^dorado. » Mossiae. Cymbidium Lowi. Cypripedium callosum. Laelia purpurata. Odontoglossum hastilabium. Oncidium Jonesianum. » flabellulatum. Vanda tricolor. Septième Collecliou 12 Orchidées de serre froide et de serre tempérée pour 150 et 225 francs. Cattleya Mendeli. » gigas. Anguloa unitiora. Laelia purpurata. Masdevallia cliimaera. Lycaste gigantea. Odontoglossum crispum. » Pescatorei. » vexillarium. Oncidium cucullatum. » ampliatum majus. Zygopetalum intermedium. Huitième Collection 12 Orchidées de serre tempé- rée et de serre chaude pour 150 et 225 francs. Aiigraecum sesquipedale. Laelia purpurata var. allm. Cattleya aurea. » gigas. » Percivalliana. Cypripedium Harrisianum nigrum. Dendrobium Paxtoni. Saccolabium Cambodgeanum. Phalaenopsis grandiflora. Vanda suavis. » tricolor. » Batemani. Ces deux collections ne renferment que des plantes florifères en exemplaires choisis de double et de triple force AUTRES COLLECTIONS SLR DEMAINDE PLANTES ÉTABLIES OU D'IMPORTATION DIRECTE Pn'éP très modères. — Choix immense. L ILLUSTRATION HORTICOLE REVUE MENSUELLE DES PLANTES LES PLUS REMARQUABLES DES INTRODUCTIONS NOUVELLES ET DES FAITS LES PLUS INTÉRESSANTS DE L'HORTICULTURE Dîï-ecteur : J. 1. 1 J\f O E ]%r ADMINISTRATEUR 1 RÉDACTEUR COLLABORATION DE BOTANISTES ET HORTICULTEURS ÉMINENTS Prix de l'abonnement, payable davance : Par volume de 12 livraisons (de janvier à décembre) envoyées chacune franco par la poste Pour toute l'union postale, 30 francs On s'abonne à radminislralion de L'ILLUSTRATION HORTICOLE ^9, rue YVîertz, à Bruxelles ainsi que chez les principaux libraires de Belgique et de Vétranger Envoi franco d'une livraison-spécimen sur demande affranchie accompagnée de 3 francs en timbres-poste. 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Silver, J.Moens, G. Rivois, A.Dalliére, F. Kegeljan, 0. Ballif, C. Ellner, D. Massange de Louvrex, P. Gossart, A. DE la Devainsaye, Fl. Claes, de Meulexaere, Charles André, etc. Prix de l'Abonnement : 10 francs par an Pai'aît le !«'• et le lî5 cle cliaqxie mois 0]V S'ABOIV^E AU BUREAU DU JOURNAL, 100, RUE BELLIARD, A BRUXELLES DANS TOUS LES BUREAUX DE POSTE ET CHEZ TOUS LES LIBRAIRES. (pI'5> , > VP Gaïul, inipr. Eu?. VanderhaegUen. {bAj LINDENIA PUBLICATION MENSUELLE IN-IOLIO Chaque livraison contient quatre belles planches richement coloriées Directeur: J LINDEN Rédacteurs LUCIEN LINDEN, EMILE RODIGAS et R. A. ROLFE Abonnement pour le volume en cours : 60 fr. pour les 12 livraisons payables par anticipation Bureaux : 100, Paie Belliard, à Bruxelles « Le plus beaUj le plus exact et le meilleur marché des ouvrages de luxe périodiques spéciaux aux Orchidées » COMPOSITION DES LIVRAISONS PARUES Acraiillnis Leonis, Aerides niaculosum var. formosum, Aci'ides odoratum var. Domidoni. 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